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Des épis et grains de riz de 135 parcelles, soit 185 ha, cultivées en contre saison dans le bassin de l’Anambé, sud du Sénégal, sont à terre, engloutis par les eaux de pluie. Faute de suffisamment de moissonneuses, les producteurs des secteurs 4 et 5 ont ainsi perdu plus de 200 millions de francs investis sur fonds propres lors de cette campagne. Ils s’interrogent sur leur avenir proche.

Le constat est amer : les producteurs de riz des secteurs 4 et 5 des terres aménagées de la vallée de l’Anambé, sud du pays, ont perdu un investissement de plus de 200 millions de francs Cfa consentis dans 135 parcelles pour la campagne de culture de contre saison qui vient de s’achever. Le préfet du département, Saïd Dia, a fait un tour dans la zone samedi dernier, pour en faire le constat. A l’issue de la tournée, il a dit : «Je suis venu constater ce qui m’a été déclaré. Les dégâts sont énormes. Ce sont des aléas. Nous avons connu une installation précoce des pluies. Ce n’est la faute de personne. Il faut mettre tout en œuvre pour encourager les producteurs à continuer. Nous ne promettons rien. Heureusement que j’ai trouvé là le directeur général de la Sodagri, très au fait de la situation.»
Le Dg de la Sodagri, Alpha Bocar Baldé, qui était de la partie, a apporté plus d’éclairages. Il a dit : «Il s’agit de 135 parcelles des secteurs 4 et 5 qui sont irrécupérables. Les épis sont à terre dans l’eau, des graines ont même commencé à germer.» Poursuivant ses explications, il ajoute : «L’Etat était conscient de cette menace au début. C’est pourquoi le chef de l’Etat a ordonné la mise à disposition de 1,2 milliard de francs Cfa pour l’achat de matériels lourds. Nous avons mis deux moissonneuses à chenille dans la zone qui sont insuffisantes pour satisfaire la demande. C’est dur, surtout que ce sont les producteurs qui ont entièrement financé leur campagne.»
Dans la vallée se trouvent 12 moissonneuses pneumatiques qui, malheureusement, une fois la terre trempée, ne peuvent plus entrer dans les rizières.
Dans un de nos papiers paru le 16 juin dernier, nous titrions que 300 ha de riz étaient menacés dans l’Anambé, faute de moissonneuses adaptées. Entre-temps, le 27 juin précisément, l’Etat a mis à disposition 2 moissonneuses à chenille qui ont pu sauver près de la moitié.
Les 135 parcelles de riz perdues ne sont ni récoltables ni cultivables pour la saison pluviale, a dit Omar Baldé, président de la Fédération des producteurs du bassin de l’Anambé (Feproba). Des producteurs qui se projettent sur la campagne de contre saison prochaine. M. Baldé a ajouté : «L’importance de cette visite pour nous, c’est de pousser l’Etat à nous soutenir pour que nous puissions, à défaut de nous engager dans la campagne d’hivernage, au moins de pouvoir faire la contre saison prochaine. Nous avons mis plus de 200 millions de francs Cfa dans cette présente campagne, sur fonds propres.» Pour ceux qui peuvent encore s’engager dans cette campagne pluvieuse, il va se poser le problème de l’accès aux intrants (engrais et produits phytosanitaires). «Nous avons un contentieux avec la Banque agricole, qui a refusé de financer cette campagne. Et comme nous ne pouvons pas vendre notre production, nous ne pouvons pas autofinancer celle-ci», a dit un producteur.
Le Dg de la Sodagri, Alpha Bocar Baldé, a promis d’engager des négociations avec la Der et la Banque agricole pour trouver les financements dont le bassin a besoin.
A défaut d’avoir assez de moissonneuses à chenille capables de pénétrer dans les sols lourds du bassin après la pluie et satisfaire la demande en la matière, le président de la Feproba, Omar Baldé, propose aux producteurs de souscrire à l’assurance agricole, de se doter de semences à cycle court et de démarrer les semis avant le 15 février.

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