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Selon l’Unicef, le nombre d’enfants réfugiés et migrants se déplaçant seuls a quintuplé depuis 2010. Sonnant ainsi l’alerte sur cette situation, le Fonds des Nations unies pour l’enfance, qui a lancé un plan d’actions de 6 points, soutient «qu’un système de protection est nécessaire à l’échelle mondiale pour les protéger de l’exploitation, des sévices et de la mort».

Le nombre élevé d’enfants réfugiés et migrants se déplaçant seuls inquiète l’Unicef. Dans un rapport, cet organe des Nations unies informe que ce nombre a atteint un niveau historique dans le monde. Selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), le nombre d’enfants migrants et réfugiés se déplaçant seuls a quintuplé depuis 2010. «Au moins, 300 mille enfants non accompagnés et séparés ont été enregistrés dans environ 80 pays en 2015 et 2016, contre 66 mille en 2010 et 2011», a-t-on fait savoir. Intitulé Un enfant est un enfant : Protéger les enfants en déplacement contre la violence, la maltraitance et l’exploitation, ce rapport présente «un aperçu de la situation des enfants réfugiés et migrants dans le monde». Il révèle qu’«un nombre croissant d’enfants empruntent des chemins extrêmement dangereux pour rejoindre leur destination et se retrouvent souvent à la merci des passeurs et des trafiquants». Dans le rapport, on donne l’exemple de Mary, «une mineure non accompagnée de 17 ans et originaire du Nigeria, qui a personnellement vécu l’expérience traumatisante de la traite lors de son terrifiant voyage vers l’Italie via la Libye». «Elle décrit le passeur devenu trafiquant qui lui a proposé son aide : ‘’Il m’a dit que je serai bien traitée et en sécurité, mais tout n’était que mensonge’’. Mary est restée bloquée en Libye pendant plus de trois mois où elle a été victime de maltraitance. ‘’Il m’a dit que si je ne couchais pas avec lui, il ne m’emmènerait pas en Europe. Il m’a violée’’», a-t-on rapporté.
Partant de ces faits, l’Unicef souligne qu’il «est donc clair qu’un système de protection est nécessaire à l’échelle mondiale pour les protéger de l’exploitation, des sévices et de la mort». Pour cet organe des Nations unies, «un enfant qui se déplace seul, c’est déjà un enfant de trop». D’après le directeur adjoint de l’Unicef, «un nombre alarmant d’enfants est pourtant dans ce cas aujourd’hui et nous, en tant qu’adultes, ne parvenons pas à les protéger». Selon Justin Forsyth, «des passeurs et trafiquants sans pitié exploitent leur vulnérabilité à des fins personnelles et les aident à passer les frontières pour finalement les vendre comme esclaves ou les obliger à se prostituer». «Il est inadmissible que nous ne protégions pas convenablement les enfants contre ces prédateurs», a-t-il regretté. Déplorant cette situation, l’Unicef renseigne dans son rapport que «200 mille enfants non accompagnés ont demandé l’asile dans environ 80 pays en 2015-2016». Durant la même période, «100 mille autres non accompagnés ont été appréhendés à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique». Selon les chiffres publiés par l’Unicef, «170 mille enfants non accompagnés ont demandé l’asile en Europe en 2015-2016. Les enfants non accompagnés et séparés représentaient 92% du total des enfants arrivés en Italie par la mer en 2016 et au cours des premiers mois de 2017». Le document souligne que «les enfants représentent approximativement 28% des victimes de traite dans le monde». Concernant les zones les plus touchées par ce phénomène, le document renseigne que «l’Afrique subsaharienne, l’Amérique centrale et les Caraïbes présentent les proportions les plus élevées d’enfants parmi les victimes de traite identifiées, avec 64% et 62%, respectivement».

L’Unicef demande aux dirigeants du G7 d’intervenir
Profitant de l’approche du Sommet du G7 en Italie, le Fonds des Nations unies pour l’enfance appelle «les gouvernements à adopter son plan d’actions en six points pour assurer la protection et le bien-être des enfants réfugiés et migrants». D’après le directeur adjoint de l’Unicef, «ces enfants ont besoin que dans le monde entier, les gouvernements, s’engagent véritablement à assurer leur sécurité au cours de leur périple». «Les dirigeants qui vont se réunir la semaine prochaine dans le cadre du G7 doivent prendre la tête de cette initiative en étant les premiers à s’engager à respecter les six points de ce plan d’actions», a-t-il dit.
Dans ce plan d’actions, l’Unicef appelle à «protéger les enfants réfugiés et migrants, en particulier les non accompagnés, de l’exploitation et de la violence». Aussi de «mettre fin à la détention des enfants migrants ou demandant le statut de réfugié en proposant d’autres solutions pratiques». Dans son document, l’Unicef  demande que l’intégrité des familles soit préservée. «Le meilleur moyen de protéger les enfants et de leur donner un statut juridique. Il faut permettre à tous les enfants réfugiés et migrants de continuer à apprendre et leur donner accès aux services de santé et à d’autres de qualité», a-t-on déclaré. Dans la même veine, il est préconisé d’insister «pour que des mesures soient prises afin de combattre les causes sous-jacentes des mouvements massifs de réfugiés et de migrants». L’Unicef recommande également de «promouvoir des mesures de lutte contre la xénophobie, la discrimination et la marginalisation dans les pays de transit et de destination».
dkane@lequotidien.sn

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