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Le Dg de Teranga sécurité aéroportuaire, en compagnie de l’un de ses employés.

Depuis le transfert de l’aéroport à Diass, le Sénégal a externalisé ses compétences en matière de sûreté et de sécurité aéroportuaire à un privé. Après un peu plus d’un an de mise en service, la société Tsa a relevé le défi de la sécurité dans la continuité du service, tout en aidant à la mise en place d’une expertise sénégalaise toujours plus grande, en formant des jeunes dans des métiers nouveaux.

Qui arrive à l’aéroport Blaise Diagne ne peut manquer d’apercevoir ces jeunes gens et jeunes femmes en tenue vert olive, assortie d’une chemise blanche, qui passent au scanner passagers et bagages pour tous les partants. Polis, ouverts, mais discrets, ils font leur travail sans fioriture et passent au peigne fin tous les bagages qui franchissent le portique, ainsi que le contrôle documentaire des passagers. Pratiquement, le seul endroit où l’on ne trouve pas ces agents semble être le contrôle des formalités d’émigration ou d’entrée du territoire qui est encore du monopole de la police.
Ces gens assignés au Poste inspection, filtrage et contrôle de sûreté à l’aéroport sont des employés de la société de sécurité et sûreté aéroportuaire Téranga (Tas). Au nombre de 400 environ, ils s’occupent des nombreuses tâches liées à la sûreté aéroportuaire et qui, jusque-là, étaient dévolues aux forces de défense et de sécurité, à savoir la gendarmerie ou la police, et même parfois à l’Armée. Ils ont pris fonction depuis le transfert des opérations aéroportuaires à Diass, et personne ne s’en plaint. M. Diéry Sène, directeur général adjoint de Tsa, a expliqué au journal Le Quotidien la base de sa relation avec les autorités aéroportuaires.
Il a indiqué que «la sûreté, conformément à la Convention de Chicago, relève des Etats qui peuvent l’assurer directement par eux-mêmes ou par un organe dûment habilité par eux. Le dispositif au Sénégal, c’est que l’autorité nationale de l’aviation civile s’exerce par le Régulateur qui, au Sénégal, est la Haute autorité de sécurité aéroportuaire qui est délégataire de la sûreté et la sécurité pour le compte de l’Etat, sous la direction de l’Anacim. La Haute autorité a sous ses ordres les forces de défense et de sûreté». C’est la Haute autorité qui, à l’aéroport Léopold Senghor, s’acquittait de cette mission.
Néanmoins, «depuis le 11 septembre 2001, avec l’amélioration des mesures de sûreté sur le plan mondial, la communauté aéroportuaire a commencé à externaliser ses services à des structures spécialisées. En Europe, c’est un mouvement général, et aux Usa, il y a une agence qui dépend du Depar­tment of homeland Security (Dhs). En Afrique, la plaidoirie pour externaliser ces services a toujours été un des axes de réflexion du Conseil mondial des aéroports.
Le Sénégal a créé la Haute autorité pour gérer cette externalisation, car les forces de défense et de sécurité (Fds) sont très sollicitées pour des raisons diverses, et il y a des missions régaliennes qui priment sur tout le reste. Et malgré le fait qu’on a eu à former des équipes desdites Fds qui se relayaient à l’aéroport, il y avait un tel taux de déperdition que les audits relevaient à chaque fois une certaine instabilité de ces opérateurs. Et la recommandation pour remplir tous les postes avait été récurrente. Les audits vérifient souvent si les agents ont les habilitations, la formation nécessaire et sont dans de bonnes conditions. Et à l’époque, on relevait que les gens formés avaient été réaffectés ailleurs, ce qui ne permettait pas de conserver le ‘’know how’’ nécessaire pour as­surer la sûreté de façon optimale.
A la faveur de l’ouverture de l’Aibd, dans le cadre du Comité de transfert, tous les partenaires de façon unanime ont recommandé que la sûreté soit confiée à un partenaire privé sous la supervision de la Haute autorité, délégataire de l’Etat, et l’autorité de l’Anacim. Nous avons été donc sollicités dans ce cadre.»
Teranga sécurité aéroportuaire (Tsa), qui se présente comme société de droit sénégalais, dirigé par un tandem franco-sénégalais, est donc entré en fonction en décembre 2017, à l’ouverture de l’Aibd. Jusqu’en juillet 2018, elle a bénéficié de l’accompagnement et du monitoring des forces de défense et de sécurité. «C’est à partir de juillet 2018 que nous avons pris entièrement les opérations en main», a souligné M. Sène.
Le Dga ajoute : «En tant qu’opérateur privé, notre principal challenge était de répondre aux deux objectifs attendus de l’externalisation, à savoir la professionnalisation des agents de sûreté et la stabilité des effectifs. Fort heureusement, on a un turnover proche de zéro, parce que nous avons des agents pleins d’abnégation. A partir de ce moment, notre mission a permis de nous entourer des ressources qui existent dans l’aviation civile sénégalaise, qui en est bien dotée. Tsa s’est adjointe des compétences disponibles dans le secteur, comme des anciens cadres de police, de la gendarmerie, pour l’équipe d’encadrement.»
Pour montrer l’importance des services offerts par sa structure, il a ajouté : «Nous avons créé près de 400 emplois pour l’ensemble des dispositifs, le contrôle d’accès, les inspections filtrages et autres. Pour l’Etat, c’est aussi des coûts d’opportunités, parce que la présence des forces de sécurité à l’aéroport était également une charge pour l’Etat.»
Nous avons un recrutement moyen de Bac+2, mais nous avons même des Bac +5. Le minimum à avoir est le Bac, chez nous.
Par ailleurs, l’autre plus-value apportée par Tsa concerne la spécialisation. Comme indique M. Sène, «l’externalisation à un opérateur privé a d’abord permis de créer une filière d’agents de sûreté qui disposent d’un plan de carrière qui peut les amener au niveau le plus élevé, créer un métier pour des jeunes qui veulent faire carrière dans la sûreté, tout en leur permettant d’avoir une environnement stable».
La société privée opératrice contribue également à l’amélioration du niveau de connaissances générales grâce à ses cellules de formation interne. Le Dga explique que Tsa a en perspective la mise en place d’un institut de formation dans les métiers de la sûreté aéroportuaire.
Sur le plan social également, Tsa semble avoir apporté un plus, à en croire son personnel. M. Assane Seck, directeur des Opérations, a assuré que les employés de Tsa accomplissent des shifts de 8 heures, alors qu’avant, aux mêmes postes, il était courant de voir des agents en place pour 12 heures, et même parfois pour plus.
Plus encore, indique Diéry Sène, «nous avons signé un contrat d’assurance pour notre personnel qui est couvert à 80% par une assurance maladie. Et même en matière de rémunération, nous savons que le travail est pénible et sommes à cheval sur le temps de travail des em­plo­yés».
Pas étonnant, au vu de cette histoire qui semble marcher, d’apprendre de son management que Tsa est sollicité par certains pays africains, en Afrique de l’Ouest et du Centre, pour y implanter le même modèle. Ce qui permet au Dga de se féliciter de ce que «le modèle d’exploitation que nous avons mis en place à Aibd est en train de faire tâche d’huile dans beaucoup de pays, et même en dehors du continent». Et de faire ainsi rayonner l’expertise sénégalaise.
mgueye@lequotidien.sn

2 Commentaires

  1. Pire mensonge on es des employés dans cette boîte et pour dire vrai sans les sociétés sous traitantes on aurait du jamais arrivé à ses résultats positifs .il faut rendre à cesar ceux qui appartient à César la société teranga en tant que n’as ni les compétences ni l’agrément de travailler dans cette plate forme

  2. Pire mensonge tout le travail qui as été fait jusqu’à présent c’est le mérite des sous traitants et ils noy pas honte de publier ses genre de truc tout en sachant que ils n’ont même d’agrément pour travailler à l’aéroport

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