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Cinq ans de gestion. Le régime du 25 mars a encore beaucoup et mieux à faire. La rupture a du mal à s’affirmer. On avance sur certaines questions, puis on recule. Il ne reste que 2 ans.

Le 25 mars, c’était la mort d’un régime, agonisant depuis les Locales de 2009, qui devrait, selon la volonté exprimée par les Sénégalais, emporter avec lui ses tares. Et ses retards dans nombre de domaines, notamment le progrès démocratique. Parce qu’en vérité, le 19 mars 2000, de la même manière, les mêmes Sénégalais avaient décrété la fin des Socialistes, sur le départ depuis les Législatives de 1998. On n’oubliera jamais ce mois qui fait et défait des régimes, des hommes et leur pouvoir. Mais à l’épreuve, l’on se rend compte que tous marche à reculons. Regardez, le «messie» Abdoulaye Wade qui était venu avec ses idéaux et théories qui avaient fait rêver plus d’un. Jusque dans le continent avec ses projets panafricanistes qui n’ont pu résister à un syndicat de dictateurs et despotes jaloux de leurs mandats illimités. On connaît les limites de la fougue du néophyte donneur de leçons. Un retour au quinquennat le temps d’une réélection. Et puis, le naturel septennat revient. Pour de bon. Regardez cette tendance à sortir des institutions qui n’ont, en réalité, pour seul et unique finalité que de caser une clientèle politique au chômage. Une sorte d’emplois publics inutiles à la place d’investissements conséquents et durables dans le privé, principal pourvoyeurs d’emplois. Les grands chantiers et leur lot de scandales feront oublier les résultats. Et, dans un contexte de grâce, mais aussi de forte demande de reddition des comptes, même les abus de pouvoir sont autorisés et tolérés. Les Socialistes paieront par des convocations à une Division des investigations criminelles (Dic) qui restera la hantise de ceux qui n’ont pas répondu à l’appel à la transhumance.

25  comme le nombre de ministres promis
Mais bon, c’est une désillusion continue. Puisque les fruits du 25 mars 2012 ne sont pas encore meilleurs que ceux du 19 mars 2000. Sous ces angles en tout cas. Le 25 mars, c’était aussi l’espoir de voir un autre 25 : le nombre de ministres promis par le candidat Sall. Macky le fit pour quelques mois. Et puis, c’est le premier saut dans le reniement, par un remaniement à la trentaine. Le «meilleur» est à venir avec un quinquennat qui ne le sera que dans la bouche et qui n’engagera que ceux qui y avaient cru. Le 16 février 2016, le chef de l’Etat décide, sur la base de l’arrêt du Conseil constitutionnel, de prolonger son mandat et de convoquer le 20 mars un référendum pour l’adopter, dans un paquet de réformes constitutionnelles et institutionnelles. Sacré mars ! Bref rappel. Lorsque tout le monde avait applaudi la suppression du Sénat budgétivore (100 membres) au nom du soulagement des sinistrés de 2012, ce n’était que pour en créer un autre, sous une autre forme. Le Haut conseil des collectivités territoriales voit le jour. C’est presque un plein emploi politique avec 150 hauts conseillers. Là où on l’attendait, c’est surtout la réalisation des 500 000 emplois, ramenés à 300 000 encore hypothétiques. Même si déjà, le gouvernement a sorti 200 000 d’on ne sait de quelle chemise.

25 comme la liste de la Crei
Macky Sall, lui, ne pouvait s’encombrer d’une Dic discréditée dans l’affaire des chantiers de Thiès qui avait mis Idrissa Seck en prison. Elle n’a pas changé de nom, mais elle sera au frigo et moins médiatisée. Certains avaient même réclamé sa dissolution. Parenthèse fermée. Mais ouverte encore aujourd’hui puisque cette police judiciaire refait du bruit avec l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar qui a envoyé Khalifa Sall à Rebeuss. Donc, Macky Sall compte, à son arrivée, sur la Section de recherches de la gendarmerie qui conduira la traque des biens mal acquis vers une Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei). Ah le chiffre 25 ! Le régime de Benno bokk yaakaar ciblera autant d’anciens dignitaires libéraux qui devront justifier la licéité de leurs biens. Karim Wade ouvre la liste. Et la ferme ! Condamné à 6 ans de prison ferme, il sort nuitamment de prison et du Sénégal. Et, peut-être, de la liste des candidats à la Présidentielle ? En attendant, les autres dossiers moisissent dans les bureaux des juges. L’apologie de la transhumance par Macky Sall, depuis Kaffrine, et même avant, aura donné le courage à tous ceux qui sentaient le glaive de la justice au-dessus de leur tête.

En attendant le Pse
On marche à reculons également dans le social. La loi sur la baisse du loyer était un sursaut qui aura soulagé des familles entières qui en avaient gagné en moyenne 25 000 francs. Presque le montant de la facture d’électricité, des inscriptions scolaires des enfants, de deux sacs de riz… Mais cette avancée est vite retombée. Aujourd’hui, les bailleurs prennent leur re­vanche ! Sans pitié. C’est tout de même un soulagement pour la transformation gratuite des titres précaires en titres fonciers annoncée par le gouvernement. D’autres pourront compter sur la Couverture maladie- pas encore universelle- et les bourses de sécurité familiales. Voilà des avantages et acquis sans doute importants qui épousent la dimension de l’Obamacare tant les régimes à venir auront du mal à s’en débarrasser. Ces mesures devraient être consolidées, comme on l’a fait avec la gratuité de la césarienne, de la dialyse, entre autres. Tout cela devrait traverser les régimes comme le veut le Plan Sénégal émergent.
hamath@lequotidien.sn

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