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Les six pays membres du Cilss (Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel) joignent leurs efforts pour un cadre harmonisé de production, de traitement et de diffusion de l’information relative à la sécurité alimentaire. Les experts sont en conclave à Dakar. Ils veulent améliorer la qualité des indicateurs nutritionnels collectés à travers des enquêtes pérennes pour aider à la prise de décision et réduire les problèmes graves de la malnutrition dans la région.

Les 6 pays membres du Cilss (Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel) veulent améliorer la qualité des indicateurs nutritionnels collectés à travers les enquêtes pérennes (sécurité alimentaire, enquêtes agricoles et sites sentinelles). Des données de qualité pour pallier les insuffisances constatées dans la région. Un cadre harmonisé de production de traitement et de diffusion d’informations de qualité des indicateurs nutritionnels s’impose. Le colonel Aliou Diouf, secrétaire permanent du Cilss-Sénégal, parle de défi et souligne le caractère transversal des questions liées à la nutrition ou à l’insécurité alimentaire.
L’insécurité alimentaire con­cerne les ministères de l’Agricul­ture, de l’Elevage, de la Santé et de l’Environnement. «C’est très difficile d’avoir des indicateurs qui satisfont aux besoins informationnels de l’ensemble du gouvernement de chacun des pays concernés dans ce programme : Burkina Faso, Mali, Niger, Sénégal, Tchad et le Togo», reconnait-il. Martial Sy Traoré ajoute aussi qu’il y a le fait que la nutrition est du domaine sensible. «Souvent, il y a des difficultés du point de vue méthodologique, organisationnel et budgétaire. Ce qui fait que certaines informations ne sont pas très bien collectées, ni validées au niveau national et ne sont pas consensuelles», admet-il.
Autant de raisons qui ont poussé les pays du Sahel à organiser cet atelier régional pour mettre en place un dispositif de production d’informations de qualité en ce qui concerne la nutrition. Les acteurs qui produisent ces informations dans les pays membres vont se mettre ensemble pour discuter et s’accorder sur les éléments de méthodologie qu’il faut pour pouvoir mesurer l’insécurité alimentaire aiguë dans le Sahel et l’Afrique de l’Ouest. Les experts vont travailler avec les partenaires pour assurer le suivi et apporter aux pays concernés un soutien financier. Les 6 pays vont présenter chacun son rapport qui sera étudié et analysé. Car, il ne s’agit pas d’avoir des données nationales, mais il faut des données plus  globales du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest.
Ces informations relatives à la sécurité alimentaire, collectées à travers les enquêtes pérennes, vont aider à la prise de décision. «Si on produit des informations qui ne sont pas pertinentes, on oriente le pays dans le mauvais sens et un pays ne peut pas être géré sur la base de la mauvaise prise de décision», soutient le colonel Diouf.

50 voire 55% des enfants meurent de maladies courantes
Cet outil est donc une nécessité pour le représentant de l’Unicef, Noel Zagré. Il estime qu’il faut des solutions urgentes pour résoudre le problème de la nutrition. «Des études ont montré que 45% des enfants de moins de 5 ans, qui meurent des maladies courantes, auraient survécu s’ils n’étaient pas malnutris. Dans certains pays africains, on estime ce chiffre à plus de 50% voire 55% en fonction des conditions de vie», regrette-t-il. Au-delà des questions de mortalité, indique M. Zagré, il y a un autre problème de malnutrition qui touche les enfants. C’est celui du retard de croissance. «Il impacte les fonctions cérébrales et humanitaires de l’enfant», révèle-t-il. Le spécialiste des questions de nutrition a indiqué que les enfants malnutris perdent une année scolaire complète. «Des chiffres montrent également que lorsque les enfants sont malnutris, à l’âge adulte, ils enregistrent une baisse de leur revenu de 16% par rapport à leurs congénères qui n’ont pas été malnutris. L’Economie nationale s’en ressent aussi», révèle-t-il.
ndieng@lequotidien.sn

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