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Aminata Mbengue Ndiaye dit être dans le temps de l’action. Par conséquent, elle est peu prolixe sur la démarche des dissidents du Ps conduits par Khalifa Sall qui «anime le débat de bas étage». A ce denier, la présidente du Mouvement national des femmes socialistes avertit que nul ne peut dévier le Ps de sa trajectoire. Dans cet entretien réalisé hier, en marge d’une réunion des femmes socialistes à la Maison du parti, le ministre de l’Élevage a également minimisé les mesures de rétorsion d’Israël à l’égard du Sénégal.

Quel est l’objet de cette rencontre initiée par le Mouvement national des femmes socialistes ?
C’est une rencontre de concertation des présidentes des Unions régionales des femmes du Parti socialiste. Notre réunion a enregistré la présence de la présidente de Vision socialiste (Aïssatou Diagne Ndiaye, Ndlr). C’est une réunion de mobilisation et d’animation de notre mouvement dans le but d’élaborer un plan d’actions et de discuter d’abord des questions qui concernent le parti. Nous allons mener dans ce sens des actions au niveau des régions. Nous avons fait une tournée qui a regroupé la région de Fatick, de Kaffrine et de Kaolack et avons décidé de faire trois autres régions afin de boucler le programme d’ici les prochaines élections. Aujourd’hui, tous les états-majors politiques de notre coalition sont en train de s’organiser pour donner le maximum de chance à Benno bokk yaakaar. Vous le savez, les coordinations du Ps se sont déjà prononcées et de façon très large pour que le parti aille à ces élections dans le cadre de la coalition Benno bokk yaakaar. Nous avons pu avoir leur aval pour pouvoir travailler et continuer à travailler dans la coalition. Nous allons remobiliser nos bases pour les sensibiliser et les encourager à aller s’inscrire sur les listes électorales. C’est le meilleur moment de les sensibiliser sur l’importance qu’il faut accorder à cette question. Nous avons enregistré la présence du secrétaire général Ousmane Tanor Dieng qui nous a galvanisées en nous demandant de nous mobiliser de façon très forte pour les élections à venir en animant les bases, des comités aux sections en passant par les coordinations.

Par rapport à la vie de votre parti, des responsables qui contestent la décision d’aller avec Benno bokk yaakaar, ont décidé de traduire la direction du parti en justice pour «faux et usage de faux»…
Nous avons dépassé cette question. Le temps de l’action n’est pas le temps de la parole. Khalifa Sall et son groupe sont encore dans le temps de la parole. Nous nous engageons à relever les défis qui font face à nous. Ce groupe excelle dans les petites querelles. Nous, nos défis concernent le développement, la marche et l’émergence du Sénégal. Nous n’allons plus nous attarder sur des égarés qui tentent de semer la division au sein du parti. Leurs actions seront vaines. Nous les laissons animer ce débat de bas étage. On n’est plus à leur niveau.

Vous parlez de tournée pour faire la promotion de Benno bokk yaakaar, mais Khalifa Sall mène sa tournée dans le Nord du Sénégal sans l’aval du parti. Que pensez-vous de cette attitude du maire de Dakar que le secrétariat exécutif national du parti qualifie de «fractionniste» ?
C’est son problème. Il faudra lui poser cette question. Je n’en pense absolument rien. Il n’a qu’à faire ce qu’il veut. En tout cas, Khalifa ne peut pas dévier le parti de sa trajectoire.

Seriez-vous pour leur exclusion ?
On n’en est pas encore là. Le parti va trancher cette question au moment opportun. Nous regrettons les actions de ces responsables. Encore une fois, on les appelle à savoir raison garder et à revenir travailler pour le parti.

Êtes-vous de ceux qui réclament des sanctions à leur égard ?
Peut-être que ce moment viendra. C’est une décision qui sera prise par le parti. Nous, par contre, nous nous attelons à travailler pour notre parti et à fortifier nos rangs.

En tant que membre du gouvernement, quelle appréciation faites-vous de la décision d’Israël de geler sa coopération avec le Sénégal ?
Le Sénégal est un pays indépendant. Depuis près de 40 ans, notre pays préside aux Nations unies, les questions de la Palestine. Sous ce rapport, il n’y a pas de problème. Sur la question qui concerne la colonisation et les constructions qui sont en train de se faire sur le territoire palestinien par Israël, la position du Sénégal est légitime. Nous comprenons la décision d’Israël qui est la position d’un Etat par rapport à un autre. Mais c’est leur problème.

Mais ce gel de la coopération avec l’Etat hébreu ne risque-t-il pas d’affaiblir le Sénégal ?
Ces mesures ne peuvent pas nous empêcher de dormir. En dehors de la ferme de Keur Momar Sarr et quelques projets, ce n’est pas cela qui fait vivre les Sénégalais. Les Sénégalais sont en train de se mobiliser pour leur propre émergence et par leurs propres moyens.

Le Président Macky Sall se glorifie souvent d’avoir fait mieux que ces prédécesseurs en termes de réalisations. Vous ne sembliez pas être d’accord et votre réponse récemment avait suscité une polémique ?
(Elle coupe un peu énervée) Il ne faut pas revenir sur des questions de cette nature. Chaque président, de Senghor à Wade, en passant par Abdou Diouf, a apporté sa pierre à la construction de notre pays. Chacun a eu à réaliser ses projets et programmes. Maintenant, c’est tout à fait normal que le Président Macky Sall dise qu’il a fait mieux que les autres. C’est son droit le plus absolu.

À votre avis, a-t-il fait mieux que les autres ?  
En tout cas, ce que nous observons, c’est que Senghor a fait son temps. Diouf a réalisé beaucoup de choses pour son pays. Pour chacun d’entre eux, j’aurais pu égrener un certain nombre de réalisations très significatives.

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