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L’intervention la plus soutenable pour lutter contre les faux médicaments est l’éducation des populations. C’est l’avis de Aïssatou Diack, spécialiste principale à la Banque mondiale, chargée de suivi du projet Harmonisation de la règlementation pharmaceutique en Afrique de l’Ouest (Wa-Mrp). Elle s’est prononcée hier à la 7e réunion du comité de pilotage dudit projet.

Le trafic de médicaments falsifiés est très présent au Sénégal. D’ailleurs, une saisie importante de faux médicaments a été faite dernièrement. La spécialiste principale à la Banque mondiale, chargée de suivi du projet Harmonisation de la réglementation pharmaceutique en Afrique de l’Ouest (Wa-Mrp), pense que pour y remédier, il faut passer par l’éducation. «C’est un problème qui est d’une importance telle que nous pensons que l’intervention la plus soutenable, c’est l’éducation des populations. Il faut que l’on puisse tous comprendre que le médicament que l’on achète à l’hôpital, dans une pharmacie etc. va être forcément diffèrent de celui qu’on prend à la boutique», a-t-elle déclaré. Non sans soutenir que la presse a un rôle extraordinaire à jouer en ce sens, qu’avec des interviews et des spots, elle peut sensibiliser.
Malgré cette invite, Mme Diack a reconnu les efforts qu’ont faits les pays dans l’éradication de ce fléau à travers des circuits de police. Elle rappelle ainsi que la loi sur le médicament permet qu’une personne qu’on a vue avec ce genre de pratiques puisse même être emprisonnée, «et le Sénégal est dans un processus de réviser sa loi pour encore durcir les peines».
Elle participait hier à la 7ème réunion du comité de pilotage du projet pour l’Harmonisation de la réglementation des médicaments en Afrique de l’Ouest (Wa-Mrh). Cette rencontre vise à évaluer l’état d’avancement de la mise en œuvre des recommandations faites pour accélérer le projet. Sur ce point, beaucoup d’avancées ont été notées, selon Yérim Mbagnick Diop. Le directeur de la Pharmacie et du médicament au Sénégal explique : «C’est l’occasion de faire une revue des activités qui étaient prévues dans le projet et tout cela vise à mettre à la disposition des 300 millions de la population de la sous-région des médicaments de bonne qualité, fabriqués par des industries africaines.»
Wa-Mrh regroupe 15 Etat membres de la Cedeao. «C’est une avancée extraordinaire, le fait de travailler avec 15 pays qui ont 3 langues différentes, de construire la confiance entre les autorités de réglementation pour pouvoir accéder à des médicaments de qualité», ajoute M. Diop, par ailleurs représentant du ministre de la Santé et de l’action sociale.
A la question de savoir comment cette harmonisation peut permettre de lutter contre les faux médicaments, il répond : «Elle pousse tous les 15 pays à avoir des agences nationales de réglementation pharmaceutique autonome avec plus de pouvoirs. Et dans ces agences, il y a une partie qui est attribuée à la pénalisation du crime que constitue la vente illicite de faux médicaments.» Donc, poursuit-il, «quand on aura ces agences, on aura des actions conjointes de lutte contre les faux médicaments dans la sous-région. Quand on est ensemble, même si ça roule difficilement, on est plus organisé pour lutter contre ces faux médicaments».

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