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Ils étaient encore nombreux, ce vendredi, à arpenter les rues du pays. «Marée humaine impres­sionnante», «des dizaines de milliers de personnes rue Didouche»… la contestation en Algérie, très suivie sur Twitter et qui dure depuis le 22 février, ne faiblit pas. Bien au contraire. Et pour cet acte IV, les revendications étaient un peu différentes de celles clamées jusqu’ici. Après les annonces de Abdelaziz Bouteflika lundi soir, l’appel à l’annulation du cinquième mandat n’est plus d’actualité.
Le refus des Algériens à la prolongation du quatrième -rendu possible avec le report annoncé de l’élection- rythme désormais les manifestations, auxquelles participent à la fois étudiants, organisations professionnelles, associations de la Société civile mais aussi partis politiques. Partout dans le pays «l’offre» du pouvoir, ne convainc pas. Les tentatives d’explication de Ramtane Lamamra et Noureddine Bedoui, qui ont donné une conférence de presse hier matin, non plus.

Alger «noire de monde»
Les Algériens l’ont donc fait savoir. Dès le matin, dans la capitale, des centaines de personnes ont convergé vers la Grande Poste, devenu depuis plusieurs semaines un des principaux lieux de départ des cortèges, ont constaté les journalistes de TSA. Un autre rassemblement s’est également formé au même moment place Audin. Pour le média algérien, «la journée de mobilisation de ce vendredi» commençait «plus fort que celle du 8 mars». La manifestation, à laquelle beaucoup d’Algériens participent en famille, s’est poursuivie dans une ambiance détendue. Tout au long de l’après-midi, la foule n’a cessé de se densifier et d’emplir les rues de la capitale.
De nombreux manifestants ont d’ailleurs expliqué à l’Afp être venus dès la veille à Alger, où ils ont passé la nuit chez des parents ou amis, craignant de ne pouvoir rejoindre la capitale en raison de barrages ou en l’absence de bus.
Pas de manifestants en revanche du côté d’El Mouradia, quartier de la Présidence, où un important dispositif de sécurité avait été déployé dès le matin. D’après plusieurs médias algériens, la police y a bloqué les accès plus tard en début d’après-midi. Quelques heurts ont eu lieu en fin d’après-midi au Telemly, ont rapporté les médias.
A côté des panneaux anti-Bouteflika, des pancartes contre Emmanuel Macron ont également été observées, en réaction à son commentaire sur la situation du pays. Mardi, le Président français a en effet salué la décision de Abdelaziz Bouteflika, et a appelé à une transition politique d’une «durée raisonnable». «C’est le Peuple qui choisit, pas la France», pouvait-on lire aujourd’hui sur une grande banderole. «L’Elysée, stop  ! On est en 2019, pas en 1830», date de la conquête de l’Algérie par la France, en rappelle une autre.
Ailleurs dans le pays, aussi, la contestation n’a pas faibli.
lepoint.fr

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