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La Mauritanie est le dernier pays de la zone ouest-africaine à signer les Ape. Il ne reste que la reddition du Nigeria pour que l’on passe à la ratification. Jusqu’à quand Buhari tiendra-t-il ?

Après le lâchage de la Mauritanie, la ratification des Accords de partenariat économique (Ape) entre l’Union européenne et l’Afrique de l’Ouest est en très bon chemin. La question que tous se posent maintenant est de savoir combien de temps le Nigeria, qui reste maintenant le seul pays de la région à n’avoir pas signé l’accord, pourra tenir. Il faut savoir que c’est après la signature de tous les pays de la sous-région que le processus de ratification pourra entrer en jeu.
La Mauritanie, qui dans le cadre des négociations entre l’Ue et la Cedeao a été arbitrairement attachée à cet ensemble régional par la volonté européenne, espère une mobilisation conséquente des investissements européens pour le développement de ses infrastructures, ainsi que l’a déclaré son ministre du Commerce.
Le Sénégal, qui sous la gouvernance du Président Abdoulaye Wade était le fer de lance du refus de ces accords de partenariat avec l’Europe, est devenu, avec l’arrivée de Macky Sall au pouvoir, le cheval de Troie de l’influence des thèses européennes dans la sous-région, au grand désarroi des activistes africains.
Depuis le lancement par les chefs d’Etat du continent du processus devant conduire à la Zone de libre-échange continentale africaine (Zleca), le discours des partisans de l’Ape avec l’Ue a sensiblement évolué. Mainte­nant, ils assurent que l’objectif de ces Ape est de parvenir à la création d’une zone de libre-échange globale intercontinentale. Personne ne semble encore avoir trouvé paradoxal que ladite zone de libre-échange doive passer par une ouverture presque totale du marché africain aux produits manufacturés de l’Europe.
Sans compter que la signature ou la ratification de cet Ape avec l’Europe ne va pas manquer de susciter des appétits de la part d’autres puissances économiques affirmées ou émergentes d’Europe, d’Amérique et d’Asie, pour des accords similaires. Tout cela, bien sûr, au détriment d’un véritable développement économique des pays africains, et sur la tombe de l’intégration régionale…
mgueye@lequotidien.sn

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