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Utiliser les langues nationales pour améliorer les apprentissages scolaires et réduire l’échec scolaire dès les premières années du cycle fondamental. Tel est le challenge du ministère de l’Education nationale, qui a lancé ce jeudi le Programme national de lecture à Kaffrine. Un programme financé par l’Usaid pour un coût total de 45 milliards de F Cfa sur une période de 5 ans avant sa mise en échelle.

(Envoyée spéciale à Kaffrine) – L’apprentissage de la lecture, un facteur de la qualité. C’est là la nouvelle approche du ministère de l’Education nationale, qui a procédé ce jeudi à Kaffrine au lancement du Programme national de lecture dans le cadre des activités de la Semaine nationale de l’école de base. Ce programme d’une envergure nationale est financé par l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (Usaid), pour un coût total de 45 milliards de francs Cfa sur une période de 5 ans. Il sera exécuté par un Consortium d’organisations non gouvernementales dont la coordination est assurée par Chemonics International.
La mise en œuvre de l’initiative du Programme de lecture fait suite à un constat. «De nombreux élèves du Sénégal peinent à lire durant les premières années du cycle fondamental», souligne Lisa Franchett, directrice de l’Usaid. Or, indique le ministre de l’Education nationale, «la lecture est la discipline fondamentale, la clé de tous les apprentissages». Ce programme va ainsi s’appuyer sur les langues nationales pour améliorer les enseignements en français. Pour la phase- pilote, trois langues ont été choisies. Il s’agit du wolof, du pulaar et du sérère. «Trois langues qui seront enseignées dès le début de la scolarisation, durant les premières années du cycle fondamental (Ci, Cp et Ce1) dans les régions de Kaffrine, Kaolack, Louga, Matam, Saint-Louis, Diourbel et Fatick», cite Serigne Mbaye Thiam, qui ajoute que ce programme va toucher 600 mille élèves, 420 écoles, 15 200 enseignants et 100 daaras. Pour le ministre de l’Education nationale, la mise en échelle se fera au bout de cinq ans.

600 mille élèves et 420 écoles concernés
Le choix des langues nationales dans la recherche de qualité s’explique. Selon la directrice de l’Enseignement élémentaire, Khady Diop Mbodji, «l’élève qui apprend à lire dans sa langue, la langue qu’il maîtrise, parvient plus facilement à lire en français car les lettres sont les mêmes». Pour la directrice de l’Usaid, c’est plus efficace d’apprendre à l’élève à lire dans sa langue. Aussi «la transversalité de la lecture va permettre aux élèves d’être performants même dans les autres matières car la lecture est la porte de tous les savoirs», renchérit Serigne Mbaye Thiam.
Pour autant, le pari n’est pas gagné. «Il va falloir convaincre les parents. Leur expliquer ce programme», prévient Adama Diouf, président de l’Union des associations d’élus locaux. A cet effet, l’autorité a réitéré son appel, car, selon elle, la réussite de ce programme dépend de la mobilisation et du soutien des parents d’élèves. Quant à l’Usaid, qui apporte une assistance technique et financière à ce programme, elle a appelé également les parents à s’engager et à soutenir la lecture initiale pour les élèves.
Pour mener à bien ce programme, l’Agence américaine s’engage à confectionner des manuels et guides scolaires dans les trois langues choisies. Des sessions de formation pour les enseignants, des programmes de recherche, de suivi-évaluation sont également prévues, annonce la directrice de l’Usaid.

ndieng@lequotidien.sn

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