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L’affaire Bassirou Faye a connu hier un nouveau rebondissement. La Chambre criminelle d’appel a ramené la peine du policier, Sidy Mohamed Boughaleb, à 10 ans alors qu’il a été condamné à 20 ans de travaux forcés, plus une amende de 50 millions de francs Cfa en première instance. Mais, les proches du flic ont décidé de poursuivre la bataille judicaire pour l’absoudre de ce crime.

Ce n’est pas le verdict que sa famille attendait mais elle s’en contentera en attendant la décision de la Cour suprême qu’elle va saisir dans les prochains jours. Le policier Sidy Mouhamed Boughaleb a été condamné à 10 ans de travaux forcés par la Cour d’appel de la Chambre criminelle qui a jugé cette affaire avant-hier. Bref, il ne va plus purger les 20 ans de prison comme l’avait décidé le juge de première instance.
Pourtant, le Parquet général qui, jusque-là, reste convaincu de la culpabilité du policier, avait requis la confirmation de la décision du juge de première instance qui l’avait condamné à 20 ans de travaux forcés pour le meurtre de l’étudiant Bassirou Faye, lors de son procès devant la Chambre criminelle d’appel.
Cela veut dire que jusqu’à présent sa culpabilité est toujours reconnue par la justice dans l’affaire Bassirou Faye, qui a été tué par balle en 2014, au cours de violentes échauffourées entre policiers et étudiants à l’Université cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). Lors de son procès mardi, sa famille pouvait entrevoir une issue heureuse. Lui-même avait réfuté les accusations portées à son encontre même s’il n’avait réussi à convaincre l’Avocat général «J’étais bien à l’université, mais j’ai été blessé vers les coups de 11 heures et je suis allé me soigner à l’infirmerie de l’Ecole de police. Après mes soins, je suis allé au camp Abdou Diassé où j’ai déposé mon rapport, puis je suis rentré chez moi à Thiaroye vers les coups de 18 heures», s’est-il défendu.
Ses dénégations ont été corroborées par les témoignages de ses collègues. Selon Pape Saër Guèye, agent de police, l’accusé Boughaleb n’était pas sur le lieu du drame au moment où on parlait de cette affaire. «Je peux affirmer qu’au moment où j’ai reçu l’information, il n’était pas sur le terrain», a-t-il soutenu. Mais le Parquet général, qui a trouvé que le fait d’être sur le terrain au moment où on parlait de la mort de l’étudiant est différent de son absence au moment de la mort de Bassirou Faye, est revenu à la charge. Toutefois, le témoin est resté ferme et catégorique sur sa position. «Il n’était pas sur le terrain au moment de la mort de l’étudiant», a-t-il confirmé. L’Avocat général était loin d’être convaincu par ces déclarations. «Vous voulez dire que Boughaleb n’a pas tué Bassirou Faye», lui a-t-il demandé à nouveau. Il a répondu par l’affirmative.
Entendu aussi à titre de témoin, Tombong Oually, qui a été le premier suspect dans cette affaire, avant de bénéficier d’un non-lieu du Doyen des juges d’instruction, avait déclaré qu’il a été déployé à l’université dans le cadre du maintien de l’ordre. D’après lui, c’est le soir, à son retour de l’infirmerie, que la mort de l’étudiant a été portée à sa connaissance. Il déclare qu’il n’a pas vu l’agent de police Sidy Mouhamed Boughaleb sur les lieux et qu’il n’avait pas aussi de pistolet lors des événements. Ce sont ces témoignages qui avaient ramené la sérénité dans le camp de la famille Boughaleb, qui continue de clamer son innocence.
justin@lequotidien.sn

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