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Une grosse explosion de joie a accueilli le premier but officiel de la Guinée-Bissau qui a réussi l’exploit de décrocher le match nul devant le pays hôte -le Gabon-, en match d’ouverture de la Can 2017, a constaté un reporter de l’Aps. Réunis dans un célèbre bar-restaurant à Gou­mel, un quartier résidentiel de Ziguinchor (sud), les ressortissants bissau-guinéens de Ziguin­chor ont suivi le premier match de leur pays en Can. Arborant les couleurs nationales, des filles et des garçons, en majorité des étudiants à l’Uni­ver­sité Assane Seck de Ziguin­chor ou dans des institutions universitaires privées, ont chanté et dansé à qui mieux mieux. Applaudissements, cris de joie et bruits de chaises ré­son­naient à la moindre occasion des Djurtus, surnom de l’Equipe nationale bissau-guinéene.
L’ambiance était ainsi à son comble, lorsqu’à la 89e minute, les Djurtus obtiennent un coup franc anodin. Zeninho, capitaine et véritable star à Bissau, dépose la balle sur la tête d’un attaquant qui, surgit de nulle part, remet les pendules à l’heure. L’ex­plo­sion de joie qui s’en est suivie dans le bar n’épargne pas le téléviseur, dont le fil électrique est débranché dans le mouvement de foule. Une foule déchaînée prend alors d’assaut tout le coin. Les bouteilles posées à même le sol sont renversées, déversant leur bière dans le bar. L’écran du téléviseur met du temps à se rallumer. Ainsi, il a fallu attendre plusieurs minutes sans que personne ne sache le joueur qui est entré dans l’histoire en marquant le premier but de la Guinée-Bissau en phase finale de Coupe d’Afrique des nations. «Quel but de Frédéric Mendy ! C’est magnifique», s’aventure un supporter, sans faire attention aux images. Plus tard, les supporters apprendront que c’est l’attaquant Juary Soares qui est l’auteur du but historique. De toute façon, le match était déjà terminé. La Guinée-Bissau a réussi à tenir en échec le Gabon de Pierre Emrik Auba­meyang à domicile au grand bonheur du «12e Djurtu». «La Guinée-Bissau n’est pas ridicule et elle ne sera jamais ridicule. Elle s’est bien comportée à la face du monde. C’est vraiment merveilleux», s’enthousiasme Gilberto, dont la fin des propos se perd dans un grand brouhaha. Une bouteille de bière à la main, un drapelet autour du cou et habillée d’un maillot de l’équipe nationale de son pays, une fille, la voix presque cassée, lance : «Nous allons nous qualifier pour la finale. Il n’y a plus de doute. Nous allons émerveiller le monde. Nous ne sommes pas un petit pays et nous allons le démontrer à tous.»
Devant ces jeunes bissau-guinéens déchaînés et dans un état presqu’enivrant, rien ne semble plus impossible pour leurs héros du soir, même pour le Cameroun, leur prochain adversaire. «Nous allons +manger+ les Lions du Cameroun lors du prochain match. Le Cameroun est une grande équipe, mais nous sommes plus grands», ose un étudiant avant de s’éclipser pour aller esquisser quelques pas de danse au milieu d’un groupe visiblement pas très lucide. Goumel, un des fiefs des ressortissants bissau-guinéens à Ziguinchor, était déjà plongée, vendredi après-midi, dans une ferveur peu commune, à la veille du premier match de l’Equipe nationale bissau-guinéenne en phase finale de Can.

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