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Dans l’optique d’élaboration des politiques d’emploi pour la jeunesse, surtout en milieu rural, les autorités, aussi bien centrales que locales, disposent d’un outil technique aidant à la prise de décisions. Le «Guide pour l’intégration des questions d’emploi rural décent pour les jeunes dans les stratégies de développement local» est un document produit par la Fao. Il définit le terme, propose une approche intégrée et une planification beaucoup plus précise.

2018 sera une année a fort élan social pour le gouvernement du Sénégal. Sa politique va plus se concentrer sur l’inter-land. A cet effet, les autorités, aussi bien locales que centrales, disposent désormais d’un outil technique pour l’élaboration des politiques d’emploi pour les jeunes en milieu rural. Il s’agit du Guide pour l’intégration des questions d’emploi rural décent pour les jeunes dans les stratégies de développement local. Qui est un support d’information et de sensibilisation. Son objectif est de maximiser le rôle des collectivités locales dans la prise en charge de l’emploi des jeunes. Ainsi offre-t-il aux parties prenantes à l’échelle nationale un outil simple et pratique permettant une bonne appréhension des questions d’emploi productif et de travail décent en milieu rural. Ce guide est centré sur l’emploi rural dans le secteur agricole, y compris ses sous-secteurs et les activités connexes. Toutefois, la promotion de l’emploi des jeunes est une priorité tant dans le milieu rural que dans le milieu urbain, et souvent c’est précisément en optimisant les con­nexions entre les deux que des opportunités additionnelles peuvent être générées. Les collectivités locales et les pôles territoires sont bien placés pour optimiser les synergies entre le milieu rural et urbain en faveur de la création de plus et de meilleurs emplois pour les jeunes.
Organisée par l’Agence nationale de promotion des jeunes (Anpej), la cérémonie de remise officielle du guide à l’Association des maires du Sénégal (Ams) a eu lieu hier. Ainsi, on retiendra de cette rencontre qu’il revêt une importance capitale pour 3 raisons. Il est utile dans un premier temps car, d’après les explications du directeur de l’Emploi, la stabilisation du concept d’emploi rural décent y est clairement définie.  «Un emploi décent est un travail qui offre un revenu de subsistance dans les conditions de travail acceptables. Il s’agit d’un travail rémunéré et digne, qui permet aux individus de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille, tout en préservant leur santé, leur sécurité et leur permettant d’exprimer leurs opinions sur le lieu de travail.» Ainsi, cette «commune lecture devra permettre une bonne planification de la notion pour toucher les cibles. L’emploi rural décent nous permet aujourd’hui d’aborder la problématique de la gestion l’emploi au niveau rural, local suivant une nouvelle approche», renseigne Demba Dieng. La 2ème raison, d’après toujours le directeur de l’Emploi, a trait à la communication. «Cette dernière voudrait qu’on change de paradigme, de méthodologie d’abordage. Nous communiquons beaucoup sur ce qui n’a pas été fait. Qu’en est-il de ce qui est fait réellement ? En milieu rural, il y a l’Observatoire national sur l’emploi rural. Et il permet de relever ce qui marche et ce qui l’est pas», informe Demba Dieng.
Et fort de ce constat, le guide va permettre l’élaboration d’une planification des politiques allant en ce sens. «Quand on a un entendement commun des notions clarifiées, on pourra aborder la question des indicateurs, les cibles visées. C’est tout le mérite de ce document», résume-t-il tout en déplorant «un débat publique occupé par toute une littérature sur le chômage, le sous-emploi et la précarité».  Selon le directeur de l’Emploi, «parfois c’est tautologique de revenir sur ces notions et les taux (…) Le maillon faible des politiques d’emploi au Sénégal, c’est la non implication des élus. C’est bien d’élaborer au niveau central des politiques, mais l’application et l’efficacité devraient se ressentir au niveau local».
Loin de ce débat, Baba Ndiaye, représentant de l’Association des présidents de département, préfère souligner «l’efficacité» du guide avec des chiffres à l’appui. «56,6% de la population sénégalaise sont pauvres. Sur ce taux, 69% sont du monde rural. Soit 9 sur 20 ménages acquittés par l’insécurité alimentaire. Sur les jeunes, nous avons 52% qui sont âgés de -20 ans et 60% vivent en milieu rural», résume-t-il.
mgaye@lequotidien.sn

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