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Ce matin (hier. Ndlr) en partance pour Ziguinchor, nous avons été surpris d’être au tarmac à la place de Transair au lieu d’Air Sénégal. Dans le bus, nous avons pensé que le chauffeur s’était trompé. Certains voyageurs ont même tapé sur la vitre pour dire au chauffeur qu’il a dépassé la place d’Air Sénégal, mais c’était peine perdue. Il s’est dirigé tranquillement vers un avion de Transair.
Arrivés devant la passerelle, je dirai l’escabeau, le chargé de la liste des passagers nous a demandé le plus simplement du monde de faire la queue. Arrivé à sa hauteur, je lui ai demandé «C’est quoi tout ça», comme disent mes parents ivoiriens. Il me répond que c’est comme ça. La deuxième surprise est que nous avons trouvé un avion presque booked.
On nous demande d’aller au fond de l’appareil. Pour nos bagages (petits sacs, ordinateurs etc.), on nous demande de les mettre sous les sièges (adieu gilets de sauvetage) ou entre nos jambes, car il n’y avait plus d’espace dans les coffres à bagages.
En dehors de la frustration, parce nous n’avons pas d’interlocuteurs, il y a un problème de sécurité à ce niveau. Dans toutes les compagnies du monde, les bagages sont dans les coffres à bagages ou dans les soutes, pour qu’en cas d’évacuation, les passagers puissent se déplacer rapidement.
Air Sénégal a été lancée en grande pompe pas si longtemps, avec des «avions flambant neufs», comme on nous avait assurés.
Entre ce lancement et maintenant, les deux avions (Embraer 72) ne devaient être pas cloués au sol (ils sont visibles sur le tarmac).
Nous en sommes à nous demander si c’étaient des avions neufs. Si c’est le cas, on peut penser qu’ils n’ont plus de licence pour voler, ou les fournisseurs n’ont pas été payés.
En racontant cette anecdote aux collègues dans la réunion à laquelle je participais, ils ont souri et m’ont dit, ça fait un bon bout temps que cette situation perdure et pis, il y a des vols où les passagers sont obligés d’attendre l’arrivée de l’avion officiel de Transair, qui arrive à 10h (le vol Air Sénégal est prévu en principe à 8h 50).
Dans toutes choses, il faut de la transparence. On nous a vendu des billets sur des Embraer 72, et nous nous retrouvons sur de très petits aéronefs.
L’heure d’arrivée était prévue à 8h 50, l’avion est arrivé à 9h 35.
Nous allons nous apprêter cet après-midi à vivre la même chose. Normalement, entre Dakar et Ziguinchor, ça devait être un aller-retour tranquille.
Air Sénégal a été mise en place avec les sous du contribuable, il faudrait un management réfléchi. A notre avis, il vaut mieux se focaliser sur les vols locaux et la sous-région, comme l’ont fait Mauritania airways ou Asky et autres, avant de lancer dans des Dakar-Paris, Milan ou New York et que sais-je.
Nous avons l’habitude de voyager sur d’autres compagnies africaines, mais elles ne sont pas à 10 avions près et Air Sénégal est loin de ce compte. Nous empruntons ses vols parce que c’est notre compagnie, mais nous ne sommes pas disposés à être les dindons de la farce. A ce rythme, cette compagnie ne fera pas long feu ; elle fera comme les autres qui l’ont précédée et nous serons encore obligés, nous autres contribuables, de payer encore à cause de l’incurie de nos décideurs.
Avant de terminer, je me suis toujours posé la question de savoir si le personnel au sol d’Air Sénégal a une fois travaillé dans l’aéronautique ?
J’en doute fort, car dans ce secteur-là, la communication est de rigueur, on peut avoir des difficultés et les expliquer, mais pour eux, le mépris est ce qui est affiché.
Transair est en train de se faire du beurre sur notre GRANDE compagnie.
Excellente journée
Lamine FALL 
Un passager très en colère 

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