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Haut conseiller des collectivités territoriales après sa retraite parlementaire et maire de Mbeuleukhé, Aliou Dia déplore les attaques entre les députés apéristes. M. Dia est d’avis que le Peuple attend des parlementaires qu’ils leur prouvent qu’ils sont des responsables et qu’ils ne transforment pas l’Hémicycle en ring. Porte-parole du Comité national de suivi de la campagne de commercialisation, il nourrit beaucoup d’espoir sur la suite de celle-ci et indique que les producteurs ont été invités à veiller à ce que les meilleures graines ne sortent pas du pays.

Serigne Mbacké Ndiaye, membre de la mouvance présidentielle, a indiqué que la majorité a proposé la suppression de la limitation des mandats. Ce que Benoît Sambou, le chargé des Elections de l’Apr, a démenti. Qu’en pensez-vous ?
En fait, je suis membre de la Conférence des leaders de Benno bokk yakaar (Bby). Cette question n’a jamais été débattue dans nos rencontres. S’il s’agit maintenant des plénipotentiaires au niveau du dialogue politique, je n’ai pas eu cette information. Mais ce que je peux confirmer, c’est que cette question n’a jamais été à l’ordre du jour dans nos conclaves au niveau de la Conférence des leaders.

Vous avez été député. Aujourd’hui, on note des invectives et autres attaques entre députés Apr à l’As­semblée nationale. Quelle appréciation faites-vous de cette tension ?
C’est regrettable, parce que l’Assemblée nationale est une institution, une institution qui vient après la présidence de la République où des responsables sont élus – je ne dis pas nommés – par leurs compatriotes sénégalais, qui se sont sacrifiés pour les mettre là où ils sont actuellement, qui les entretiennent à tous les niveaux. Je crois que ce qu’ils attendent de ces députés, c’est que ces derniers leur prouvent qu’ils sont des responsables, c’est des comportements responsables. Si on prend l’Hémicycle comme un ring où certains se livreraient à des combats de boxe, d’autres à des invectives, d’où que cela vienne, que ça soit des députés de la majorité ou de ceux de l’opposition, c’est regrettable. En tout cas, si on réveillait aujourd’hui les Lamine Guèye, Daouda Sow qui étaient de grands intellectuels et qui avaient fait preuve de responsabilité, qui avaient créé chez chaque Sénégalais la volonté d’être un député, si vous prenez notre cas, nous qui avions fait trois mandats à l’Assemblée nationale sans pour autant qu’on n’ait eu maille à partir une seule fois entre nous, que le député soit de notre camp ou qu’il soit notre adversaire… Je rappelle qu’un député a une mission noble qui n’est pas seulement de légiférer ou de voter des lois, mais d’être une sentinelle de la République. Une République doit être debout à travers ses institutions. Mais ce que nous voyons présentement à l’Assemblée nationale déshonore vraiment les Sénégalais, ça décourage les électeurs. Et je crois qu’il n’est pas normal que cela se poursuive. Je voudrais rappeler à mes collègues députés et à ceux qui sont aujourd’hui à l’Assemblée nationale qu’en fait le Sénégal a été très bien respecté, a été une école de démocratie. En termes de comportement, on servait aussi d’exemple.
Mais en observant ce qui se passe aujourd’hui, vous avez envie de ne plus être Sénégalais, surtout nous qui avons eu trois mandats de député. Ce n’est pas bon, ce n’est pas juste. Il faut qu’on rende la monnaie au Peuple sénégalais qui a vaillamment travaillé pour entretenir ces députés pour les mettre à l’Assemblée nationale.

Aucune discussion n’est entamée dans le cadre du dialogue national. Les autorités cherchent à mettre en marche la machine. Cette situation vous agrée-t-elle ?
Il faut pas qu’on aille très vite en besogne. Nous sommes toujours sur la bonne voie parce que quand on parle de dialogue national, il y a le dialogue national politique. Je félicite le général Niang qui a fait du bon travail et l’ensemble des acteurs qui ont travaillé avec lui et qui ont fait de belles propositions. Ils ont eu beaucoup plus de convergences de vues que de divergences. Je ne crois pas qu’il y ait pour le moment des divergences.
S’agissant maintenant du dialogue national proprement dit et dirigé par Famara Ibrahima Sagna, la liste des membres du comité de pilotage vient d’être rendue publique. Les locaux de cette structure sont déjà indiqués. Et le 27 décembre certainement, s’il n’y a pas de changement, la première réunion sera convoquée. Et il faut qu’on y aille dans le seul désir de dialoguer au profit du Sénégal et pour l’unité nationale.

Certaines franges de l’opposition accusent le président de la République de faire de la ruse politique à travers le dialogue national et qu’il en a profité pour reporter les élections locales. Qu’en pensez-vous ?
(Rires) C’est des positions politiques et c’est de bonne guerre. Le président de la République, je crois, qui est à son dernier mandat, qui exerce son second mandat et qui a initié maintenant le dialogue national, alors qu’il s’est donné corps et âme pour que ce dialogue national soit une réalité, je ne pense pas qu’il puisse utiliser ça comme ruse à des fins politiques ou pour faire du dilatoire.
Je pense qu’on doit se faire confiance et comprendre que le président de la République a fait ce qu’il a à faire parce qu’il a réussi à regrouper toute l’opposition autour du dialogue national. Et c’était difficile parce qu’au moment où certains dans leur parti avaient jugé même utile, normal et responsable d’aller répondre à l’appel du chef de l’Etat, d’autres n’étaient pas d’accord.

Quelle est votre réaction au report des élections locales ? Est-ce une bonne décision ?
C’est une bonne décision, compte tenu d’abord du processus d’amélioration de la situation politique qu’on avait déjà commencé, à savoir que les gens ont toujours contesté la manière dont on élisait les maires. Ce sont les conseillers municipaux qui élisaient le maire après que les populations avaient fini de voter. Et généralement, on ne faisait pas prévaloir les compétences. C’est plutôt l’argent qui gangrénait cette élection ; ce qui n’était pas du tout bon. Donc sur cet aspect, il va falloir qu’on échange beaucoup afin de trouver un consensus, et c’est le cas aujourd’hui. Désormais, la tête de liste de la liste majoritaire est élu maire, alors que le problème des adjoints n’est pas réglé.
La caution demeure l’autre problème. Un montant avait été proposé, mais des partis de l’opposition et même des maires du parti au pouvoir (l’Apr) l’ont jugé exorbitant.
Pour la durée du mandat des élus locaux, ce n’était pas possible également. Techniquement, on n’était pas dans les dispositions d’organiser les élections locales en respectant le calendrier républicain. Si donc il y a un consensus pour le report, c’est normal. Mais il ne faudrait pas qu’on exagère en repoussant pour trop longtemps ces élections.

Certains pensent qu’avec ce report, les collectivités territoriales doivent être mises sous délégation spéciale. Ce point de vue emporte-t-il votre adhésion ?
Ce serait une erreur très grave parce qu’avec la délégation spéciale, il y a un seul fonctionnaire qui serait mis à la tête de la Collectivité territoriale. Ceux qui étaient élus démocratiquement sont plus légitimes qu’un fonctionnaire qui est choisi par qui que ce soit. Même si c’est le président de la République qui procède à ce choix, c’est un jugement personnel. Ce choix serait opéré à partir d’une appréciation personnelle. Mais ces élus qui étaient démocratiquement placés à la tête de ces Collectivités territoriales, pour être légitimes il faudrait qu’on proroge leur mandat jusqu’à un temps quand même raisonnable.

D’autres accusent aussi le président de la République et son camp de manœuvrer pour organiser les élections locales à une période qui leur serait favorable pour les remporter…
Ça aussi c’est des positions politiciennes parce que le président de la République n’est concerné que par la Présidentielle. Mais les Locales ne sont pas une affaire d’un parti politique parce que les populations locales ont le droit de choisir qui elles veulent.
D’autre part dans ce scrutin, on n’apprécie pas le programme d’une personne ou d’un parti, mais les gens se basent sur les réalisations. Soit c’est un ancien maire qui a déjà donné satisfaction ou bien un fils du terroir qui a toujours été du côté de ces populations. Même si le pouvoir se ligue contre lui, cette personne pourrait passer parce qu’ayant fait ses preuves en termes de social, de réalisations. Donc, ça ce n’est pas une affaire du Président encore moins du pouvoir. C’est une affaire de la localité. Et donc, le Président ne gagne rien en voulant reporter des élections pour se retrouver dans des situations très risquées.

Que peut-on retenir de votre gestion de la commune de Mbeuleukhé dont vous êtes le premier maire ?
C’est aux populations de Mbeuleukhé de porter leur jugement sur la gestion de leur commune. Ce que je peux faire, c’est d’étaler mes réalisations. Avant d’être élu maire de Mbeuleukhé, j’ai d’abord été élu député du Sénégal, mais de la localité de Mbeuleukhé parce que j’avais été élu sur la liste départementale. Avant que je ne sois élu maire, Mbeuleukhé avait toute les infrastructures de base : l’eau, l’électricité. Dans le domaine de la santé, on dit al hamdoulilah. Sur le plan scolaire, de la case des tout-petits jusqu’au lycée, tout y est sur place. Les routes et les infrastructures sportives, Mbeuleukhé en dispose. Ce sont des réalisations que j’y ai faites. C’est la raison pour laquelle j’ose croire que les populations de Mbeuleukhé apprécient ce que j’y ai réalisé. Elles m’ont toujours exprimé leur satisfaction.

Est-ce que vous comptez vous représenter à la tête de la commune ?
Si les populations de Mbeu­leukhé souhaitent que je redevienne maire, je vais me représenter. Mais personnellement, je n’ai pas l’ambition d’être maire parce que j’ai été à Mbeuleukhé depuis la réforme, mais je n’ai jamais demandé à être conseiller. J’ai toujours soutenu des conseillers, un président, mais quand Mbeuleukhé a été érigée en commune, ce sont les populations qui m’ont demandé de briguer leurs suffrages pour devenir maire de leur localité afin de pouvoir exercer les compétences que j’avais déjà exercées au niveau de l’As­semblée nationale pour leur permettre de développer la zone. N’eut été cette demande, je n’aurais jamais été maire de Mbeuleukhé. Si aujourd’hui les populations tiennent à ce que je poursuive cette mission, je suis à leur service. Je vais ainsi briguer un deuxième mandat pour les accompagner à développer d’abord la commune, pour l’émancipation des femmes et pour également l’essor économique de Mbeuleukhé.

Vous êtes Haut conseiller des collectivités territoriales. Comment appréciez-vous cette nouvelle expérience institutionnelle ?
D’abord je remercie à ce propos le Tout-puissant, de même que les populations du Djolof et celles du Sénégal en général, de m’avoir envoyé à trois reprises à l’Assemblée nationale. J’ai fait trois mandats, j’ai eu ma retraite parlementaire. Donc, je ne pense plus être en mesure de faire plus que je n’ai fait à l’Assemblée nationale. C’est pourquoi quand le président de la République a estimé devoir me mettre au Haut conseil des collectivités territoriales, j’ai accepté. Et je l’en remercie encore une fois d’avoir porté son choix sur ma modeste personne. Je n’étais pas élu et je n’étais pas candidat, mais le président de la République, dans son quota de nomination, a porté son choix sur ma modeste personne. Et effectivement, c’est une nouvelle expérience.
Quand je me suis rendu au Haut conseil, j’y ai trouvé d’anciens ministres, d’anciens députés, d’anciens Dg et des Séné­galais compétents de toutes les couches. Et je me suis dit que c’est une nouvelle expérience et je prie pour Ousmane Tanor Dieng – que Dieu ait pitié de son âme – qui y a abattu un bon travail, qui avait mis ses expériences au service du Haut conseil. Nous avons remis au président de la République des conseils importants sur lesquels il s’est basé pour l’amélioration de beaucoup de secteurs au Séné­gal.
Le Haut conseil doit être mieux connu par les populations sénégalaises parce que c’est une institution qui vient de naître et qui peut permettre au Président d’avoir un grenier de pensées, d’idées permettant effectivement d’améliorer le Sénégal au niveau de la démocratie, du développement et surtout de l’émergence des territoires.

Les travailleurs de la Sonacos se plaignent de la faible quantité des graines d’arachide récoltée, une semaine après le démarrage de la campagne de commercialisation. Sur quel levier faut-il s’appuyer pour espérer atteindre la quantité de graines escomptée par la Sonacos ?
Remercions d’abord le Tout-puissant de nous avoir donné un bon hivernage nous permettant d’avoir une bonne production qui justifie la campagne de commercialisation des arachides. Mais à l’image de toute bonne campagne, le début est timide parce qu’il y a d’abord des préalables : régler les problèmes de trésorerie.
Concernant la Sonacos, le directeur général, mon ami Modou Diagne Fada, a déjà confirmé qu’il a déjà obtenu une enveloppe de 30 milliards de francs Cfa de la Banque islamique qui sont dans les caisses de nos banques locales. Cela est rassurant, mais il va falloir que les points de collecte qui sont déjà effectivement donnés aux opérateurs, il y a de cela un peu plus de 10 jours, soient réalisés, que le matériel de pesage soit sur place et que tout soit mis au point pour qu’on puisse démarrer.
Compte tenu de cela, nous avons constaté qu’il y a des points de collecte qui sont déjà fonctionnels parce que nous avons effectué une tournée sous la direction du ministre de l’Agriculture, le Pr Moussa Baldé, accompagné du directeur général de la Sonacos et de l’ensemble des acteurs du monde rural. Nous avons été à Tivaouane visiter un point de collecte pilote de Modou Fall, président de la Fenops (Fédéra­tion nationale des opérateurs et stockeurs privés du Sénégal). Et sur place, nous avons vu des producteurs qui vendaient leurs graines et qui recevaient immédiatement après le pesage de leurs arachides leur argent.
Nous nous sommes également rendus au centre de groupage de Diourbel, à la Sonacos. Là, nous avons trouvé 7 camion qui avaient effectivement livré leur poids et ont reçu la facturation et leur argent le même jour. Donc partant de cela, on peut dire qu’en fait le démarrage a été effectif. Cependant, il y a beaucoup d’autres points de collecte qui n’ont pas encore démarré leurs activités. La question que l’on s’est posé est qu’on n’a pas encore réglé le préalable ou bien les producteurs n’ont pas voulu vendre à ces points de collecte, ou bien il n’y a pas d’arachides dans ces zones.
Nous continuons à faire les recherches. Effectivement, la Sonacos, à ce jour, a eu 7 camions au niveau de Diourbel, mais dans les autres centres de groupage comme Louga et Ziguinchor, elle avait déclaré qu’il n’y avait pas encore de camion. Il y a quelques jours, je les avais interrogés, ils m’avaient dit qu’à Diourbel, il n’y a pas eu de rush. Mais dans les autres centres de groupage, il n’y a pas eu de camion. Cela peut effectivement poser problème, mais ne m’inquiète pas du tout parce que tout début de campagne est confronté à cette situation. Il va falloir maintenant s’interroger sur cette situation et essayer de faire le suivi. Nous avons nos éléments de Forces paysannes dans tous les départements qui s’en occupent pour dissiper cette préoccupation.

Ces travailleurs se plaignent aussi du fait que les étrangers s’emparent des meilleures graines. Quel dispositif faudrait-il mettre en place pour ne pas dégrader le capital semencier ?
Si tel est le cas, cela va porter préjudice à la filière arachidière. C’est pourquoi d’ailleurs le Comité national de suivi de la campagne de commercialisation dont je suis le porte-parole s’est réuni sous la présidence du ministre de l’Agriculture pour attirer l’attention des uns et des autres que les exportateurs visent les meilleures graines et que si l’on n’y prend garde, ces meilleures graines qui étaient la production issue des programmes de multiplication de semences risquent d’être acheminées à l’extérieur. Et on avait attiré l’attention de tous les acteurs, surtout des porteurs de programmes de multiplication et des producteurs, qu’il faudrait qu’ils veillent à ce que les meilleures graines ne sortent pas du pays. Et pour cela, des dispositions ont été prises parce que l’accord que le gouvernement du Sénégal avait signé avec les pays exportateurs stipulait que l’exportation leur est dédiée, mais que la commercialisation est du ressort des nationaux. Donc c’est aux nationaux de procéder à la commercialisation avant de vendre aux exportateurs afin que ces derniers puissent exporter les graines vers leur pays d’origine.
Pour cela, nous avons pris trois dispositions. La première, c’est de faire en sorte que tout le monde achète au niveau des points de collecte parce que ces exportateurs dont on parle n’achètent pas les graines d’arachide au niveau des points de collecte, mais vont dans les loumas (marchés hebdomadaires), les marchés et même jusqu’à aller acheter bord champ. Ce qui n’est pas du tout normal, puisque cela ne se fait nulle part. Et le décret, contrairement à ce que pensent certains, a déjà réglé ce problème.
A propos des points de collecte, la Sonacos devrait régler ses problèmes de trésorerie. A ce sujet d’ailleurs, le directeur général a été catégorique : ils ont obtenu les fonds pour pouvoir payer à temps les opérateurs pour une fois que ces derniers ont livré les graines provenant des points de collecte, ils puissent disposer de l’argent pour pouvoir payer les petits producteurs.
La troisième disposition est que l’Administration centrale doit veiller à ce qu’il y ait une traçabilité des graines. Si par exemple un camion se retrouve à Dakar, il faudrait qu’on vérifie son point de collecte de départ. Cela ne peut être approuvé que par des signatures et des cachets apposés par des chefs de village ou des chefs de carré des différents villages où se trouvent les points de collecte.
Si ces dispositions sont respectées, la Sonacos trouvera certainement de bonnes graines, les semences seront prélevées de la production. Et cela n’empêchera pas les exportateurs de pouvoir disposer de quantités leur permettant d’effectuer leurs opérations commerciales.

Des voix s’étaient élevées pour remettre en cause la qualité des semences. En son temps, le ministre de l’Agriculture s’était inscrit en faux contre ces accusations. Cette page est-elle maintenant tournée ?
Je crois qu’il (le ministre) a eu raison aujourd’hui sur ses détracteurs, les gens qui disaient qu’ils n’allaient pas vendre le prix du kilo d’arachide à 210 francs, mais à 250 francs… Mais d’où vient cette production que ces derniers veulent vendre à 250 francs le kilo ? C’est le produit des semences qu’ils qualifiaient de mauvaises et qui ont été semées effectivement. D’aucuns disaient que c’était des semences de mauvaise qualité, tandis que d’autres disaient qu’elles n’étaient pas destinées à être cultivées. Les gens ont pris ces graines pour les échanger contre de l’argent. Mais il y a une nette contradiction à noter ici. Les semences ne sont pas bonnes, elles ne doivent pas être cultivées et, en fin de récolte, on se retrouve avec une bonne production qui fait que les gens ne veulent pas vendre à 210, mais à 250 francs le kilo d’arachide.

Le 4 janvier 2020 sera célébré le Gamou de Mbeuleukhé. Que peut-on dire de cet événement religieux du Djolof ?
C’est un évènement du Djolof, du Sénégal et de tous les musulmans. C’est un Gamou qui est célébré depuis plus de 100 ans parce que qui parle du Djolof, parle du Sénégal. Le Djolof, c’est l’ancien empire dont dépendait pratiquement tous les autres royaumes du Sénégal. Et le Djolof était une terre de ceddo, mais nous rendons grâce à Dieu avec la traversée effectuée par Cheikh Oumar Foutyou qui y avait installé Serigne Daraa Thierno Dia à Ndiardé pour les enseignements coraniques. Serigne Daraa Thierno Dia était le père de El Hadji Daouda Dia, un des illustres moukhadam et très proche de El Hadji Malick Sy, qui avait épousé sokhana Oumou Sy, une fille de Maodo. El Hadji Daouda Dia, depuis 1916, sur ordre de El Hadji Malick Sy, a célébré le Gamou avec l’ensemble du Djolof à Mbeuleukhé. Et de 1916 à 1949, date du rappel à Dieu de El Hadji Daouda Dia, l’événement a regroupé tous les musulmans du Djolof. A partir de 1949, mon père, El Hadji Mouhamadou Lamine Dia, premier khalife de El Hadji Daouda Dia, prit le flambeau et organisa le Gamou de 1949 à 1967. Et de 1967 à nos jours, c’est El Hadji Mousssa Dia qui est le khalife. Cette année, après concertation avec le khalife général des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour, nous avons décidé d’organiser le Gamou le 4 janvier 2020 à Mbeuleukhé. Nous allons l’organiser avec l’ensemble des autres confréries. Il y a un peu plus de 10 jours, je me suis rendu à Touba Mboul pour informer le khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké, et recueillir ses prières. Et pas plus tard que jeudi dernier, je me suis entretenu avec Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre, porte-parole du khalife général des Mourides. On a longuement parlé du Gamou de Mbeuleukhé, comme on l’a fait à Tivaouane. Je me rendrai aussi dans tous les autres foyers religieux pour en parler. Nous allons l’organiser avec les Djolof-Djolof, les moukhadam de El Hadji Daouda Dia qui sont répartis dans tout le pays, mais aussi avec tous les Sénégalais. Le président de la République en a été informé, de même que l’ensemble du gouvernement. Un Crd sera organisé d’ici quelques jours.

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