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«Attention danger», alerte Laurent Wauquiez. Le président de l’Association internationale des régions francophones fait ainsi allusion à certains pays qui, selon lui, «se précipitent sur l’Afrique pour capter ses ressources naturelles et matières premières». Pour le président de la région d’Auvergne Rhône-Alpes en France, les pays doivent se faire aider dans leurs échanges économiques par la Francophonie au risque de flancher devant des pays comme la Chine ou les Etats-Unis.

Laurent Wauquiez, président de l’Association internationale des régions francophones (Airf), qualifie de «danger» certains pays, qui selon lui, se précipitent sur l’Afrique pour ses ressources et ses matières premières. «Un danger ?», interroge un journaliste. Répondant à la question, le président de l’Airf indique que le Sénégal ne «voudrait pas que des gens se précipitent sur ses ressources naturelles surtout qu’il va y avoir le grand défi du pétrole et du gaz», souligne-t-il. Expliquant ses propos, il convoque la métaphore du troupeau. «Quand un animal est seul, il est plus fragile.» Rapportant ses dires à la réalité, il affirme que «si vous êtes tout seul face à la Chine ou aux Etats-Unis, vous êtes mort». Par contre «quand on est tous ensemble, on est plus fort. Je crois que la Francophonie nous aide, nous accompagne et nous permet chacun d’être plus fort», plaide-t-il. «Et face à la France, que risquent les pays africains ?», interroge encore le journaliste. Il répond que la France n’est pas un pays qui est au-dessus des autres. Aussi, indique-t-il, elle doit comprendre que dans la Francophonie, on donne. Il cite l’exemple de sa région qui, selon lui, finance à moitié l’Airf. Pour autant, sa région ne se considère pas au-dessus des autres. Le président de la région Auvergne Rhône-Alpes en France considère donc la Francophonie comme une «force, un ensemble uni par la langue où les gens sont capables de s’entraider avec respect». A cet effet, il rappelle l’essor que l’institution a connu. «Il y a 50 ans, on se posait des questions sur l’avenir de la Francophonie. Et d’ici 40 ans, elle sera dans les deux langues les plus dynamiques au monde, quasi à égalité avec l’anglais. Cela, nous le devons à la dynamique de l’Afrique. Et c’est une chance inouïe d’avoir cet instrument», se vante-t-il. D’ailleurs, poursuit-il, à chaque fois qu’un échange commercial se fait entre deux pays francophones, «c’est 15 fois plus d’emplois créés, 15 fois plus d’activités économiques et 15 fois plus de bénéfices», fait-il savoir.
Par contre, sur la question de l’émigration, Laurent Wauquiez n’a pas souhaité répondre aux questions des journalistes. Il a laissé le soin à Adama Diouf, président de l’Association des départements du Sénégal (Ads), de s’exprimer sur ce débat. Celui-ci estime que la solution se trouve «entre le Sénégal et la France et/ou entre l’Europe et l’Afrique». Pour lui, la solution doit être construite ensemble, car «l’émigration n’est pas un mal, c’est un échange culturel. Nous avons en commun la langue et elle nous fédère. Par conséquent, il faut éviter de stigmatiser les migrants», indique-t-il. Sur la hausse des frais de scolarité pour les étudiants en France, le président de l’Asso­ciation des départements du Sénégal reconnaît que c’est un problème sérieux pour les étudiants africains. Il s’engage à porter la réflexion au sein des instances de l’Airf non pas pour une baisse de ces tarifs, mais pour voir dans quelles modalités l’Airf pourrait aider les étudiants à supporter ces frais d’inscription.
L’Association internationale des régions francophones poursuit trois objectifs, notamment le développement et la recherche de financements communs. L’orga­nisation doit ramener des financements dans les pays membres, aider à la formation des jeunes et intensifier le partenariat économique entre les pays.
ndieng@lequotidien.sn

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