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Le Président Sall a sacrifié mardi dernier au traditionnel discours à la Nation. 14 minutes de bilan et d’annonce de projets multisectoriels. A l’instar des années précédentes, le dernier rendez-vous de son premier mandat ne convainc toujours pas l’opposition, si l’on se fie à l’analyse de Thierno Bocoum, président de l’Alliance générationnelle pour les intérêts de la République (Agir). Pour l’ancien député, le chef de l’Etat a profité de cette tribune pour faire des promesses qu’il ne pourra pas tenir à 11 mois de la fin de son septennat. «Ses prévisions seront certainement inscrites au budget de 2019 qui sera voté en fin 2018. Il faudra attendre de voir ce qui va se passer», analyse Thierno Bocoum. En outre, il juge cette intervention du président de la République comme une campagne électorale avant l’heure. «Il sait qu’on est à l’approche des élections. Il met l’accent sur des promesses et les amplifie, espérant qu’elles puissent être un appât. Je ne pense pas que les populations soient naïves pour croire à des promesses de campagne», estime l’ancien militant du parti Rewmi.

Justice et parrainage
Le chef de l’Etat s’est abstenu de parler de la justice et du parrainage des candidats à l’élection présidentielle de 2019, malgré le fait qu’ils constituent actuellement les principaux sujets de discussion. L’opposition s’offusque de l’absence de ces deux points dans le discours à la Nation. «Nous constatons que le président de la République n’a pas parlé du système de parrainage alors qu’il est à l’initiative de l’Exécutif. C’est un projet unilatéral», souligne Thierno Bocoum, tout en avançant que ce point ne devait aucunement être élagué. Pour lui, «le chef de l’Etat devait expliquer aux populations, parce qu’au-delà des affaires politiques, ce sont les électeurs qui sont concernés, ils doivent connaître les tenants et les aboutissants de ce projet».
Le président du mouvement Agir se dit convaincu que «le parrainage peut être source de tensions et de menaces pour la paix et la cohésion sociale». Son ancien camarade de parti, Déthié Fall, parle de la non prise en charge des problèmes judiciaires. «Il ne s’est pas prononcé sur des sujets sur lesquels il était naturellement attendu : le parrainage et la justice.»
Stagiaire

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