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Ses réalisations à la tête de la mairie de Golf sud à Guédiawaye, ses relations avec le maire Aliou Sall, ainsi que les problèmes qui agitent son parti, le Ps… sur aucune de ces questions, Mme Aida Sow Diawara n’a fait l’impasse. Ni non plus sur les prochaines échéances électorales.

Que pouvons-nous retenir de votre bilan à la tête de la mairie de Golf sud ? 
C’est facile à étaler car en  2009, nous étions une  commune d’arrondissement avec très peu de moyen, environ 200 millions de francs de budget, et comme mes prédécesseurs étaient pratiquement des illettrés, ils n’avaient pas pu nouer des partenariats.  A mon arrivée en 2009, j’ai construit un bureau d’état civil, une salle d’accouchement, j’ai réhabilité des terrains de sport ainsi que des écoles. Chaque année des fournitures d’école sont remises aux élèves. En tout cas, nous avons fait ce que l’on pouvait, avec nos maigres moyens. En 2014 grâce à l’Acte 3, nous avons obtenu un budget d’un milliard. Ce qui nous a permis de faire des actes comme la réhabilitation du foyer des jeunes des Parcelles, unité 4, qui est devenu aujourd’hui fonctionnel. Nous sommes en train de réfectionner 7 classes à l’école Serigne Niang, et l’école Golf nord, avec le soutien du maire de la ville est en train d’être réhabilitée. Et à chaque école nous avons donné un gardien et une femme de chambre.

Comment se passe votre compagnonnage dans Benno bokk yaakaar, au sein du département de Guédiawaye ?
Très bien. Si on devait noter nous serions en avant car nous sommes tous unis, nous nous sommes réunis pour porter le maire Aliou Sall à la tête. Il est le coordinateur  de la coalition, et Cheikh Sarr est le vice coordinateur. Moi-même j’en suis la trésorière  et la responsable des femmes.  Notre siège se trouve à la mairie de Guédiawaye, et nous sommes présents dans toutes les communes. Dans ma commune je suis la présidente, et nous nous battons sur le terrain, avec le maire Aliou Sall.

Justement quels sont vos rapports avec le maire de la Ville, Aliou  Sall ?
Nous avons de très bons rapports, je le considère comme mon fils et nous travaillons en symbiose, Donc je crois que ce sont des rapports de mère et de fils.

Que dites-vous à ceux qui avancent qu’Aliou Sall ne devrait en aucune manière être tête de liste de Benno à Guédiawaye, au regard de toutes les responsabilités qu’il  occupe déjà ?
Ils doivent comprendre que l’Apr n’est pas Benno, c’est Benno qui est la voix prépondérante. S’il est maire c’est grâce aux populations de Guédiawaye. Aliou Sall n’a pas été nommé maire, il est élu, et s’il est président de l’association des maires, dans ce cadre-là aussi, il a été élu par des maires responsables. Moi je pense qu’il doit être député pour pouvoir servir Gué­diawaye, car c’est à l’Assemblée nationale que l’on peut défendre les populations. Un maire doit nécessairement être député pour pouvoir défendre sa localité. Cela ne peut en aucune manière devenir un poste de trop. Jusqu’ici il n’occupe pas de poste nominatif. C’est quand même le responsable de Benno book Yaakaar à Guédiawaye.

Comment jugez-vous le travail qu’il est en train d’abattre ?
Je pense sincèrement qu’il travaille, je dirais même qu’il est en train de faire un excellent travail. Et je suis bien placée pour le constater et le juger car depuis 1996, je suis adjointe au maire de Guédiawaye successivement avec Cherif Macky Sall, et Bokar Sadikh Kane avec qui j’étais très liée, ainsi que Cheikh Sarr. D’abord le visage de la mairie a changé  car il l’a totalement ré­fec­tionné. Vous verrez ce qu’il est en train de faire sur les deux voies de Notaire, et au niveau de la mosquée Thierno Souleymane Baal, les blocs scientifiques vont bientôt sortir de terre, ainsi que l’université Arabe, l’université virtuelle du Sénégal. Les routes aussi seront réfectionnées. Tous ces projets changeront la face de la ville pour la rendre plus attrayante. Je crois que nous ne pouvons qu’être heureux   de son arrivée.

Vous êtes également député à l’Assemblée nationale. Cette législature tire à sa fin. Que pouvons-nous retenir de votre bilan et de celui du Président Moustapha Nias­se ?
Je considère que cette législature a fait du bon travail, nous avons reçu plusieurs fois des ministres pour contrôler leur travail, avec des questions très objectives et des réponses satisfaisantes. Ce que vous voyez en plénière, ce n’est rien, ce n’est que la finition du  travail qui se passe en commissions, et nous nous rendons compte que le travail était excellent. Moi-même après avoir interpellé le ministre de la Justice, nous avons pu obtenir que beaucoup de jeunes soient recrutés dans la fonction publique. Beaucoup de choses ont été faites dans cette législature.

Certains ont dénoncé l’instrumentalisation de l’assemblée par l’exécutif et le manque de niveau des députés ? 
L’exécutif travaille avec le législatif, ils sont obligés d’être ensemble et cela ne veut pas dire que nous sommes instrumentalisés, quand il faut voter un budget, vous voyez comment les discutions sont houleuses. Je crois à l’expérience du Président Mous­tapha Niasse, nous sommes fiers d’avoir un président comme lui. Nous ne sommes pas du même parti, je n’ai pas besoin de lui faire de cadeaux, mais sa posture et son esprit de dépassement lui ont permis de mettre tous les députés au même pied d’égalité, et sur le plan international notre assemblée est très respectée grâce à la personne qui se trouve à sa tête.

Néanmoins, le manque de niveau des députés se matérialise parfois par une sorte d’indiscipline.
En général, lorsqu’on parle de manque de niveau, on fait allusion aux femmes, mais ce que les gens ignorent, c’est que ce que ces femmes font comme travail, les hommes qui se disent intellectuels n’en accomplissent pas la moitié, car ce sont ces femmes qui sont à la base et sur le terrain, et qui vivent avec les populations.  Ce manque de niveau a toujours existé à l’Assemblée nationale, au niveau des hommes tout comme au niveau des femmes. Et maintenant nous avons la traduction simultanée, donc ce n’est plus comme avant, les gens se comprennent.

Vous êtes membre du bureau politique du parti socialiste, responsable des femmes de Dakar, comment se porte votre formation politique ?
Notre formation politique se porte très bien même s’il y a des remous que nous entendons, comme dans tous les partis, je regrette que nos problèmes soient étalés sur la place publique.

Avant de venir sur ces problèmes, votre leader Ous­mane Tanor Dieng est maintenant à la tête du Hcct. Est-ce qu’on ne peut pas dire qu’il est désormais casé par le chef de l’Etat ?
Mais vous savez très bien que c’est le président de la République qui nomme aux postes civiles et militaires, ce n’est pas dans l’esprit de caser un homme, mais c’est juste qu’il connaît les compétences de Ousmane Tanor, tout comme quand il a eu besoin de Moustapha Niass pour l’assemblée nationale.  Il leur a confié des responsabilités selon leurs compétences, pour qu’ils fassent vivre ces  institutions.

Une partie de votre formation politique pense que c’est pour sauvegarder son poste, que votre leader Ousmane Tanor Dieng veut s’aligner derrière le Président Macky Sall au mépris des intérêts du Ps qui veut se lancer à la conquête du pouvoir ?
Je croix que les gens se trompent, on ne peut pas donner notre parti à un homme. Le Parti socialiste est un grand parti politique qui est venu de très loin et est aujourd’hui dans tous les coins du Sénégal. C’est un parti que l’on ne peut donner à quelqu’un.

Avez-vous un candidat à la Présidentielle de 2019 ?
Comment voulez que je vous réponde alors que nous ne sommes pas encore arrivés à cette date. La politique est faite de surprises. Aujourd’hui vos amis peuvent devenir vos ennemis et demain vos ennemis deviendront vos amis.  Donc, laissons le temps au temps. En tout cas pour les Législatives de 2017 nous irons avec Benno bokk Yaakaar. Car nous sommes avec le Président Macky Sall depuis 2012. 2019 maintenant, sera ce qu’elle sera.

On accuse votre secrétaire  général Ousmane Tanor Dieng de vouloir utiliser la justice pour briser l’ambition de certaines personnes qui ne partagent plus sa vision, Bamba Fall et Cie sont en prison depuis bientôt 2 mois, Khalifa Sall a était convoqué à la Dic la semaine dernière. Que pensez-vous de cette situation ?
Je vous demande s’il vous plaît, de réfléchir sur le cas Bamba Fall. Nous avons été agressés le 05  mars à la Maison du Parti socialiste. Il pouvait ce jour-là y avoir mort d’homme. Dans l’émission radio, vous pouvez entendre Khalifa Sall dire que c’était très grave et qu’il pouvait y avoir mort d’homme. Et c’est tous ensemble au Bureau politique, que nous avons décidé de porter plainte contre X.  Après avoir pris cette décision, 45 jours après, nous avons demandé à Tanor si la plainte était partie, il nous a répondu Non. Nous lui avons demandé pourquoi, il nous a dit «Je pensais juste que vous étiez fâchés» ; nous lui avons répondu «Non, nous ne sommes pas fâchés, nous voulons juste que justice soit faite.» C’est dans ces circonstances que la plainte a été déposée. On ne savait pas qui était derrière. Khalifa Sall lui-même  ne pouvait pas savoir que son neveu était impliqué, car c’est lui qui a demandé au même titre que tout le monde, qu’on porte plainte.
Après la plainte, l’affaire s’est retrouvée entre les mains de la justice. Tanor, Khalifa, Alioune Ndoye, tous ont été convoqués. Il y avait des films et la justice les a utilisés pour prendre les responsables. Cela n’a rien à voir avec Tanor. La plainte est collective.
Maintenant pour le cas Khalifa Sall, nous ne sommes pas concernés par les actes qu’il a lui-même posés dans sa gestion à la ville de Dakar. C’est le maire et son Daf.  Le Ps n’a rien à voir dedans. C’est vraiment nous faire un mauvais procès.  Ous­mane Tanor n’est pas cynique à ce point et il n’a pas tout ce pouvoir aussi.
Khalifa Sall s’est défendu en disant que le pouvoir veut utiliser cette affaire pour l’empêcher d’aller avec sa propre liste aux Législatives. Il parle de tentative politicienne pour lui barrer la route. Selon lui, depuis Mamadou Diop et Pape Diop, c’est ainsi qu’on a géré la caisse d’avance.
Vous pensez que ces propos sont sérieux ? C’est sérieux de dire que Pape Diop volait, Mamadou Diop volait,  moi aussi je vais voler… ? C’est très facile cela. Moi, Aida Sow Diawara, mon conseil municipal m’avait voté une caisse d’avance et j’ai refusé de l’utiliser, car ils avaient constaté que chaque fois qu’on avait des urgences, on n’arrivait pas à sortir de l’argent, même si  c’était des urgences.  C’est ainsi qu’ils sont venus me dire que cette situation ne peut pas continuer, il nous faut une caisse d’avance, et ils l’ont voté. Mais moi j’ai refusé. Khalifa Sall doit réfléchir. Même si Mamadou Diop et Pape Diop avaient une caisse d’avance, est- ce qu’ils l’ont utilisée comme lui s’est permis de le faire ? Des mandats ont été payés à des Gie qui ne fonctionnent plus depuis 8 ans et à des Gie dont les responsables vendent du café Touba dans la rue. Mamadou Diop et Pape Diop sans doute, ne se sont pas permis de faire cela.

Comment comptez-vous aller aux Législatives, si on voit que votre compagnonnage dans  Benno bokk Yaakaar même si vous avez des postes de responsabilités, semble plus  profiter à l’Apr ?
Ce qu’il y a, c’est qu’il faut se battre. Même  quand on est un seul parti, on se bat. Dans Benno il y’à plus de 200 partis politiques, il faut se battre. Moi, je me suis battue avec un candidat de l’Afp devant moi et c’est au deuxième tour que je suis passée. Dans d’autres localités,  le Ps s’est battu. On n’obtient rien sur un plateau d’argent, on se bat au niveau local, c’est une question de bataille avec les populations et les conseillers municipaux. C’est une question de proximité. Vous avez vu Tanor faire la campagne pour Khalifa Sall de Taxawou Dakar lors des municipales en 2014 à  Dakar. Pour les élections législatives, on se prépare, des réunions sont convoquées et on se prépare en concertation avec les autres partis.
Maintenant beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, Khalifa Sall n’est plus dans Benno et Malick Gackou non plus. Abdoul Mbaye et Ousmane Sonko sont venus renforcer l’opposition.
Rien n est gagné d’avance, nous sommes sûrs  de notre victoire, surtout ici dans notre ville.

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