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En cette matinée du jeudi 14 décembre 2017, le Palais de justice Lat Dior affiche un nouveau visage, mais aussi une ambiance pas comme celle des jours ordinaires. Les issues menant au temple de Thémis ont été bouclées dès les premières heures de la journée par les Forces de l’ordre. La forte présence des gendarmes et des policiers à l’intérieur comme à l’extérieur sautait à l’œil. Plusieurs pick-up ont été mobilisés par les services de sécurité. De l’autre côté, c’est la grande mobilisation des partisans du maire de Dakar. Le public présent depuis l’aurore, dit-on, ne veut pas se faire raconter ce procès juridico-politique qui a tenu en haleine le pays tout entier depuis des mois. Une file indienne est formée pour accéder dans l’enceinte du Palais de justice.

Les députés de l’opposition au secours de Khalifa Sall
Dans les deux rangs formés en fonction des sexes, on aperçoit tous les âges. Ceux qui, à un moment, donné ont perdu tout espoir de pouvoir entrer se sont mis devant le bâtiment annexe du Tribunal situé en face. Dans la mêlée, les vendeurs de café servent de gauche à droite. Ça sirote par-ci par-là et chacun y va de son commentaire sur l’issue de cette affaire. Les vendeurs de journaux et de crédits téléphoniques font aussi leur affaire. Pendant ce temps, la presse prend son mal en patience. Tous les journalistes, même ceux qui sont arrivés sur les lieux à 6 heures du matin, sont bloqués à la porte par les gendarmes sous prétexte qu’ils ont reçu des instructions.
A la deuxième porte, un autre dispositif sécuritaire est installé. Tout le monde suit le rang dans la discipline. Les personnes passent par les portiques de sécurité. Les bagages par le scanner sous l’œil d’un agent qui a plusieurs fois signalé la présence d’objets interdits d’accès dans des sacs. En plus de cela, il y a aussi les fouilles corporelles. Mais les souteneurs de Khalifa Sall et les professionnels de l’information ne sont pas encore au bout de leur souffrance, car à l’entrée de la salle 3 où se tient les procès en correctionnel du Tribunal de grande instance de Dakar, il y a encore d’autres barrières. «Ceux qui ont une assignation ou une convocation peuvent venir», lance un agent de la gendarmerie. Des témoins au procès de la caisse d’avance et d’autres venus pour d’autres affaires sont autorisés à entrer dans la salle. Les minutes s’égrènent. La foule au hall grossit de minute en minute. On annonce que la salle est déjà pleine. Dans la foule, des hommes se distinguent par le port d’écharpe vert, jaune, rouge avec une étoile de couleur verte. Il s’agit des députés de l’opposition venus soutenir leur collègue Khalifa Sall. Il y avait, entre autres, Madické Niang, Aïssata Tall Sall, El Hadji Issa Sall, Cheikh Bamba Dièye.

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