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Une alliance entre Ousmane Sonko et Khalifa Sall en direction des élections locales est possible. Le leader de Pastef qui a reçu le leader de Taxawu senegaal y croit en tout cas.

Ça avait l’air d’une rencontre de haut niveau. Khalifa Sall et sa délégation, composée entre autres de Cheikh Guèye, Idrissa Diallo, Moussa Taye, Barthélemy Dias, ont rendu visite hier à Ousmane Sonko qui avait à ses côtés Birame Soulèye Ndiaye et d’autres responsables de Pastef et ses alliés de Jotna. Après leur entrevue, les deux hommes ont fait face à la presse. L’ancien maire de Dakar a été plus loquace dans les remerciements et les hommages. «Mon déplacement ici est un réel plaisir, mais aussi un devoir. C’est un jeune, mais qui suscite beaucoup d’espoir. Je suis venu donc vous encourager et surtout vous féliciter pour l’énorme travail politique que vous avez accompli. Nous avons échangé sur des perspectives politiques et nous le poursuivrons au nom de l’intérêt du Sénégal», a dit Khalifa Sall.

«Si Khalifa avait participé à la Présidentielle, le résultat aurait été autre»
Le leader de Pastef, lui, a fait un long discours politique et même… électoral. D’abord pour lui, c’est un «honneur» que son aîné Khalifa Sall se déplace alors que c’était à lui de le faire. «Je tiens encore à vous exprimer toute ma compassion à cette douloureuse épreuve que vous avez vécue. On a l’habitude de dire que c’est de la volonté de Dieu. Oui, mais il y a aussi la main de l’homme parce que Dieu n’est pas méchant. C’est plus la volonté d’un homme qui voulait, contre vents et marées, assouvir ses ambitions politiques et son succès personnel. Et qui a estimé que quiconque empêcherait sa réussite doit être éliminé. On peut pardonner, mais on ne peut et ne doit pas oublier», indique le candidat arrivé 3ème à l’issue de la dernière Présidentielle. Et Sonko croit bien que l’absence du leader de la coalition Taxawu senegaal a eu un impact sur cette élection. «Ma conviction est que si Khalifa Sall avait participé à la Présidentielle, le résultat aurait été autre. Vous avez effectué un travail politique depuis longtemps. Vous n’êtes pas un novice en politique. D’ailleurs, j’avais même pensé que vous aviez 80 ans tellement votre nom était connu de tous depuis longtemps», a-t-il ajouté.

«Il y a probabilité d’envisager une alliance aux prochaines élections»
Même s’il précise que ce n’est pas un reproche qu’il fait à son hôte, Ousmane Sonko admet que s’il avait bénéficié du soutien de Khalifa Sall, on aurait parlé d’autre chose aujourd’hui. «Aucun candidat ne cracherait sur un soutien de Khalifa. Mais j’ai fait preuve de compréhension parce qu’ils (Idy et Khalifa) étaient ensemble dans une coalition», relativise-t-il. En gros, le président de Pastef est plus clair dans ses intentions de collaborer avec Khalifa Sall, même pour les prochaines élections. «Nous sommes tout à fait ouverts pour voir ce qu’on pourrait faire ensemble parce que notre pays est à un moment crucial. Mais ce n’est un discours que nous tenons aux autres parce qu’il ne s’agit pas d’être ensemble, de gagner ensemble de partager un gâteau. Nous sommes pour une coalition qui sera un départ définitif pour le développement», souligne-t-il. Sonko qui est arrivé troisième à Dakar le 24 février voudrait bien une alliance avec Khalifa Sall. «Si l’on fait une lecture approfondie des résultats de la Présidentielle, on constate qu’ils ont profité aux candidats ayant participé, mais aussi à ceux qui ont été absents. Je pense qu’entre nous, il y a probabilité d’envisager une alliance aux prochaines élections pour le bien de ce pays», a dit Sonko qui rappelle que son seul adversaire c’est Macky Sall et non les leaders de l’opposition.

 

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