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La région de Thiès est dotée d’un parc d’innovation agricole dénommé «Technology park», afin de vulgariser davantage les résultats des recherches agricoles.

Pour vulgariser davantage les résultats des recherches, un parc d’innovation agricole dénommé «Technology park» a été construit au Centre régional d’amélioration de l’adaptation à la sècheresse (Ceraas), un démembrement de l’Institut sénégalais de recherche agricole (Isra). La pertinence d’une telle approche repose sur le constat que l’Isra et ses partenaires ont eu à développer beaucoup d’innovations en matière d’agriculture, mais leur adoption par les agriculteurs reste encore très faible. Elle est de moins de 30%, estime Aliou Faye, responsable du parc technologique. Lequel signale que cette faible adoption s’explique par une ignorance de leur existence ou une déception à la suite d’un test. «Le paysan n’ayant pas beaucoup de moyens, il est évident que s’il tente quelque chose et qu’elle ne marche pas, il ne va pas le refaire. Et donc, nous voulons essayer d’éviter cette erreur en installant ce que l’on appelle ici ‘’Technology park’’», explique le technicien.
Il s’agit d’un «endroit où on met en démonstration grandeur nature des innovations mises en place par la recherche en s’assurant qu’elles respectent le protocole de recherches qui a été mis en place», a expliqué le chercheur au Ceraas, en marge d’une visite de terrain dimanche, qui a regroupé une quarantaine de chercheurs de l’Isra de Bambey et Thiès, lors du rendez-vous annuel de la recherche agricole.
Sur financement du Ceraas et de l’Université d’Etat du Kansas (Etats-Unis), pour une durée de 5 ans, le parc a été installé en juillet 2020 sur une ferme de 20 ha. «De nouvelles variétés agricoles y sont développées, en les mettant côte à côte avec d’autres variétés traditionnelles, pour mettre en exergue la différence des rendements.» Il s’agit, selon M. Faye, «de trois variétés de mil (‘’taaw’’, ‘’yaakaar’’, ‘’rafet kaar’’), cinq variétés de sorgho, neuf d’arachide, sept de niébé, 13 variétés de sésame, dont cinq homologuées au Sénégal». Il dit : «Ce sont des semences qui présentent des avantages comparatifs en termes de rendement, de qualité nutritionnelle pour l’alimentation humaine et de production de biomasse pour le fourrage.» Outre ces variétés, Aliou Faye, responsable du parc technologique, annonce que pour le futur, 23 innovations ont été identifiées. Lesquelles tiennent compte de toute la chaîne de valeurs des cultures, de la production à la consommation, en passant par la transformation. «La prochaine fois, il y aura certainement des machines à transformer le fonio, le mil et l’arachide.» Pour simplement dire que «nous voulons mettre en exergue ces nouvelles variétés que la recherche a mises au point pour qu’on puisse organiser demain des visites guidées qui regrouperont tous les paysans de la zone pour leur faire observer la différence entre la pratique paysanne traditionnelle et les innovations mises au point par la recherche».
Revenant sur les journées de pré-programmation, une rencontre annuelle de partage des résultats de leurs recherches avec leurs partenaires techniques et financiers, Ndjido Ardo Kane, directeur du Ceraas, explique que ces journées seront étalées cette année sur une semaine. Cela, dit-il, «pour aller vers les producteurs pour voir les raisons de l’utilisation ou de la non-utilisation des produits de nos innovations». Aussi, selon le chercheur de l’Isra, «ce sont des moments d’évaluation qui nous permettront de voir si la recherche a répondu à leurs préoccupations, mais aussi de recueillir auprès d’eux de nouveaux besoins que la recherche devra adresser».
Une tournée des ingénieurs agronomes qui les mènera de Thiès à Kolda, en passant par Bambey, Nioro, Séfa, Kaffrine, Kaolack et Tambacounda.

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