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Les outils de la génomique et les biotechnologies appliquées à l’amélioration des plantes ont permis des avancées majeures dans le domaine agricole. Tout de même, relève le directeur scientifique de l’Isra, Dr El Hadji Traoré, «ces outils qui sont largement accessibles à la communauté de recherche internationale ne sont pas très bien utilisés par les programmes de recherches en Afrique». Cette faible utilisation de ces outils, explique Dr Traoré, qui présidait la semaine dernière la 10e conférence internationale sur les avancées faites en recherche sur l’arachide, grâce aux progrès  de la génomique et des biotechnologies, est liée «au manque de renforcement de capacités humaines et infrastructurelles nécessaire à la mise en œuvre». Mais elle s’explique aussi, selon lui, par «la faiblesse de l’accès aux informations et du partage des connaissances».
Malgré ces écueils, il se dit optimiste. «L’Afrique se doit, à l’image de ce qui a été réalisé dans les pays émergents, de constituer un lieu de convergence du savoir et des technologies à même  d’impulser l’innovation et de promouvoir son développent. Les conditions sont aujourd’hui réunies pour que l’Afrique soit un acteur de son développement et cela se fera par une meilleure capitalisation du savoir et des innovations», a plaidé Dr Traoré.
Ce dernier, après avoir rappelé la place qu’occupe l’arachide au Sénégal, a souligné que la quasi-totalité des variétés actuellement cultivés au Sénégal ont été créées à l’Isra et que certaines variétés sont aujourd’hui, largement usitées au-delà des frontières sénégalaises. Aujourd’hui, dira-t-il, «si le bassin arachidier continue à cultiver de l’arachide malgré la baisse de la pluviométrie, c’est grâce à la recherche qui a fait un important travail de sélection et de création variétale».
Compte tenu de ces réalisations, déclare le conseiller  technique du ministre de l’Agricul­ture et de l’équipement rural, «le Sénégal a l’ambition de faire de la culture de l’arachide un levier pour l’amélioration des conditions de vie des populations rurales, pour le développement économique du pays via la redynamisation des industries huilières  et l’ouverture des marchés à l’exportation qui connaissent une part de plus en plus importante dans le volume global des exportations sénégalaises». Pour y arriver, dira Modou Mboup, le programme d’accélération de le  cadence de l’agriculture sénégalaise (Pracas) a un objectif de doubler la production nationale d’arachide, c’est-à-dire de passer de 1,4 million de tonnes produites actuellement à 2 millions de tonnes à l’horizon 2022. Il se dit convaincu que ces résultats seront atteints par une implication forte de la recherche pour une augmentation significative des rendements et une réduction des pertes post-récoltes.
abciss@lequotidien.sn

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