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Au-delà de ses belles plages et de ses paysages idylliques, la Petite-Côte sénégalaise propose également de nombreuses zones de production maraîchère. Les femmes de la zone qui ont bénéficié depuis deux ans de l’encadrement de la «Ferme école des 4 chemins», ont participé ce week-end au premier marché bio de Toubab Dialaw.

La Petite-Côte sénégalaise est connue pour ses paysages idylliques et ses jolies plages. Mais dans l’arrière-pays, des femmes et des hommes développent des activités agricoles où s’activent dans la transformation des produits issus de ces activités agricoles. Mais très souvent, ces femmes, réunies dans des Groupements d’intérêts économiques  (Gie), peinent à écouler leurs  productions. D’où d’idée de la «Ferme des 4 chemins» d’organiser le week-end dernier, une foire des produits bio, dénommée Biodialaw.
Dès l’entrée, une longue file de voitures jalonnent l’accès au site. En face de la ferme, un groupe de femmes arrosent des plantations de salade, de gombo ou de choux. Encadrée par la «Ferme des 4 chemins» qui assure la formation en agro-écologie, elles se sont lancées dans la production biologique. En lieu et place des pesticides, elles privilégient l’utilisation de compost, de neem ou de fumier. «On veut développer une agriculture saine et durable sans pesticide ni engrais chimique. L’idée, c’est d’accompagner des femmes, nous avons 104 femmes formées ici en 2 mois sur les pratiques agro-écologiques. Ensuite on leur a cédé des terres pour qu’elles puissent pratiquer l’agriculture bio», explique Rahim Ba, directeur de la «Ferme agro-écologique des 4 chemins». Après deux ans d’existence, la «Ferme des 4 chemins»  a organisé une foire bio pour mettre en relation des producteurs de la zone et des consommateurs. Pour cette première édition de la foire, l’affluence a été au rendez-vous et les organisateurs prévoient désormais d’en faire un événement mensuel. «L’idée, c’est de mettre en contact les petits producteurs de la zone avec les consommateurs et de créer une synergie, parce qu’on a constaté qu’il y a beaucoup de producteurs de Yenne, Sindia, Popenguine qui n’avaient pas de marché local et étaient obligés d’aller vendre à Dakar, Mbour ou ailleurs», explique une des organisatrices de la foire, Mme Afidi Towo. Elle constate en parallèle, une affluence des consommateurs créée par la nouvelle bourgeoisie qui a fait de cette zone un lieu de résidence. «On s’est dit qu’il faut mettre tous ces gens-là ensemble et faire le lien entre eux», explique Mme Towo. Mais ici, le pari a été fait de promouvoir la culture bio. «On veut vraiment faire la promotion de produits sains, propres, de produits locaux également», ajoute Mme Towo. Mais dans ce marché très animé installé dans la cour de la ferme, les prix ne flambent pas. «On a tendance à penser que les produits bio coûtent cher. Non. Il ne faut pas que les plus riches qui ont les moyens de se soigner mangent sain, alors que les plus pauvres mangent des produits industriels. On s’est dit qu’il faut rendre ces produits accessibles à tout le monde», plaide M. Ba.
Venue exposer ses jus de fruits et autres produits transformés, Maïmouna Faye vient du village de Kignabour. Son Gie, qui regroupe 56 femmes, profite de l’opportunité pour écouler ses produits. Après plusieurs heures de vente, elle affiche un large sourire. «On n’a pas arrêté de vendre depuis ce matin. D’habitude, on était obligé de se partager les produits pour les écouler petit à petit», dit-elle. Cette difficulté à écouler les produits, des jeunes ont décidé d’y apporter des solutions. Leur entreprise Training survey agency (Tsa) s’est installée à Diamniadio depuis quelques mois. L’objectif, explique le Directeur général,  Abdourah­mane Ba, «c’est de partir d’un produit local dépourvu d’identité, de packaging, de fournir aux jeunes des outils en infographie, en marketing digital qui leur permettent de valoriser cette production locale à travers le visuel». Le résultat est exposé par la dame Yandé Faye. Elle propose une gamme de produits originaux comme le couscous de patate ou de carotte.

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