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Les artistes camerounais, David Noudji, et sénégalais, Lamine Ndiaye, ont participé au Fest’rire.

Kaolack a baissé les rideaux du 11ème Festival du rire et du théâtre (Fest’rire), qui a permis à plusieurs comédiens du Sénégal, de la Gambie, du Cameroun et de la Côte d’Ivoire de s’illustrer. Edition au cours de laquelle l’absence des comédiens, Tann Bombé et Per Bou Xar, a été remarquée.

Kaolack a été, du vendredi au dimanche, la capitale du théâtre et du rire. Venant de partout du pays, les comédiens et hommes du 4e art ont convergé vers la capitale culturelle du Saloum, avec dans leur besace, tout leur savoir-faire comique. Tout le long du trajet qui a mené à Kaolack, les jeunes comédiens de l’Arcots Pikine s’en donnaient à cœur joie, s’échangeant des vannes et de petites blagues plongeant leurs membres dans l’ambiance du spectacle qu’ils allaient produire à Kaolack.
A Kaolack, les retrouvailles des anciens comédiens de la troupe Daray Kocc étaient aussi teintées de rire. Toujours prompts à libérer leur parole, Bass Diakhaté, Baye Ely, Moustapha Diop, Lamine Ndiaye, Mamadou Pène, Mamadou Diack,… ont fait le spectacle avant l’heure. Au petit déjeuner, entre deux bouchées de pain et des gorgées d’un savoureux café, l’un accusait l’autre de ses compères d’être un coureur de jupons. L’autre rétorquait par une invective qui faisait marrer le petit public qui partageait leur assiette. Le même spectacle était reconduit au déjeuner. Les convives plongés dans de fous rires, oubliaient la chaleur atroce qu’il  faisait dehors.
Le soir les spectacles reprenaient leur cours, et cette fois, ils  se déroulaient en dehors des maisons, sur les scènes installées à trois endroits de la ville : terrain Deggo, terrain Ipres et Cœur de ville. Là les jeunes comédiens des sections de l’Arcots de Kaolack, de Diourbel, de Mbacké, de Touba, de Kébémer, de Thiès, de Saint-louis, de Louga, de Kolda, de Tamba, de Dakar, de Pikine et de Guédiawaye, rivalisaient de talents pour faire rire et sensibiliser le public qui aussi s’est délecté de rire jusqu’au terme du festival.

Le faux bond de Tann Bombé et
Per Bu Xar
Ils étaient tous les deux annoncés dans le programme du festival du théâtre et du rire et il était même prévu qu’ils se produisent dans plusieurs endroits de la ville. Mais personne ne les a vus pointer le bout du nez à Kaolack. A la même heure, Tann Bombé égayait le public du Grand Théâtre au détriment du Fest’rire qui l’a révélé. Per Bou Khar assurait son émission habituelle sur Tfm. Si les raisons qui les ont poussés à ne pas venir à la 11ème  édition du Fest’rire sont méconnues, certains trouvent «ingrat» que particulièrement ces deux personnes, qui ont été révélées au public grâce au festival, n’y aient pas assisté.
Du côté des pionniers du théâtre, si l’on se doute que l’argent a eu raison du devoir de reconnaissance, pour Habib Diop, c’est à verser dans le compte de l’ingratitude. «Pourquoi les jeunes se considèrent comme des vedettes ?… Per Bou khar je l’ai moi-même amené à Kaolack, parce que je le trouvais talentueux. Mais aujourd’hui les jeunes ont tendance à oublier tout cela. Mais quand on oublie ce qui nous a fait, on sera toujours esseulé comme un poil sur la tête. Moi, je serai toujours redevable à ce festival. Et je vous avoue que si le Fest’rire n’accueillait qu’une personne, ce serait moi. Je dois tout à ce festival et je suis prêt à tout donner à ce festival.»
D’autres se rappellent encore la grande prestation de Tann Bombé au Fest’rire en 2012. Mais ils ont pu se consoler avec les prestations des comédiens de la pièce Riirou tribunal.

La partition du Cameroun,
de la Gambie et
de la Côte d’ivoire
Défini comme étant une moisson d’expressions culturelles diverses entretenue dans une unité de temps, de lieu et d’action, le Fest’rire a tenu donc à brûler les barrières et à allouer une grande tribune aux Gam­biens qui sont venus avec leur troupe entière, au Came­rou­nais, David Noudji, et à l’Ivoirien, Le Saigneur du rire Raphael Sea. Pour leur première participation à ce festival, ces derniers ont surtout apprécié la symbiose entre les jeunes et l’ancienne génération. «On ne rencontre pas cela ailleurs. Vous avez ici une variété de participants, les anciens qui passent le témoin à la jeune génération», a noté le conteur camerounais, qui se félicite aussi de l’accueil très «chaleur-eux» qui lui a été réservé à Kaolack et de la créativité, de la riche gestuelle des jeunes. Il a toutefois déploré le retard accusé dans les spectacles et plaidé la cause des plus fragiles. Aussi, a-t-il invité les autorités publiques à appuyer les organisateurs de ce festival, pour un  cadre plus adéquat pour les spectacles. Le Saigneur du rire, qui a déjà participé au festival du rire de Saint-Louis, a à son tour, fustigé le lourd retard accusé dans les spectacles et qui ont négativement impacté son spectacle. «A 4 H, le public était déjà fatigué, ce sont des erreurs à éviter.» Il espère à l’avenir, plus de professionnalisme et encourage également Guedel Mbodj, le promoteur du festival, qui a mis toute son énergie pour organiser le Fest’rire et apporter de la joie aux populations du Saloum.  A propos des comédiens sénégalais, il reconnaît qu’il y a de la graine, des professionnels, mais les invite à braver l’utopie et à ne pas fournir des spectacles uniquement en langue locale.
Du côté des Gambiens, on veut coûte que coûte accueillir le Fest’rire en Gambie. Oumy Samb, chef de la délégation de Banjul, pense qu’avec le Prési­dent Adama Barrow et le nouveau gouvernement, l’espoir est permis.

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