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Pape Abdoulaye Seck, ministre de l’Agriculture.

Le ministre de l’Agriculture et de l’équipement rural prône, entre autres, le remplacement graduel des semences écrémées par des semences certifiées pour espérer un différentiel positif de productivité de 20 à 40%.

Le ministre de l’Agriculture et de l’équipement rural a fait part hier, de ses préoccupations par rapport au développement de la filière arachidière. Papa Abdou­laye Seck estime qu’il faut créer des systèmes d’innovation à base d’arachide. Pour ce faire, le ministre prône la reconstruction du capital semencier pour espérer un différentiel positif de productivité de 20 à 40% grâce à un remplacement graduel des se­mences écrémées par des semences certifiées. Ainsi, la préservation et la fortification de notre tissu industriel lui semblent nécessaires, afin d’avoir plus de valeur ajoutée grâce à des activités industrielles diversifiées. Il s’agit également, pour lui, d’une exploitation optimale de nos avantages comparatifs sur les marchés internationaux. «Il ne s’agit pas de choisir entre l’exportation de graines et la fortification, nous choisissons les deux», a indiqué M. Seck à l’atelier de validation de la Note d’orientation pour le développement et l’optimisation des performances de la filière arachide.
Aussi faut-il, selon le ministre, toujours recentrer les interventions de l’Etat sur ce qui relève des fonctions régaliennes. Autrement dit, un désengagement graduel de l’Etat des activités de transformation. «Cela veut dire une privatisation réussie de la Sonacos, parce qu’intégrant les intérêts des acteurs et de la Nation sénégalaise».
L’environnement ayant beaucoup évolué, le ministre pense qu’on ne peut plus garder nos structures telles qu’elles. Il invite à réfléchir sur le type de comité national interprofessionnel d’arachide qui serait beaucoup plus en phase avec l’évolution de la filière et sur le mécanisme de prix pour sécuriser les revenus des ruraux et favoriser l’accessibilité de la ressource aux entreprises nationales. «Ce sont des arbitrages difficiles qui méritent réflexion. Mais quand un environnement évolue et que ses structures n’évoluent pas, il n’y a pas fracture mais divorce entre l’évolution et les structures», a dit le ministre de l’Agri­culture et de l’équipement rural.
La directrice des Opérations de la Banque mondiale pour le Sénégal, qui a aussi pris part à cette rencontre, estime que les performances de la filière arachide, déjà appréciables, doivent être portées à des niveaux bien plus élevés et inscrites dans la durée pour relever le défi de la pauvreté et de la transformation économique dans les zones de production arachidière.
Parmi les mesures proposées dans la Note d’orientation pour le développement et l’optimisation des performances de la filière arachide, Louise Cord adhère, entre autres, à l’idée de la réforme et du renforcement du cadre d’incitation de la filière avec un prix d’achat libre donnant aux producteurs la possibilité de tirer le meilleur parti des opérations des marchés domestiques et internationaux. Elle approuve aussi l’idée de révision et d’ajustement de la taxe d’exportation récemment instituée pour en­courager l’exportation diversifiée des produits d’arachide tout comme la restructuration et la cession de la Sonacos pour créer les conditions d’une compétition saine entre acteurs de l’aval de la filière et attirer les investissements privés pour impulser l’innovation industrielle et commerciale dans le segment. Mme Cord agrée également, la rationalisation des subventions de l’Etat à la filière et la re-focalisation des interventions du gouvernement dans ses fonctions, en favorisant l’éclosion du secteur privé sur toute la chaine de valeur afin de soutenir la transformation économique bien à la portée du Sénégal.

ksonko@lequotidien.sn

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