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La journée d’hier fut celle de toutes les émotions chez le Peuple gambien. Mais au final, l’anxiété et la peur d’une éventuelle confiscation du pouvoir a laissé place à la joie d’une alternance démocratique réussie.

Au petit matin de ce vendredi 2 décembre, rien n’indique que le pouvoir va échapper à Yahya Jammeh suite à l’élection présidentielle tenue la veille. Pourtant, quelques médias donnent des résultats favorables à l’opposant Adama Barrow. Mais pour d’aucuns, c’est de la spéculation à partir du moment où les lignes téléphoniques et l’internet ne fonctionnaient plus en Gambie depuis la nuit du scrutin. En effet, le pouvoir de Jammeh a prévenu à la veille des élections qu’il n’accepterait aucune contestation des résultats. Dans ce contexte de huis clos gambien, les choses vont s’accélérer durant l’après-midi avec l’annonce des résultats. «Adama Barrow est élu président de la République», selon le président de la Commission électorale en Gambie, Alieu Momar Njie. Dans les rues de Banjul, on assiste à des scènes de liesse. «Une victoire du Peuple», «Non à l’oppression de Jammeh», les expressions hostiles aux 22 ans de règne de Jammeh s’accumulent.
L’histoire est en marche et la réalité est irréversible pour l’enfant de Kanilai qui s’emmure dans le silence. Un mutisme qui refroidit les ardeurs des manifestants. L’attente devient longue. Jammeh ne va-t-il pas tenter de confisquer le pouvoir ? Les suspicions hantent les esprits en cette fin de journée. Une déclaration est annoncée à 20 heures. A cette heure précise, c’est toujours l’attente. Ce petit pays dans la gueule du Sénégal de près de 2 millions habitants est au tournant de son histoire. Un brin de joie surgit lorsque le vainqueur du scrutin annonce une conversation téléphonique avec son challenger. «Le Président Jammeh m’a appelé pour me féliciter et reconnaitre sa défaite», écrit Adama Barrow sur son compte Twitter. Après un silence éprouvant pour certains gambiens, le désormais homme fort de Banjul pouvait se lancer dans la voie d’un démocrate pour accepter la décision du Peuple gambien. (Voir ailleurs).  Ainsi, les manifestations de joie pouvaient continuer de plus belle dans les six régions du pays. De l’angoisse d’une alternance démocratique et pacifique à l’anxiété d’une confiscation du pouvoir, le Peuple gambien aura vécu une journée éprouvante.
bgdiop@lequotidien.sn    

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