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L’absence de salles de cinéma ne doit pas être un obstacle à la diffusion des films africains. L’association Baraka Global art a fait de cette conviction son cheval de bataille. Tous les quinze jours, l’association organise à la Maison des cultures urbaines de Ouakam un cinéclub, en attendant d’autres évènements artistiques.

La rareté des salles de cinéma dans le pays fait que beaucoup de réalisateurs peinent à faire visionner leurs films. Acteurs du secteur audiovisuel et artistique, les membres de l’association Baraka Global art ont initié un espace de diffusion et de d’échanges avec les auteurs sénégalais. Ce cinéclub, qui se tient tous les quinze jours à la Maison des cultures urbaines de Ouakam, permet ainsi de créer un pont. «On est parti du constat qu’il n’y a pas beaucoup de salles de cinéma. Mais on constate aussi que les films africains sont primés un peu partout parce que ce sont des films de qualité. Seulement, le public africain peine à voir ces films et c’est assez dommage», explique Makha Bao Fall, responsable du pôle cinéma de l’association. Selon M. Fall, le pari de l’association «c’est d’essayer de diffuser tous les films qui sont dans les tiroirs des réalisateurs et aussi les films africains à succès qui n’ont pas eu l’occasion d’être vus ici en Afrique».
Makha Bao Fall poursuit en expliquant que même s’il y a quelques salles de cinéma, elles ne sont pas accessibles à tous. «Il faut que les Africains puissent voir leurs films, les films faits sur eux et par eux. Et le cinéclub de Baraka est un espace qui n’est pas seulement destiné aux réalisateurs à succès mais aussi à tous les jeunes réalisateurs qui n’ont pas les moyens de faire distribuer leurs films». Tous les quinze jours, des jeunes et des moins jeunes ayant en commun leur passion du cinéma, se réunissent dans une salle de projection. «Nous privilégions l’aspect participatif dans tout ce que nous faisons. Je suis un acteur du cinéma, je suis monteur donc j’ai eu l’occasion de travailler sur beaucoup de projets dont certains ont été primés. Mais les gens me demandaient tout le temps comment faire pour voir ces films. Du coup, au niveau associatif, je me suis dit pourquoi ne pas utiliser mes contacts pour aller directement parler aux producteurs, aux auteurs et les convaincre de venir montrer leurs films», explique M. Fall.
Le vendredi dernier, c’était au tour de Mamadou Sellou Diallo, réalisateur et enseignant en cinéma, de présenter son film Le collier et la perle. Dans ce film, le réalisateur adresse une lettre à sa fille. Il filme le processus de la naissance en montrant les traces de souffrance vécue par la mère pour enfanter. Mamadou Sellou Diallo documente ainsi une violence que les femmes transmettent elles-mêmes à leurs enfants, qui sont préparées dès la naissance à la féminité. Massage sculptant le corps, piercing et autres sont ainsi les prémices de cette violence que l’auteur touche du doigt. Ainsi, un partenariat noué avec la Direction de la cinématographie ouvre à l’association un catalogue de films sénégalais comme celui de la réalisatrice Angèle Diabang sur le Prix Nobel de la paix 2018, le Dr Denis Mukwegue, qui devrait être bientôt au programme.
Baraka qui réunit des jeunes désireux de promouvoir la création, s’ouvre également à d’autres formes artistiques. Très bientôt, les mélomanes pourront jouir d’un nouvel espace d’expression, le Kandang live music. «Le cinéclub est la branche cinématographique du Baraka Global art. C’est une association qui est active dans différents secteurs artistiques : théâtre, danse, musique, art plastique et numérique. Nous allons créer des projets qui vont permettre d’avoir des évènements ciblés sur ces différentes expressions artistiques. Il y a le cinéclub mais il y aura bientôt le Kandang live music. Il y a aussi baraka danse, des cours de danses dont le but final est la création d’un spectacle», informe M. Fall.
mamewoury@lequotidien.sn

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