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L’initiative prise par le Président Sall pour l’annulation de la dette africaine est à saluer et est légitime.
Mais la problématique de la dette des pays les moins avancés (économiquement parlant) est plus complexe et doit interpeller tous les Africains et en particulier les décideurs.
Je crois qu’au-delà de l’annulation de la dette, on devrait s’intéresser aux mécanismes qui doivent nous permettre de ne plus reconstituer cette dette et ainsi recouvrer notre indépendance financière et assurer le développement économique et social de nos pays.
En effet, les clauses des conventions de prêt avec les bailleurs comme la Banque mondiale, les Etats européens et américains doivent être réformées pour nous permettre de sortir de cette impasse qui nous met à la merci de ces fossoyeurs de nos économies.
Le service de la dette (les intérêts colossaux) qui est payé chaque 6 mois, donc 2 fois dans l’année, et qui triple voir quadruple l’amortissement de l’emprunt est inacceptable et continue de grever nos budgets. Et en sus, pour chaque convention de financement, nous payons 2% de commission d’engagement avant qu’il y ait une mise à disposition du prêt. Si c’est un prêt de 20 milliards, on paye 400 millions de commission d’engagement, sans compter les fluctuations de change, car les prêts sont souvent libellés en monnaie étrangère, soit en dollars, en euros ou yen etc.
En réalité, en dehors des prêts de la Banque mondiale, de la Boad et de la Bad éventuellement, pour tous les autres bailleurs il n’y a pas en réalité de mise à disposition de fonds, c’est simplement un jeu d’écritures et de paperasseries entre nos pays et les bailleurs, car en règle générale, le fournisseur est une entreprise du pays du bailleur et son compte bancaire est domicilié dans le pays du bailleur. Et une fois les factures des travaux certifiées par l’entreprise bénéficiaire de l’ouvrage, le bailleur vire l’argent dans le compte du fournisseur à l’étranger (soit France, ou Allemagne ou Espagne etc.)
En réalité, nous recevons le matériel venant de leurs pays facturé 10 fois ou 20 fois plus (si on ajoute les intérêts). Et en retour, l’argent quitte nos pauvres pays pour enrichir et booster leur économie.
Je crois qu’il faut, pour éviter de tendre la main, refuser cet échange inégal et ainsi nous pourrons sortir du cycle infernal de l’endettement qui n’est rien d’autre que de la spoliation.
Pour cela, nous avons besoin de croire en nous, de croire en notre génie que nous a donné le Tout-puissant, et compter sur toutes les richesses qui sont dans notre sous-sol. Enfin, créer un large front avec les organismes sous-régionaux pour remettre en cause les termes des conventions de financement qui ne sont rien d’autre qu’une autre forme de colonisation.
Il est possible de faire notre développement sans l’aide des bailleurs. Les exemples de la Chine et de la Corée du Nord sont là pour le prouver à suffisance. Il faut simplement plus de solidarité et d’organisation. Mais le combat ne sera pas facile, car nous constituons une immense source de richesses pour l’Occident, et ils ne lâcheront pas prise facilement. La balle est le camp des citoyens africains.
Citoyenne Haby DIENG FALL

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