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Les coups de klaxons de voitures, et de moto combinés à l’odeur âcre, en provenance des pots d’échappement indiquent qu’on est au cœur de Dakar. A quelques encablures du marché Sandaga, juste à une rue de Orca-Dakar et face à une intersection, l’ancien service d’hygiène de Dakar, est un vieux bâtiment peint aux couleurs gris-beige.  A sa devanture les vendeurs se disputent les clients. «loy dieund garab?» (Tu achètes quoi ? des médicaments ?), demande précipitamment l’un d’eux. L’autre garde d’un œil sévère, ses marchandises, balayant de l’autre tous les passants. Un homme, d’un âge mûr, est posté à l’entrée du bâtiment. Il ouvre et referme le portail après le passage des véhicules qui entrent et sortent du bâtiment dont le pourtour est entouré d’une clôture en zinc. En à croire le directeur de la cinématographie, Hugues Diaz, c’est un homme de main du maire de Dakar- Plateau. Babacar Faye, l’homme posté devant la porte corrobore cette affirmation. M. Faye, est un vieux mécanicien, habitué des lieux, il veille au grain pour que tout se passe selon l’ordre qu’il a reçu de l’autorité municipale.
A 12h passées, les locaux de l’ancien service d’hygiène de Dakar-Plateau, étaient vides. Seules, les voitures étaient encore stationnées à l’intérieur. Ces dernières attendaient leurs propriétaires qui, renseigne-t-on, travaillent dans les sociétés aux alentours.  Pourtant deux heures auparavant, le site avait servi au rassemblement des cinéastes, venus protester contre le maire de Dakar qui, selon eux, veut faire «sien» cet endroit que l’Etat du Sénégal leur avait pourtant octroyé depuis 2008. Ce site, source de conflit, qui devrait servir à l’érection du centre technique de production cinématographique et audiovisuel, portait en ce début d’après-midi, les signes du rassemblement des cinéastes. Des pancartes, affichées ça et là, témoignent de la furie des manifestants. «Nous demandons un acte 3 de la culture !», «A bas les maires incultes !», «Ce site est si judicieusement destiné aux activités cinématographiques de par sa situation géographique. M. le Prési­dent fait en sorte que la culture participe au développement du pays», «Le cinéma c’est l’émergence de demain, le centre technique national c’est la solution pour une cinématographie prospère… », lit-on, sur divers supports.

Tous sur pieds de guerre
Dopés sans doute par leurs récentes performances à Ouaga, les cinéastes se sont regroupés pour dire, informer, demander, protester, exiger l’érection de ce Centre technique de la cinématographie et de l’audiovisuel. Pour ces cinéastes et pour tant d’autres jeunes, ce centre est une aubaine s’il est construit. Lunettes bien vissés sur les yeux, le chapeau en exergue et le sac en bandoulière, le réalisateur Adam Sie indique qu’il est venu pour montrer son mécontentement par rapport à l’attitude du maire de Dakar-Plateau. «L’Etat nous a octroyé ces locaux, qui devait nous permettre de réaliser nos produits à la postproduction. C’est injuste qu’il y ait un blocage pour un projet si important pour le développement de l’audiovisuel dans notre pays». Adam Sie, invite l’Etat à prendre ses engagements et à accompagner. Il est clair pour lui, que ce centre contribuera au moins à réduire les coûts de post production, qui sont parfois très élevés.
«C’est cher d’aller jusqu’en Europe pour une post-production. La plupart du temps, il faut avoir des coproducteurs et des partenaires à l’étranger pour faciliter la post-production mais c’est difficile», mentionne-t-il.  Même son de cloche chez Pape Abdoulaye Seck (Ndlr, le réalisateur de Sagar) et de bien d’autres réalisateurs présents à ce rassemblement qui a accueilli du beau monde.

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