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En conférence de presse mercredi, Jean Paul Dias a ouvert une autre fenêtre pour faire libérer Sall. Pour lui, si Wade décide de siéger, il «peut suspendre les travaux, en sa qualité de président de l’Assemblée nationale pour exiger la libération de Khalifa Sall». Il est important de s’arrêter sur «en tant que président de l’Assemblée nationale». Il faut bien souligner que la tête de liste de la Coalition gagnante/Wattu senegaal, même si elle goûtait au perchoir pour quelques minutes, n’a aucune qualité de président puisque n’ayant que la seule prérogative d’installer ce même président. Encore moins, Wade n’aurait nullement le «pouvoir de suspendre la séance jusqu’à obtenir gain de cause», c’est-à-dire la libération ou la présence du maire de Dakar. Et l’article 61 de la Constitution n’est en rien lié aux arguments de Dias-père. Il est en plein dans le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale dans le chapitre de la Constitution du Bureau. Et sur ce, l’article 9 dispose : «Au début de la Législature, le plus âgé des membres présents, sachant lire et écrire la langue officielle, assure la présidence de la séance jusqu’à l’élection du président. Il est assisté par les deux plus jeunes, sachant lire et écrire la langue officielle, pour assumer les fonctions de secrétaires. Il fait procéder à l’appel nominal des députés. Après avoir fait constater que le quorum est atteint, il déclare la séance ouverte.» Et voici donc là où s’arrête la présidence du doyen d’âge : «Aucun débat ne peut avoir lieu sous la présidence du doyen d’âge, sauf s’il porte sur des questions de procédure relatives à l’élection en cours.» C’est dire que Wade ne pourrait, à la lecture du texte, passer outre l’élection du nouveau président de l’Assemblée puisque le reste est fait par ce dernier. Et l’article 10 ajoute : «Dès son élection, le président de l’Assemblée nationale prend fonction. L’élection des autres membres du Bureau se déroule sous sa présidence. Ce n’est qu’en cas d’empêchement du président que le plus âgé des députés présents, sachant lire et écrire la langue officielle, préside à l’élection des autres membres du Bureau.»
Et même le président de l’Assemblée est limité lors de l’installation de la nouvelle Assemblée par l’article 11 du Règlement intérieur qui dit : «Aucun débat ne peut avoir lieu avant l’installation du Bureau définitif, sauf s’il porte sur des questions de procédure relatives à l’élection en cours. Il peut être demandé une suspension de séance. Le président de l’As­semblée nationale peut autoriser des explications de vote après l’installation du Bureau définitif.» Wade ou un autre doyen d’âge installera donc le nouveau président pour, ensuite, s’effacer.
hamath@lequotidien.sn

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