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La cour de la cave du Tribunal n’a pas seulement accueilli des partisans de Khalifa Sall. Des personnalités de l’opposition étaient de la partie. Ce fut une belle occasion de se payer le régime actuel.

Un vent frisquet s’empare de la cour de la cave du Tribunal de Dakar. Cette fraicheur n’entame en rien la détermination des partisans du maire de Dakar. La consigne est simple : se vêtir de blanc ou arborer un foulard de la même couleur. «La transparence et la paix», scande-t-on. A l’image d’un essaim d’abeilles jetées le long d’une cour, des militants socialistes pour la plupart investissent les lieux. Dans les discussions, on fait le procès du Président Macky Sall et de Ousmane Tanor Dieng. La confiance est totale quant à l’issue de l’audition de Khalifa Sall. Les politiques n’étaient pas en reste. Dans sa capacité à gonfler à bloc les militants, Barthélemy Dias débarque. Il est 10h 16. Copieusement applaudi, bien moulé dans un basin bleu, le député-maire de Mermoz-Sacré Cœur lance : «Paré guène pour xeex (êtes-vous prêts à vous battre).» Le ton est donné. La réponse est affirmative de la part de la foule.

Pse : «Plan Sénégal emprisonnement»
Affublée d’une robe blanche, une dame venue de la Médina dirige une foule déchainée. «Macky Sall et Tanor sont en train de faire la promotion de Khalifa Sall», lâche-t-elle. Pour elle, le plan Sénégal émergent du président de la République passe pour le «plan Sénégal emprisonnement». Pourtant, cette gaieté ambiante cache une inquiétude. Les minutes passent. Rien ne filtre. Khalifa Sall est toujours interrogé par la Brigade des affaires générales (Bag) logée au Palais de justice de Dakar. A l’improviste, les hommes politiques tentent d’éviter le vide en vouant aux gémonies le pouvoir en place dans la presse. Une aubaine pour les médias, notamment les télévisions stationnées devant le portail du Tribunal. Tour à tour, Banda Diop, Ousmane Sonko, Cheikh Bamba Dièye, Cheikh Guèye, Moussa Sy, entre autres, s’en donnent à cœur joie. Par à-coup, des militants, sans se soucier des réalités d’une audition à la police, tentent de forcer le destin en exigeant la libération de Khalifa. Jusqu’au début du crépuscule, leurs efforts seront vains. Rebeuss sombre dans la nuit, mais Khalifa Sall ne pointe pas le bout de son nez. Les visages commencent à se crisper, les regards deviennent hagards. Malgré les assurances de Me Aïssata Tall Sall qui promet un retour de Khalifa chez les siens, l’inquiétude plane. Et elle va durer jusqu’à 20h. La délivrance, enfin, après 9 heures. Mais, juste pour quelques heures puisque le maire de Dakar y retournera ce matin.

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