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Le ministre de l’Elevage et des productions animales a présidé lundi un Comité régional de développement (Crd) à Sédhiou. La rencontre qui s’est tenue à la Chambre des métiers a permis à Aminata Mbengue Ndiaye et son équipe de s’imprégner de la situation à Sédhiou et  d’échanger sur les différents projets et programmes de leur ministère.

Faisant l’état des lieux au ministre, le tout nouveau chef de service régional des services vétérinaires a mis l’accent sur les performances et les difficultés que rencontrent les éleveurs à Sédhiou.  L’hôte du jour a trouvé ce rapport  exhaustif car «prenant en compte les préoccupations de la région  en terme de projet qu’il faut développer pour la modernisation de l’Elevage». Aminata Mbengue Ndiaye qui s’est prêtée aux questions des éleveurs et des agents du secteur a décrypté leurs messages et a trouvé des réponses à leurs préoccupations. Elle s’est réjouie des résultats obtenus dans le cadre de la campagne de vaccination pour 2016 à Sédhiou et annonce que son équipe prépare activement, celle de 2017. «La région a fait des progrès dans le cadre de la vaccination. Mais comme l’Organisation mondiale de la santé animale nous a demandé de faire 80%  de taux de vaccination sur le cheptel, nous avons demandé de faire encore davantage d’efforts pour pouvoir se rapprocher de cette norme internationale qui est imposée à tous les pays. Des efforts vont se faire du point de vue de la logistique pour aider les agents à se déplacer de manière autonome au niveau des zones ciblées. Tout est bien planifié au niveau de la région de sorte que la campagne puisse se dérouler au mois de novembre à octobre. La période la plus propice est celle durant laquelle les animaux sont parqués. Pour ce qui est de la disponibilité du vaccin, nos services prendront toutes les dispositions pour répondre aux besoins de la région», indique le patron de l’Elevage, non sans rappeler que le vaccin est obligatoire. «Certains éleveurs refusent de faire vacciner leurs animaux, mais ces contraintes doivent être levées par la sensibilisation et l’information».
Le manque de parc à vaccination a été également posé. Selon le ministre, cette absence est due au manque de projet  au niveau de la région. Dès lors, elle a souligné que dans le cadre du budget d’investissement consolidé, l’Etat doit faire une discrimination positive pour Sédhiou dont les différentes communes doivent être dotées de parcs à vaccination. «Nous avons suggéré aux éleveurs de voir avec le ministère en charge des Collectivités locales les fonds dédiés leur permettant d’avoir des infrastructures dans la commune», indique-t-elle.  Elle se dit tout de même, rassurée par la mairie de Sédhiou qui annonce la construction d’un marché à bétail.  «L’infrastructure va coûter 40 millions de francs Cfa dans le cadre du Pndl», informe Abdoulaye Coly, premier adjoint au maire.

Un marché à bétail en vue
Sur un autre registre, la divagation des animaux  est abordée. Aminata Mbengue Ndiaye reconnait que celle-ci reste un problème réel et pour amoindrir les dégâts et mettre fin au conflit qui en découle, elle a suggéré la mise en place d’un parcours du bétail.
Parlant de la sécurité alimentaire du cheptel, elle a relève un paradoxe. «Il y a de l’eau, des pâturages, mais les feux de brousse constituent un danger pour le tapis herbacé». Toutefois, elle a invité les éleveurs à explorer les cultures fourragères pour juguler le mal. «Nous allons insister sur la formation et la sensibilisation des éleveurs pour améliorer le foin et la paille à travers différentes techniques de traitement», annonce-t-elle. Abordant la lancinance question du vol de bétail le ministre reconnait que celui-ci «reste un problème crucial qui décourage les éleveurs, surtout à cause de la non application des sanctions dans le code pénal et le code de procédure pénale». Elle prône ainsi, l’application stricte de la loi et la tolérance zéro. «C’est un délit qui est criminalisé, hélas les voleurs passent quelque temps en prison et viennent narguer les propriétaires», déplore Aminata Mbengue Ndiaye, qui se dit tourmentée par cette situation. A son avis, «ça peut poser des problèmes de représailles  que nous sommes en train de ressentir dans certaines régions .C’est la raison pour laquelle le chef de l’Etat nous a donné des instructions formelles pour reprendre le libellé qu’il y a dans les articles du code pénal et du code de procédure pénale pour qu’il n’y ait plus d’équivoque et d’interprétation possible. Par rapport à qui est éleveur et qui n’est pas éleveur. Celui qui tire l’essentiel de ces revenus de l’élevage et celui qui a investi plus que lui».
odemba@lequotidien.sn

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