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Oumar Gueye, maire de Sangalkame.

Avec plus de 300 pêcheurs tués par la brèche de Saint-Louis, la situation est devenue alarmante. Devant les députés, le ministre de la Pêche et de l’économie maritime annonce le démarrage dans les prochains jours du dragage du chenal de la brèche.

Au jour d’aujourd’hui, la brèche de Saint-Louis est à l’origine de la mort de plus de 300 pêcheurs de la Langue de Barbarie. Le dernier accident recensé a eu lieu cette semaine, causant la mort de trois personnes et plusieurs autres disparus. Une situation alarmante et qui a été beaucoup évoquée par les députés de l’Assemblée nationale lors du vote du budget du ministère de la Pêche et de l’économie maritime. «Le Président Macky Sall nous a demandé de faire une étude complète avec des spécialistes et ces études ont sorti une solution d’urgence et des solutions à moyen et long terme. La solution d’urgence, c’est le dragage. Il faut draguer et baliser», a assuré Oumar Guèye. Selon le ministre, le Sénégal va mettre toutes les ressources nécessaires pour que le chenal meurtrier soit sécurisé. «Entre 4 et 5 milliards vont être disponibles pour que les travaux puissent démarrer le plus rapidement possible. Et dans les prochains jours, j’irai à Saint-Louis pour rencontrer les acteurs, l’Administration et les collectivités territoriales pour leur dire ce que nous allons faire et leur montrer comment ce travail sera fait», souligne le ministre. En attendant le démarrage de ces travaux, Oumar Guèye exhorte les pêcheurs guet-ndariens à tenir compte des avis de la météo et de la direction de la Surveillance des pêches.
On se rappelle, c’est en 2003 que la brèche a été creusée. Une décision prise par le président de la République d’alors, Me Abdoulaye Wade, pour éviter à Saint-Louis de souffrir d’une inondation. Depuis, les 3 mètres de la brèche sont devenu une large ouverture de 8 km.

210 milliards générés par le secteur de la pêche en octobre
La pêche représente le premier secteur d’exportation du Sénégal et contribue à hauteur de 3,2% au Produit intérieur brut (Pib). Selon le ministre de la Pêche et de l’économie maritime, au mois d’octobre 2018, le secteur a généré 210 milliards de francs Cfa. «Les captures ne sont pas en régression», indique Oumar Guèye qui souligne qu’en 2017, le Sénégal a débarqué 516 mille 220 tonnes de poissons, soit une valeur de 231 milliards de francs Cfa. «Nous avons mesuré le stock de poissons dans la Zone économique exclusive (Zee) du Sénégal et la plupart des espaces ne sont pas menacés même si on constate ça et là de la surpêche». Pour maintenir ce cap, le ministre annonce la poursuite de différents programmes destinés à améliorer la vie du pêcheur. Il en est ainsi de la mise en place d’un programme de 20 mille gilets de sauvetage à 2 500 francs l’unité, la construction de 19 nouveaux complexes frigorifiques et de 13 quais de pêche dont ceux de Soumbédioune et Yoff déjà achevés. La modernisation des aires de transformation de poissons avec des aménagements comportant des postes de santé, garderies d’enfants et fours sans fumée sont en cours de réalisation à Kafountine, Thiaroye ou Goxxu Mbacc notamment. A cela s’ajoutent les 5 000 moteurs de pirogue déjà distribués et subventionnés à hauteur de 1 million de francs l’unité, l’objectif étant d’atteindre un total de 20 milliards de francs pour ce programme.

L’aquaculture en panne
Evoquant la situation de l’aquaculture, le ministre reconnaît que les résultats ne sont pas encore au rendez-vous. En effet, sur des besoins en alevins correspondant à 100 millions, le Sénégal n’en produit que 5 millions pour le moment. Avec la cherté de l’aliment, le secteur peine toujours à décoller même s’il a été érigé en priorité dans le Plan Sénégal émergent (Pse).

Un budget en hausse de 12,91%
Le budget du ministère de la Pêche et de l’économie maritime est arrêté à la somme de 47 milliards 030 millions 169 mille 951 francs cfa contre 41 milliards 651 millions 881 mille 580 francs, soit une hausse de 5 milliards 378 millions 288 mille 371 francs en valeur absolue et 12,91% en valeur relative. Cette hausse est due au démarrage de la deuxième phase du programme chaîne de froid, des travaux du môle 3 du Port autonome de Dakar et des travaux de Mise en place d’infrastructures portuaires (Miep 2).

Plainte contre Wade
15 ans après le creusement de la brèche «contre l’avis des spécialistes», comme le rappelle Oumar Guèye, des députés ont décidé de demander des comptes au Président Wade. Selon le député Mamadou Mberry Sylla, un groupe de parlementaires a décidé de «porter plainte contre le Président Wade».

mamewoury@lequotidien.sn

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