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«Fal Khalifa», élire Khalifa Sall président de la République, c’est l’ambition de Aminata Diallo à travers son mouvement. Cependant, il faut que le maire de Dakar sorte de prison, même si la responsable socialiste n’a «pas grand espoir» dans ce «procès politique». Jointe par téléphone hier, l’ancienne députée livre ses raisons et se prononce sur la procédure d’exclusion du Ps qui vise Khalifa Sall et Cie.

Comment allez-vous vous organiser pour la journée du 3 janvier avec l’ouverture du procès de Khalifa Sall ?
Je dois d’abord saluer l’élan de solidarité tant du côté des «khalifistes» que des Dakarois à l’égard de leur maire. Je suis sûre que le 3 janvier prochain, la mobilisation sera plus grande. La dernière fois, des partisans du maire sont venus des régions. Ils savent qu’il s’agit d’un procès politique. Ce que nous pouvons dire, c’est que la mobilisation sera plus grande lors de la prochaine audience.

Il y a quelques jours, Khalifa Sall a introduit une requête en annulation du procès. Finalement, on a l’impression qu’il ne veut pas aller en procès ?
Ce n’est pas une question de ne pas vouloir aller en procès. Sachant que nous sommes dans un procès politique, il y a des procédures que nous donne la justice et que les avocats de Khalifa utilisent. A ce niveau, il n’y a pas de problème, car la loi le permet. Nous sommes dans un procès pour lequel personnellement je n’ai pas grand espoir. Avec tout ce qui s’est passé, les droits de Khalifa ont été bafoués depuis le début. Par conséquent, il n’y aura pas de grosses surprises.

Voulez-vous dire que Khalifa Sall sera condamné ?
Condamné ? Je n’irai pas jusque-là. Mais si cela arrivait, ce ne serait pas une surprise. Si on voit la détermination des gens qui l’ont mis en prison, on sait qu’ils veulent la condamnation. Je veux nommer Macky Sall qui instrumentalise la justice pour liquider des adversaires.

Dans l’actualité de votre parti, il y a cette procédure d’exclusion de Khalifa Sall et de ses proches. Que pensez-vous de cette initiative du Secrétariat exécutif national ?
Je rappelle qu’en 2014, notre secrétaire général Ousmane Tanor Dieng a été sur une liste opposée à Benno bokk yaakaar à Nguéniène. Donc, si on doit commencer à exclure, Tanor devait être le premier sur la liste. La direction du parti fait du deux poids deux mesures.

En une semaine, la direction a annoncé 3 dates pour votre exclusion. D’abord début janvier, puis le 23 décembre et finalement le 30 décembre. Comment com­prenez-vous cela ?
Ces contradictions s’expliquent par un manque de sérénité dans les rangs de la direction du parti. Le parti de Senghor, ce n’est pas n’importe quel parti. Ce n’est pas un Secrétariat exécutif qui peut exclure un militant. S’il le fait, c’est illégal. Pour exclure un militant, il y a tout un processus.

En tout cas, le Bureau politique va entériner ces exclusions le 30 décembre prochain…
Même le Bureau politique ne peut pas nous exclure. Il y a toute une procédure. Une commission de discipline a été créée lors du dernier congrès qui doit entendre les personnes concernées. Cela n’a pas été fait. C’est vrai, on ne nous convoque plus dans les instances du parti, mais nous restons des militants. On nous accuse de violer les règles du parti, mais que fait la direction ? Depuis quand Ousmane Tanor Dieng n’a plus convoqué le Comité central qui doit se réunir tous les 4 mois ?

D’où cette plainte de Barthélemy Dias contre la direction du parti qui aboutira à un procès prévu le 8 janvier prochain…
Barthélemy Dias est dans ses droits de porter plainte contre la direction du parti. C’est un responsable qui considère que les statuts ont été, à juste titre, violés. Nous pensons que le 8 janvier, le droit sera dit.

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