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Le secteur de l’artisanat est malade et il lui faut une thérapie de choc pour se relever. C’est le diagnostic dressé par les acteurs de l’artisanat de la région de Thiès qui étaient en conclave à la Chambre de commerce d’industrie et d’agriculture de Thiès (Cciath). Selon Ndiagua Wade, le président de la République, Macky Sall avait formulé des promesses pour le développement du secteur, en 2015, lors de la célébration de la première édition de la Journée nationale de l’artisanat à Ngaye Mékhé mais depuis, estime le porte-parole du collectif des artisans de la région de Thiès, ses promesses tardent à être matérialisées. En effet, lors de la célébration de cette dite journée, le Président Sall avait promis une enveloppe de 8 milliards de francs Cfa, en dehors du budget classique, pour accompagner les artisans du Sénégal en infrastructures, équipement et encadrement. En plus, pour mieux atténuer la dépendance aux produits importés et rendre compétitive la production nationale, le Président Sall avait donné des instructions pour que 15% de la commande publique reviennent aux artisans. Mieux, il avait annoncé qu’un accord de partenariat avait été signé entre le ministère de l’Artisanat et le Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip) pour un montant de 2,7 milliards de francs Cfa. Un financement destiné à soutenir les artisans et de leur trouver une ligne de crédit devant leur permettre d’accroitre la production de biens et services. Des mesures qui n’ont pas eu de suivi puisque, révèle Ndiagua Wade, par ailleurs président de la coopérative d’habitat des artisans de Thiès, «les 15% de la commande nationale qui doivent être affectés aux artisans ne sont pas appliqués». Pis, ajoute-t-il, «nous avons toujours de sérieux problèmes pour accéder aux financements, parce que nous n’avons pas les garanties nécessaires. Et ce problème de garantie bloque actuellement le développement du secteur». Il demande au président de la République de prendre ses responsabilités et de mettre les institutions qui doivent accompagner le secteur entre de bonnes mains. Car, déclare M.Wade, «le secteur est malade, parce que le Président Macky Sall l’a confié à des personnes qui sont incapables de le développer. Parce qu’il a mis en place des institutions pour développer le secteur, lesquelles institutions malheureusement, ne sont pas connues des artisanats. Elles ne font aucune action sur le terrain pour développer le secteur, alors que le secteur doit sortir de l’ornière, parce qu’il emploi 68% de la population sénégalaise». Pour dire, selon lui, que «les artisans doivent être pris en compte car si ce secteur ne marche pas, le Sénégal ne marchera pas. Le secteur doit dépasser ce stade où il est confiné». M. Wade termine pour souligner : «Les institutions qui doivent nous encadrer et nous appuyer ne font rien pour nous. Et pourtant, ces responsables déclarent, urbi orbi, dans leur bilan, avoir fait quelque chose pour les artisans.»
nfniang@lequotidien.sn

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