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Ils l’avaient promis, ils l’ont fait. Venus à pied, en cars ou en motos, les habitants de Diender ont afflué dans l’après-midi de vendredi vers la mairie de la commune pour, encore une fois, étaler leur colère. «Voilà des gens qui se sentent menacés dans leur existence. Aujourd’hui, ce qu’on a vu, c’est une population mobilisée derrière ses autorités pour dire non. Nous n’acceptons pas ce que l’Etat veut exécuter au profit de ceux qui sont dans les villes au détriment de nous les ruraux. C’est comme s’il y a deux types de Séné­ga­lais», a souligné Pape Ibrahima Diatta. «Diender refuse d’être l’abreuvoir assoiffé», «Pomper notre eau c’est pomper notre sang», «Non au futur apocalyptique de la zone», «Les petits producteurs menacés» sont certains des slogans inscrits sur les pancartes et traduisant avec force le désarroi des protestataires, s’offusquant de la mise à mort de leur commune par l’Etat. «400 milliards de francs ont été mobilisés par l’Etat pour des actions sociales à travers le pays. Rien de ce pactole n’est entré à Diender et c’est ce même Etat qui menace l’existence de notre commune avec 14 forages», a relevé M. Diatta.
Le maire de la commune, Alassane Ndoye, s’est pour sa part attaqué au Président Macky Sall. «Macky Sall n’a pas été élu pour nuire aux populations. S’il a peur des Dakarois et est indifférent au vécu des populations de notre commune, Diender est prête à sacrifier des vies pour faire face», a lancé l’édile sous les applaudissements de la foule. Les maraîchers ont décrié la connexion des maraîchers de Pout au forage de Beer qu’ils considèrent comme un dysfonctionnement géographique. «C’est une aberration de connecter les agriculteurs de Pout à une conduite dans notre localité alors que nous-mêmes avons des problèmes d’eau», s’est désolé à ce sujet M. Diatta.
Membre des organisations paysannes, Fallou Diop croit que l’Etat ne va pas rester insensible à la doléance des populations locales. «L’Etat doit trouver une solution pour sauver Diender qui a besoin d’eau pour ses activités de maraîchage et pour boire», a-t-il exhorté. «La solution, c’est que les cinq aillent pour abreuver Dakar et le reste doit nous revenir», s’est suffi M. Diatta là où son édile ne cracherait pas sur «trois pour la localité et le reste pour Dakar». La rencontre terminée, les manifestants ont improvisé une marche en direction des forages dont ils espèrent bénéficier de la production pour la viabilité de la localité qui vit principalement de l’agriculture.
abndiaye@lequotidien.sn

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