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La nuit du samedi 15 juillet 2017 a été très longue pour les Mbourois, tous plongés dans l’émoi et la consternation suite au drame du stade Demba Diop qui a vu 8 des leurs perdre la vie.

Dès l’annonce de la triste nouvelle, la commune, qui vivait déjà au rythme d’une ambiance folle, a fini par basculer  dans un silence de cimetière.
L’attente fut longue lorsque les premiers supporters regagnent enfin Mbour peu après minuit. Une population sous le choc attendait déjà l’équipe et les supporters pour s’enquérir de la situation.

«Nous avons tout filmé mais les policiers ont arraché nos téléphones»
Un supporter mbourois qui a assisté à la scène d’horreur n’en revient pas. «Lorsque notre équipe a inscrit son deuxième  but, c’est en ce moment que les supporters de Ouakam ont commencé à nous jeter des pierres. Et pour échapper, nous nous sommes regroupés au fond de la tribune découverte. Ne pouvant plus contenir la foule, le mur a cédé entraînant tout le monde. C’était la panique générale, les gens ne pouvaient plus respirer et certains, qui commençaient à étouffer, ont rendu l’âme. J’ai pu compter 8 victimes et de nombreux blessés qui étaient autour de nous. Nous avons tout filmé mais les policiers ont  arraché nos téléphones pour écraser nos vidéos», a dénoncé Matar.
Son œil enflé avec quelques points de suture sur la tête, le regard hagard, Loulou, un autre supporter, dit avoir échappé à la mort. «C’est très dur à expliquer, des jeunes de moins de 30 ans ont perdu la vie dans des conditions inhumaines, lorsque les supporters de Ouakam ont commencé à jeter des pierres. Nous avons pris la fuite pour sauter et aller vers la pelouse, c’est en ce moment-là que les policiers ont lancé des grenades lacrymogènes, c’était vraiment triste.»
Les familles des victimes sont toujours sous le choc. C’est le cas de la famille de Wolimata Fall, 31 ans, qui réside au quartier 11 Novembre. Son oncle n’a pas les mots pour raconter la douleur que la famille est en train de vivre. «C’est la seule fille parmi les victimes. Notre objectif c’était d’aller faire la fête mais la réaction des Ouakamois nous a surpris. En plus de ma nièce qui est morte, ma femme a été blessée à la jambe ; nous avons quitté l’hôpital vers 5h pour venir à Mbour», raconte Baye Ass Ndiaye.
Même  son de cloche dans les familles des autres victimes, telles celles de Assane Dione, âgé de 15 ans et Assane  Faye, 17 ans, habitant tous les deux au quartier Thioce. Il y a aussi Charles De Gaulle Gomis, 19 ans, étudiant en année de Licence qui loge au quartier Darou Salam. Boucounta  Sow, 17 ans, habitant le quartier  Thioce. Baba Seydi Diouf, 36 ans, sis au quartier Château d’eau. Il était  basketteur dans l’équipe du Stade de Mbour. Khalifa Mbaye, 17 ans, un élève qui attendait les résultats du Bfem, habitant au quartier Tefess et enfin Niokhor Diouf dont l’âge  n’a pas été déterminé. Au niveau de toutes ces familles qui font le deuil, la seule attente est de voir les coupables punis.
D’ailleurs, une caravane est prévue aujourd’hui pour venir à Dakar récupérer les corps des 8 disparus.
abciss@lequotidien.sn

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