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«Le débat sur l’état de la menace terroriste n’est peut-être pas si utile.» C’est le point de vue du ministre de l’Intérieur. D’après les explications de Aly Ngouille Ndiaye, les services de sécurité s’y attèlent et par conséquent il ne «pourrait pas dire quel est l’état de la menace». Mais une chose reste certaine : «Le gouvernement a pris les dispositions pour prendre en charge ces questions.»

Le débat sur la menace terroriste au Sénégal continue de faire couler beaucoup d’encre. Alors que Christophe Bigot, l’ambassadeur de la France, n’a pas approuvé la façon dont son homologue américain a demandé à ses concitoyens «d’éviter les hôtels au bord de la mer», c’est le ministre de l’Intérieur de monter au créneau. «Est-ce qu’il  y a un seul pays ou il  n’y a pas de menace ? Il n’y en a pas. Je ne pourrais pas dire quel est l’état de la menace (au Sénégal). Jusqu’à présent nous  avons pris les dispositions pour prendre en charge ces questions», a rassuré Aly Ngouille Ndiaye. Qui croit que le débat sur l’état de la menace terroriste «n’est peut-être pas si utile». Pour la simple et bonne raison  «qu’on doit reconnaitre qu’aucun pays n’est à l’abri. Ce n’est pas uniquement une  question de moyens. Des pays ont beaucoup plus de moyens que le Sénégal et ont été touchés.  C’est un problème qui est là. Jusqu’à présent, nous avons pris toutes les dispositions pour éviter le problème.  Il y a beaucoup de cas, de tentatives, d’efforts qui ont été faits par la police et la gendarmerie pour arrêter des gens. Peut-être que la presse n’était même pas au courant».

«Le communiqué de l’ambassade
des Usa n’était pas destiné à la presse, qui l’a amplifié»
Par ailleurs, Aly Ngouille Ndiaye regrette la façon dont la presse l’a  «amplifié». «L’am­bas­sadeur des Etats-Unis n’a pas fait un communiqué destiné à la presse, au gouvernement, mais s’est adressé à ses concitoyens. Quoi de plus normal ? S’il y a un problème des Séné­galais de l’extérieur, on s’adresse à eux. Vous (la presse) l’avez pris au rebond et l’avez amplifié alors que le communiqué ne vous était pas destiné», a-t-il déclaré vendredi passé lors de la soirée d’entrée de l’Association sénégalaise des anciens élèves et auditeurs de l’Ena de France (Asena) dont le thème est : «La déconcentration, levier de développement des terroirs.» A ce titre, ils sont nombreux les préfets et gouverneurs à réclamer plus de pouvoir pour mener à bien leurs missions. «Il faut plus de pouvoir à ces représentants de l’Etat qui ont une partie de pouvoir de l’Etat mais pas suffisamment pour une bonne mise en œuvre des politiques publiques. Car une bonne partie du pouvoir est retenue au niveau central», a reconnu Aly Ngouille Ndiaye. En effet, avec 75% des services et 80% du budget concentrés dans les grandes villes et presque la majorité dans la capitale, les autorités à l’intérieur du pays souffrent d’un manque de moyens. A cela, Aly Ngouille Ndiaye répond : «Ce plaidoyer a été déjà pris en compte par le président de la République lors du  référendum de 2016 qui porte principalement sur 15 points.  Tout est déjà mis dans la Constitution, les textes sont au niveau du gouvernement. Il faut maintenant que le gouvernement aille plus loin.»
mgaye@lequotidien.sn  

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