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L’aide du Canada à travers la Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition n’a pas permis d’augmenter l’investissement dans le secteur agricole au Sénégal. Une étude du Groupe de réflexion sur la sécurité alimentaire (Grsa) a révélé des résultats en dessous des attentes.

Le Sénégal bénéficie du soutien canadien dans le cadre de la Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition (Nasan) à travers la promotion des politiques et des actions qui protègent contre la faim. Cependant, beaucoup d’acteurs dont les organisations de la Société civile doutaient des véritables ambitions du Canada envers les pays en développement. D’aucuns craignaient que l’aide à la sécurité alimentaire soit une porte d’entrée pour les grandes compagnies, amène la privatisation, les accaparements des terres, entre autres. «A partir du Canada, on entendait beaucoup de rumeurs, des informations dans les réseaux sociaux, les Ong internationales. Beaucoup de pays en Afrique avaient beaucoup de craintes par rapport à ce que la Nasan allait apporter», a expliqué Eric Chaurette, membre fondateur du Groupe de réflexion sur la sécurité alimentaire (Grsa) à l’atelier de réflexion : La Nasan au Sénégal : bilan et perspectives.
En réponse à ces questions et pour évaluer l’intervention du Canada au Sénégal, le (Grsa) a conçu et financé une étude sur l’implication de la Nasan en 2015. L’enquête a révélé un bilan mitigé des objectifs des parties prenantes. «Mais ce n’est pas la catastrophe qui était décriée dans d’autres pays, les résultats sont mitigés. Il y a des aspects positifs en termes de dialogue entre le secteur privé, les Ong, le gouvernement et sur cette base-là, on peut continuer pour voir comment orienter le développement agricole», a dit M. Chaurette.
La Nasan n’a globalement pas atteint l’objectif qui était d’augmenter l’investissement du secteur privé dans l’agriculture. «C’est moins de 200 millions sur 700 millions de dollars attendus qui ont été déboursé», note Eric Chau­rette.
A ses débuts, la Nasan avait suscité l’engouement du secteur privé dont des membres avaient fait des lettres d’intention, des engagements à mettre des milliards sur la table pour booster l’agriculture. «A l’arrivée, d’abord en 2014, 130 millions de dollars avaient été mobilisés. Deux ans après, en 2016, on était autour d’une vingtaine de millions, donc moins de 50 millions de dollars», observe Dr Cheikh Oumar Bâ, directeur exécutif de l’Initiative prospective agricole et rurale (Ipar). Pour lui, la façon dont les bailleurs abordent la question de l’agriculture est à revoir. «Aujourd’hui, il faut appuyer l’agriculture familiale et ne pas se limiter dans le gros investissement qui risque de faire main basse sur les terres agricoles, sur l’eau. Il y a un besoin d’augmenter l’investissement dans l’agriculture, c’est une nécessité et c’est comme cela qu’on règle le problème de l’emploi des jeunes, la sécurité alimentaire», a plaidé Dr Cheikh Oumar Bâ.
ksonko@lequotidien.sn

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