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Avec «Légitime défense», le groupe Syndikate 21 offre un album 100% rap classique. Composé de 10 titres, l’opus dénonce l’influence qu’ont les nouvelles technologies sur la musique actuelle, le «mauvais» comportement des politiciens, les agressions que «l’on subit de la banque mondiale», et le fait d’épouser le modernisme.

«Jamais suivre la tendance et être toujours dans la bonne direction», c’est l’un des mots d’ordre du groupe de rap Syndikate 21. Pour ne pas déroger à cette règle, les artistes de ce groupe de rap établis à Yeum­beul, reviennent 7 ans après Moytoulene, avec un nouvel opus dénommé Légitime défense. Sur ce nouveau produit, ils offrent du rap pur et dur en mode classique. Mis sur le marché depuis le mois de mai passé, l’album est composé de 10 titres, avec des textes très engagés, réfléchis, et des beats très forts.
Mais pourquoi le titre Légitime défense ? C’est parce que la musique en général, «est attaquée de tous bords par la nouvelle technologie, par internet, par les supports plus faciles», répond G’Rare, l’un des membres du groupe. Sur l’album, ses collègues et lui évoquent tout et sans tabou. Ils mettent le doigt sur la ruse des politiciens. «Car les politiciens ne cessent de nous manipuler, de nous appauvrir, nous cacher les bonnes informations pour pouvoir nous rouler après dans la farine», se désole G’rare. Le rappeur rouspète également contre le modernisme qui «nous empêche de vivre notre culture et notre religion comme il le faut».  Sur le titre Introvision, informe-t-il, le groupe invite à une introspection sur la vie d’artiste en général. «Parce que ça fait 7 ans qu’on n’a pas sorti d’album, pendant ce temps les gens se sont posé énormément de questions, la rumeur circulait comme quoi les membres de Syndikate 21 ne sont plus au Sénégal, alors que nous étions dans les villages, en train de faire du social», explique-t-il. Ainsi, dans le morceau Wédi guiss, les rappeurs du Syndikate parlent d’eux-mêmes, «pour dire aux gens, vous avez cru qu’on a arrêté ou vous n’avez pas cru en nous et nous voilà encore», fait savoir le rappeur.
Sur son nouvel album, Syn­dikate 21 chante aussi J’ac­cuse. Un morceau qui évoque l’histoire des dirigeants africains que l’on a assassinés, ligotés, exilés comme Mandela, emprisonnés, comme Lumum­ba, Cheikh Anta Diop, Kuamé Kourouma,… «C’est un peu l’agression qu’a subie l’Afrique par les colonisations, la traite négrière», mentionne G’ rare. Il précise également que sur le titre Mbedd mi (Ndrl : la rue), ils essayent de vanter «l’esprit débrouillardise qu’il y a dans la rue, des marchands ambulants, et autres». Aussi, souligne Gerard Anatole Bienvenu Gomis à l’état civil, «les politiciens profitent de la situation précaire des jeunes pour les tromper». Waxi politique est une analyse de la vie politique, de la transhumance… «On nous parle de Sénégal émergent, mais qu’est-ce qu’on a fait pour que le Sénégal soit émergent ? «Ubi tey, jang tey», et l’école s’ouvre avec des grèves», argue M. Gomis. Son groupe étale les tares de la société, de la vie politique mais aussi les difficultés que l’on rencontre dans le milieu du show bizz. C’est presque ce que traduit Gakk gakk, en featuring avec la scène underground de Yeumbeul, Thiaroye, Keur Massar. Ils y parlent un peu de la situation du hip-hop.

Un groupe socialement engagé
Créé depuis 1988, le groupe de rap Syndikate 21, établi à Yeumbeul, prône depuis leur début un rap engagé. «A la base, Syndikate 21 veut dire syndicat, nous on est un groupe très engagé politiquement et socialement, on fait du rap depuis 1988, donc, on n’a pas 20 piges», se vante G’rare. Composé de 2 personnes, notamment G’rare lui-même et Spapi, ce duo est l’un des premiers groupe de rap au Sénégal. Hormis le rap, le groupe évolue dans le social. «Depuis 2002, on a fait 32 salles de classe au Sénégal. Donc, nous, on ne nous voit pas tout le temps à la télé, pas tout le temps sur les radios, on reste dans la brousse, on fait nos affaires tranquilles. Et on prévoit de faire d’autres salles de classe dans la commune de Noto Diobass», confie le rappeur. Non sans oublier d’inviter l’Etat à les soutenir dans ce projet de construction de salles de classe dans les villages.
mfkebe @lequotidien.sn

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