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Dans l’équipe de tournage qui accompagne constamment le réalisateur de «Dérapages» Abdou Lahat Wone, Amina Guèye, la costumière, se signale par son entrain, son enthousiasme et sa passion du métier. Accrochée entre deux scènes, elle raconte son travail et partage sa passion.

Sur sa tête, son tissage forme un casque de cheveux hirsutes entourant un visage d’un teint éclatant. Le haut en dentelle d’un design élaboré lui donne un air à la fois chic et décontracté. Debout au milieu de valises remplies de vêtements, elle assure avec calme et sérénité les petits imprévus qui ne manquent jamais de se poser lors d’un tournage en exterieur. Amina Guèye est la costumière plateau de la nouvelle série du réalisateur sénégalais Abdou Lahat Wone. Cette diplômée de l’Ecole nationale des arts du Sénégal est avant tout une passionnée. C’est sans doute la raison pour laquelle, durant son cursus universitaire à l’Ucad, elle était très vite devenue une adepte de l’atelier de théâtre Isseu Niang. Sous l’encadrement de Gora Seck, elle fait ses premières armes. Mais c’est sa grande sœur, Maguette Guèye, qui lui met le pied à l’étrier. «Je suis venue au cinéma par hasard. Je suis styliste de formation et j’ai un peu travaillé avec ma sœur. Ensuite, j’ai continué et j’ai commencé à avoir d’autres contrats», raconte-t-elle avec un gros sourire. Une première collaboration avec Buzz studio sur la série Tundu wundu lui ouvre de nouveaux horizons. «Je me suis quand même découvert une passion pour ce job. J’aime bien habiller les gens et surtout les voir très bien habillés et stylés. Je m’amuse quand je travaille, même si parfois c’est difficile.» Son travail n’est en effet pas simple. «Pour chaque personnage, on définit son style en relation avec le directeur artistique. On fait une garde-robe pour chaque acteur. Des fois, s’il y a un imprévu, les acteurs peuvent nous prêter ou on emprunte dans le plateau. L’essentiel c’est que l’acteur soit habillé», explique Amina. Le plus compliqué étant les tournages à l’extérieur. «Quand on a des séquences extérieures, on prépare des vêtements. Et c’est la chose la plus compliquée parce qu’on est obligé de prendre en compte les raccords. Des fois, on se retrouve avec trois valises, et ce n’est pas évident. Des fois aussi, on a tendance à oublier des petits détails comme les ceintures, surtout dans les raccords.» Chargé de veiller minutieusement à la bonne uniformité des tenues d’une scène à l’autre, le travail de Amina demande une attention de tous les instants. «Mon rôle c’est d’habiller les acteurs, de me charger des raccords, de prendre soin de leur habillement. Pour toutes les séquences, il faut que l’on retrouve les mêmes tenues, les mêmes accessoires. Et ça fait beaucoup de bagages.» D’où viennent ces habits ? Selon Amina, la production en achète certains, les acteurs aussi y vont de leur garde-robe. Mais de plus en plus, les stylistes utilisent ce canal pour accroître leur visibilité. «On a des partenariats avec des stylistes. C’est le nouveau système qu’on a mis en place. En contrepartie des tenues qu’ils mettent à notre disposition, on leur fait de la pub, un petit placement ou une mention dans le générique. Mais ça se négocie avant le début du tournage», explique Amina. Entre deux prestations, la costumière poursuit son rêve. L’appétit vient en mangeant, dit-on. Celui de Amina ne cesse de grandir dans ce milieu où elle a laissé éclore son style.

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