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Représentant de l’Etat, le mi­nistre de l’Intérieur a tout enregistré. Aly Ngouille Ndiaye, qui a pris «acte» du discours du kha­life, précise toutefois qu’«il n’appartient pas aux citoyens de se faire justice dans un Etat de droit» et qu’«une Répu­blique a ses règles». «Nous avons pris note de ce que la Khalife général a dit et nous allons nous y pencher, comme on le fait d’ailleurs, ce n’est pas une première. Le gouvernement du Sénégal a quand même des attitudes républicaines par rapport à tout ce qui se fait dans le pays, nous avons des lois, également des us et coutumes qu’il faut respecter», détaille-t-il. Le 1er policier du pays a promis au Khalife général des Tidianes «l’achèvement des travaux entamés dans la ville sainte», réaffirmé «les engagements du Président Macky Sall à mettre en place très prochainement un programme spécial pour la cité religieuse, avec des infrastructures routières, un approvisionnement correct en eau et en électricité de Tivaouane, qui fait partie du Programme des 10 villes». Le ministre de l’Intérieur, qui a rassuré le Khalife général sur le relèvement du plateau technique de l’hôpital, n’a pas manqué de transmettre une «promesse» du ministre de la Santé selon laquelle «en 2020, des solutions seront trouvées à ces problèmes». Est-il également ques­tion pour le gouvernement, laisse-t-il entendre, «d’ac­com­pagner le cité religieuse dans sa modernisation, son développement en 2020, ce d’autant qu’il y a plusieurs villages» rattachés à Tivaou­ane. D’ailleurs, fera-t-il savoir, «en Conseil des ministres, on a abordé les questions d’assainissement, de l’électrification de ces villages, en plus d’une bonne voirie pour faire de Tivaouane une ville moderne». Aly Ngouille Ndiaye est revenu sur la «menace» qui plane sur «notre pays avec cette poussée terroriste dans la sous-région». Il a souhaité «l’implication des chefs religieux».
Le porte-parole du Khalife général des Tidianes, Serigne Pape Malick Sy, lui, d’appeler Macky Sall à «faire preuve de dépassement et de tolérance dans certaines situations». C’est là, dit-il, «une attitude digne d’un président de la République, favorable à la stabilité sociale du pays». Il pense qu’«un chef d’Etat doit toujours pardonner, tolérer». Il raconte une anecdote à propos de Léopold Sédar Senghor, qui avait pardonné à un individu qui l’avait insulté publiquement de mère, faisant remarquer aux éléments des Forces de sécurité d’alors qu’«il ne faut pas être plus Senghoriste que Sen­ghor». Après avoir demandé aux fidèles de s’inspirer de Maodo, Pape Malick a attiré l’attention sur le fait que «la construction et la cohésion na­tionales engagent chacun de nous, musulmans, chrétiens ou autres».

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