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Pour son premier album, le groupe de rap Dablessed reste fidèle à son tempo, mais semble plus performé. Baptisé Ppf (Passé, présent, futur), l’opus reflète l’état d’esprit de ce crew. Ces jeunes rappeurs y racontent ce qu’ils étaient hier, qui ils sont aujourd’hui et comment ils voient leur futur. Le joyau est composé de 16 titres.

Créé depuis 2004, le groupe Dablessed en est à son premier album dénommé Ppf (Passé, présent, futur.) Dans cet opus de 16 titres, ce groupe composé de Flexo, 7th Sky et Nonybone raconte ce qu’il était hier, aujourd’hui, et comment il voit son futur. Après la sortie de leur mixtape 8years, 8bars en 2013, puis 3 autres singles, ces musiciens établis à Thiaroye-Azur sont restés longtemps sans produire. Ces rappeurs disent avoir voulu prendre le temps qu’il faut pour apporter un «truc» qui sera différent de ce que l’on sert toujours, côté rap.
«Pendant tout ce temps, moi et Flexo travaillons sur l’album pour sortir quelque chose de différent de ce qu’on avait l’habitude de voir dans le hip-hop. On a voulu aussi partagé l’expérience qu’on a eu pendant tout ce temps par rapport à notre vie quotidienne et artistique», explique 7th Sky dans nos locaux. Leur longue absence sur la scène musicale sénégalaise s’explique également par l’absence de deux de leurs membres dont l’un a quitté le groupe et l’autre est parti en voyage. Dans l’album Ppf, un mélange de différentes sonorités, on découvre une reprise des samples de Youssou Ndour qui date de 1983 et de Salif Keïta.
«Il y a aussi des musiques différentes parce qu’on est un groupe de rap carrément hip-hop, mais nous avons du potentiel : on peut chanter et toster. Et cela est rare, on ne peut pas l’avoir ici», vante 7th Sky, Mous­tapha Seck à l’état civil. «On s’est dit, avec ce potentiel, on va contacter un beatmaker pour avoir des sonorités différentes. Chacun de nous peut rapper, chanter et toster. C’est ça qui fait la différence», ajoute-t-il. Aussi, des instruments comme le sabar sont utilisés dans la matérialisation de l’opus. «On a voulu que ça touche tous les Sénégalais, car le rythme tama est quelque chose qui les capte vite. Donc on s’est dit, si on fait un son sur lequel on parle d’hier, des va­leurs de nos ancêtres, et ce qu’ils nous ont légué, ce serait mieux d’utiliser le sabar», renseigne M. Seck.
En réalité, depuis un moment, la nouvelle génération de rap utilise dans leurs tubes des instruments traditionnels comme le sabar pour rendre leur travail agréable. Dablessed semble bien surfer sur cette nouvelle tendance. Mais pour ces artistes, «ce n’est pas une nouvelle tendance, mais une avancée de la recherche». «Le sabar, c’est un instrument. Il ne faut pas, à chaque fois que les gens entendent parler de sabar, qu’on le confond avec le mbalax. C’est de la percussion, on peut l’utiliser dans le rap, mais il faut que le sample soit normal. Là, c’est accepté parce que le rap c’est une musique ouverte à tous les instruments», défend Flexo. «Nous, on peut même travailler avec un xalam. On n’a pas peur de le faire», poursuit Babacar Kandji, dit Flexo. Non sans souligner qu’au Sénégal, le public diffère selon les artistes. «Il y a des artistes qui sont suivis par des collégiens, d’autres par un public assez mature qui peut distinguer la bonne musique…», croit-il savoir. «Au sujet de notre cible, on ne dit pas qu’on va exclure les collégiens et les lycéens, mais nous sommes plus âgés donc on fait une musique qui a notre âge, une musique qui réfléchit, qui pourra parler à tout le monde, pas seulement aux jeunes. C’est ça notre particularité», souligne-t-il, avant de glorifier leur esprit de recherche. «Ce sont nos recherche qui font qu’on est resté longtemps sans sortir de single ou autres.»

La notice Ppf
Dans l’album, le titre Jang si demb (Ndlr : apprendre du passé) parle un peu de nos ancêtres et rappelle nos guides, côté politique et spirituel. Dans Wadiour (Ndlr : parents), ils rendent hommage à leurs parents. Sur I need you (Ndlr : J’ai besoin de toi), Dablessed raconte une histoire d’amour tandis que Life évoque la vie et Roythia flavor, un featuring avec Seven Shots, Like a lion, Positive vibes en featuring avec Ombré Zion… Evoquant leur vision par rapport au hip-hop de la génération de Ngaka Blindé, Dip, Canner Bass, Omzo Dollars… 7th Sky estime que le monde de la musique est large et chacun a sa manière de s’y mettre. «La nouvelle génération de rap a apporté quelque chose au hip-hop de manière générale, car si on remontait 5 ou 6 ans en arrière, il y a un truc que le hip-hop avait manqué, mais ils ont apporté une touche nouvelle. Et c’est bien», dit-il.
Pour la promotion de leur album, «on est en train de la faire pas à pas», dixit Flexo. Des spectacles sont prévus dans les régions. Il y aura aussi des projections de vidéos dans des salles à Dakar. Le lendemain de la Tabaski également, ces natifs de Thiaroye avaient prévu de faire un show dans leur quartier. Aussi en octobre et janvier, comptent-ils faire des shows pour la présentation de l’opus.
mfkebe@lequotidien.sn

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