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Des militants du Spd réagissent après l’annonce des premières estimations, en Bavière, le 14 octobre 2018. 

Selon les premières estimations, les chrétiens sociaux arrivent en tête avec environ 37 % des suffrages mais perdent une dizaine de points par rapport à leur score de 2013. Les Verts arrivent en deuxième position.

Le parti conservateur Csu, allié incontournable de la chancelière allemande Angela Merkel, a subi dimanche 14 octobre un camouflet aux élections régionales en Bavière, perdant sa majorité absolue face à l’essor des Verts, grands gagnants du scrutin, et de l’extrême droite, selon les sondages des chaînes publiques Ard et Zdf.
Les chrétiens-sociaux arrivent en tête mais avec seulement 35,5 % des suffrages, soit une perte de douze points par rapport à 2013 et un plus bas niveau depuis les années 1950, selon les premières estimations. L’autre allié de la chancelière au niveau national, le Spd, subit une gifle avec 9,5 % des suffrages, se faisant doubler par les Verts (17,8 %), le parti d’extrême droite anti-migrants Alternative pour l’Allemagne (AfD) avec 11 %, et les Freie Wähler, des conservateurs indépendants (11,5%). Les Libéraux du Fdp (5%) ferment la marche.
Ce résultat n’a rien pour rassurer la chancelière allemande, d’autant que son propre parti, la Cdu, doit faire face à un scrutin tout aussi ardu le 28 octobre en Hesse, Land que les conservateurs dirigent en coalition avec les écologistes. Ces deux scrutins «affecteront la politique nationale et en conséquence la réputation de la chancelière», a déjà prévenu vendredi le président de la chambre des députés et vétéran respecté de la Cdu, Wolfgang Schäuble.

Sociaux-démocrates récalcitrants
La remarque n’est pas anodine : Angela Merkel doit affronter en décembre un vote de militants pour être reconduite à la tête de son parti. Au pouvoir depuis treize ans, la chancelière allemande a connu une année très difficile, conséquence politique de sa décision de 2015 d’ouvrir l’Allemagne à plus d’un million de demandeurs d’asile.
Même si elle a considérablement resserré l’accueil des migrants, Angela Merkel a été handicapée par l’essor de l’extrême droite aux législatives de septembre 2017. Elle a bataillé six mois durant pour former une coalition gouvernementale, finalement avec des sociaux-démocrates très récalcitrants.
Puis durant l’été 2018, c’est la Csu bavaroise qui s’est rebellée, conduite par son chef, le ministre de l’intérieur, Horst Seehofer, qui a risqué à deux reprises de faire tomber le gouvernement en poussant des thèmes chers à l’Afd afin de regagner le terrain perdu. Mais selon les enquêtes d’opinion, cette stratégie n’a pas convaincu les citoyens tentés par l’extrême droite de revenir dans le giron des conservateurs, et d’autres, plus modérés, se sont tournés vers les Verts.
Autre problème pour la chancelière : les intentions du Spd, alors que des voix réclament bruyamment une sortie du gouvernement et une cure de jouvence dans l’opposition. Face au séisme bavarois, de puissantes personnalités risquent aussi la suite de leur carrière, à commencer par Horst Seehofer, ministre de l’Intérieur, et poil à gratter de Mme Merkel.
lemonde.fr

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