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Le secrétaire national chargé de la défense du parti Rewmi, colonel Abdourahim Kébé, a été arrêté hier, vers 16h 30, à son domicile à Saint-Louis par la gendarmerie. Il est reproché à l’officier supérieur à la retraite d’avoir lancé un appel à la révolte sur sa page Facebook le 25 février dernier. Il disait : «Sénégalais debout ! Une riposte énergique du Peuple s’impose. Face à ce qui apparaît comme un hold-up électoral que veulent nous imposer les valets de Macron, une seule attitude, la révolte populaire. Nous ferons comprendre à la France que le Sénégal n’est pas un pays banania, et au pouvoir que la confiscation de la volonté populaire ne sera pas acceptée.»
Selon des personnes bien informées, il devrait être transféré à Dakar pour les besoins de l’enquête. Secrétaire national à la défense du parti Rewmi, le colonel Abdourahim Kébé est un réserviste de l’Armée sénégalaise, ancien attaché de défense de l’ambassade du Sénégal à Washington. Il fut aussi chef de la Direction de l’information et des relations publiques des armées (Dirpa) et a participé à la Mission d’observation des Nations unies en République démocratique du Congo (Rdc) en 2007 et 2008. Ancien pensionnaire de l’Ecole supérieure de guerre d’Allemagne, de 2003 à 2005, il a occupé différents postes dans l’Armée de terre et à l’état-major des Armées, notamment à la Division musée et archives de la Dirpa qu’il a dirigée de 1993 à 1995, avant d’être nommé chef de la Division gestion et formation de 2008 à 2010.
A la retraite depuis quelques années, M. Kébé s’est engagé au parti Rewmi. Il a d’ailleurs pris part très activement à la campagne de Idrissa Seck lors de l’élection présidentielle du 24 février dernier.
Le vice-président du parti Rewmi, Déthié Fall, a estimé hier que cette interpellation est une tentative d’intimidation de la part du pouvoir. Il a indiqué : «Nous avons appris l’arrestation du colonel Kébé après celles de Moussa Thiombane, Bassirou Dieng, Mory Guèye, Abdou­rahmane Diallo, Marième Soumaré… Nous tenons à faire comprendre au Président Macky Sall que ce n’est pas l’intimidation et les arrestations qui valideront les élections calculées avec des résultats préfabriqués. Et que ce n’est pas non plus cette méthode qui musèlera une volonté populaire confisquée et son illégitimité à la tête du pays.»
Le responsable rewmiste a exigé «la libération immédiate de ces otages politiques».
cndiongue@lequotidien.sn et nfniang@lequotidien.sn

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