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Pour promouvoir le développement agricole par le déploiement des innovations et technologies éprouvées et fiables en mesure d’accroitre significativement les rendements agricoles et les revenus des populations, l’Institut sénégalais de recherche agricole (Isra), avec l’appui de l’Institut international de recherches sur les cultures des zones tropicales semi-arides (Icrisat), a lancé, la semaine dernière à Thiès, le Compact mil-sorgho.

L’Institut sénégalais de recherche agricole (Isra), en partenariat avec l’Institut international de recherches sur les cultures des zones tropicales semi-arides (Icrisat), a lancé à Thiès les activités du Compact mil-sorgho, du projet Technologies pour la transformation de l’agriculture en Afrique (Taat). Ledit projet, qui fait partie des 9 compacts du Programme de la Banque africaine de développement (Bad), a été mis en place pour promouvoir le développement agricole par le déploiement des innovations et technologies éprouvées et fiables en mesure d’accroitre significativement les rendements agricoles et les revenus des populations. La pertinence d’un tel projet repose, en effet, sur le fait que la sécurité alimentaire pour le sahel ne peut être atteinte que par le déploiement massif et efficace des nombreuses innovations et technologies générées par la recherche agricole. Et de l’avis du Directeur général de l’Isra, Dr Alioune Fall, qui présidait les travaux de lancement du projet Taat, au Centre régional d’amélioration de l’adaptation à la sécheresse (Ceras) de l’Ecole nationale supérieure agricole (Ensa), «nous sommes sûrs que ces innovations et technologies peuvent bien répondre aux problématiques de la malnutrition, du chômage, de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire qui prévalent dans la sous-région». A l’en croire, cette vision de la Bad et de l’Icrisat, «est en phase avec la deuxième phase du Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture au Sénégal (Pracas), le volet agricole du Plan Sénégal émergent (Pse), qui a identifié dans ses axes stratégiques le mil et le sorgho comme spéculations prioritaires en mesure de contribuer à la lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle des populations». Pour dire, selon le patron de l’Isra, «le lancement du Compact mil-sorgho vient à son heure». Puisque, argumente M. Alioune Fall, «il va permettre de continuer les efforts déjà entrepris par l’Isra et des partenaires au développement dans la grande diffusion des innovations et technologies initiées par le Ppaao/Waapp, qui vient de prendre fin. Un projet qui a permis d’obtenir d’importants résultats notamment dans le domaine de la création variétale, l’amélioration des itinéraires techniques, la fertilisation, le machinisme, la panification…». Ainsi indique-t-il, «plusieurs variétés à double usage dont six de sorgho et trois de mil ont été développées et inscrites dans le catalogue de la Cedeao».

Un objectif de 130 mille bénéficiaires à atteindre
Revenant sur les activités du compact sorgho-mil au Sénégal, dont l’objectif est d’atteindre 130 mille bénéficiaires dans les régions cibles que sont Thiès, Diourbel, Fatick, Kaolack, Kaffrine et Tambacounda, il signale que ce programme entre dans le cadre des «Corridors céréaliers», notamment le mil, le maïs et le riz, un projet phare du Pse. Lequel projet, explique-t-il, vise à réduire de 50% des importations de blé au Sénégal pour valoriser les céréales locales. Surtout que, fera-t-il noter, «récemment lors de la grève de la Fédération nationale des boulangers du Sénégal (Fnbs), les gens ont montré l’importance des céréales locales. Et nous pensons que c’est très important dans le processus de changement d’habitude alimentaire de faire une valorisation et une promotion de céréales locales au Sénégal. Cela nous permet de sortir de la tyrannie du blé et de créer suffisamment d’emploi et d’entreprise au niveau du Sénégal. Ce qui entre d’ailleurs dans le cadre de l’axe I du Pse que l’on appelle la transformation structurelle de notre économie pour créer des emplois et générer des revenus». Il estime que pour sa première année d’exécution en 2018, «ce programme, qui devrait permettre de booster la productivité, a obtenu d’importants résultats. Pour les deux spéculations ciblées (mil-sorgho), une tonne de semences de pré-base, 40 tonnes de base et 70 tonnes de certifiés ont déjà été produites». Mieux, ajoute-t-il, «deux plateformes d’innovation fonctionnelles sur les trois demandées ont été mises en place, de même que des techniciens, des producteurs relais, des femmes transformatrices ont été formés».
nfniang@lequotidien.sn

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