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Des passagers embarquant sur une pirogue.

C’est à croire que le drame, qui s’est produit à Bettenty le lundi 24 avril 2017 et qui a occasionné la mort par noyade de 21 femmes suite au chavirement de leur pirogue, n’a pas servi de leçon à bon nombre de nos compatriotes des îles du Saloum. Sinon, comment comprendre que moins d’une semaine après la survenue de cette tragédie, que certains inconscients continuent encore de prendre le grand bleu sans prendre la précaution de porter un gilet de sauvetage. La scène dont nous avons été les témoins dimanche dernier à l’embarcadère de Ndakhonga-Foun­diougne est tout simplement ahurissante. Des dizaines de passagers qui embarquent dans une pirogue pour rallier l’île de Baout et parmi eux, seule une poignée a jugé nécessaire de porter un gilet de sauvetage. Les autres semblent ne pas se soucier du danger qui les guette.
De l’autre côté du bras de mer du fleuve Saloum, au débarcadère de Foundiougne, le scénario est pareil. Des vagues successives de passagers débarquent en provenance de l’île de Diamniadio où ils étaient partis assister à des chants religieux durant le week-end. Rares sont ceux d’entre eux qui ont cherché à se prémunir du pire qui peut leur arriver. Ces gens-là n’ont sûrement pas entendu l’appel du chef de l’Etat lorsqu’il s’est rendu à Bettenty le vendredi passé pour présenter les condoléances de la Nations aux familles endeuil­lées. «Vous devez nous aider et vous aidez vous-mêmes en faisant du port du gilet de sauvetage une obligation, pour assurer la sécurité des personnes qui embarquent à bord de  vos pirogues. Personne ne doit aller en mer sans porter un  gilet de sauvetage», disait Macky Sall aux populations. Mais force est de reconnaître que les discours à eux seuls n’amèneront pas les populations à changer de comportement. La tragédie du bateau Le Joola est là pour nous donner une piqûre de rappel.
Il faudrait donc, comme le préconisait dans les colonnes du journal Le Quotidien le sieur Abdou Diouf, père de la jeune Amy Collé, une  des victimes de Bettenty, «…que le gouvernement prenne des mesures draconiennes pour contraindre les gens qui vont en mer à porter obligatoirement le gilet de sauvetage et à ne pas surcharger les pirogues». Il n’y a pas d’autre alternative. A moins qu’on veuille attendre le prochain chavirement d’une pirogue pour encore essayer de consoler les familles éplorées avec des tonnes de riz et des millions de francs.
dndong@lequotidien.sn

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