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Amadou Hott, ministre de l’Economie, de la coopération et du plan

Le ministre de l’Economie, du plan et de la coopération invite les Etats africains à s’appuyer sur la transformation structurelle de nos économies pour relever les défis de l’émergence. Amadou Hott présidait hier le symposium en hommage à Samir Amin.

«Parlant de transformation structurelle de nos économies, je voudrais souligner la nécessité pour nos pays de s’y appuyer pour relever les défis de l’émergence. Point d’émergence, s’il n’y pas la transformation.» Telle est la demande formulée hier par Amadou Hott, ministre de l’Eco­no­mie, du plan et de la coopération, aux pays africains. Il présidait un symposium en hommage à Samir Amin, économiste Franco-Egyptien, décédé le 12 août 2018.
A M. Hott de rappeler que durant la 1ère phase du Plan Sénégal émergent (Pse), des résultats «probants ont été obtenus plaçant le Sénégal parmi les pays à croissance rapide en Afrique Sub Saharienne». Ce­pen­dant, fait-il remarquer, cela n’est pas suffisant. «C’est pourquoi, il est nécessaire d’accélérer la transformation structurelle de notre économie et garantir la durabilité de la croissance. C’est pourquoi, l’Etat doit se focaliser sur le secteur privé pour que la croissance soit davantage plus créatrice d’emplois.»
«Gestion de la crise multidimensionnelle du système mondial : les réponses des pays du Sud», est le thème dudit symposium. Un thème pertinent, selon Amadou Hott, pour rendre un hommage à sa juste valeur au professeur Amin. «Le renforcement de la coopération sud-sud est un impératif pour le développement et une plus grande résilience de nos économies face aux chocs économiques mondiaux», croit-il savoir. Selon lui, il peut ainsi contribuer à créer davantage d’emplois, construire des infrastructures et promouvoir les échanges commerciaux sud-sud sur la base d’une solidarité et d’une commune volonté de se renforcer mutuellement.
Il appelle à ce propos à vulgariser l’œuvre de Samir Amin, de faire connaitre son travail «gigantesque» pour défendre les intérêts de l’Afrique, et ceux des pays du Sud pour les pousser à s’émanciper définitivement, économiquement. «C’est important que nous gouvernements, nous puissions nous inspirer de son œuvre. Mais également la jeunesse, pour que tout le monde puisse œuvrer pour une Afrique intégrée», appuie-t-il.
L’une des idées du Pr Amin c’était une amélioration des termes des échanges. Ce qui fait dire à Amadou Hott que, «pour l’Afrique, on ne peut plus continuer à exporter des produits agricoles sans les transformer, il nous faut la transformation sur place, pour rajouter de la valeur ajoutée et créer des emplois. Et tous les pays africains devront se focaliser sur la transformation locale».
Pour Chérif Salif Sy, président du Forum du tiers-monde (Ftm), notre monde va très mal. «Il n’est pas besoin de démonstration qui ne serait, malheureusement, qu’une compilation longue et dramatique de situations d’insécurité et d’injustice humaines. C’est dans ce contexte lourd d’incertitudes et d’interpellations que nous avons perdu notre ami le professeur Samir Amin», a-t-il dit.
Si l’on se fie aux propos de M. Sy, le Pr Samir Amin avait en effet, un très fort attachement sentimental pour le Séné­gal.  «Nous avions de la peine à le voir souffrir et s’en aller petit à petit à partir de l’année 2016. Notre consolation est de savoir qu’il a été bien entouré. Tous ici nous avons tenu bon pour arriver à ce jour mémorable…» Etreint par l’émotion, Cherif Salif Sy fond en larmes et rejoint sa place, il n’a pas pu terminer son speech.
mfkebe@lequotidien.sn

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