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Ils sont sept jeunes non-voyants à avoir réussi cette année à l’examen d’Entrée en 6e. Seulement, ces jeunes tardent à être orientés vers des Collèges d’enseignement moyen (Cem) aptes à les recevoir. Les parents ont organisé hier une journée de sensibilisation et de plaidoyer.

Au moment où les cours ont débuté dans presque tous les collèges du pays, les parents d’élèves des enfants non-voyants, qui ont réussi à l’entrée en sixième cette année sont toujours dans l’expectative. Au nombre de 7, ces jeunes non-voyants qui ont suivi des cours dans des écoles inclusives à Thiaroye, Guédia­waye et Rufisque doivent à présent intégrer le collège d’enseignement moyen (Cem). Mais problème, les autorités ne semblent pas avoir pris les dispositions pour leur assurer une bonne intégration dans ces établissements. Raison pour laquelle l’Association des parents d’élèves des écoles inclusives (Apepei) a organisé hier une journée de sensibilisation et de plaidoyer pour l’orientation effective de ces enfants déficients visuels qui ont réussi à l’entrée en sixième avec un taux de 100% là où la moyenne nationale est de 56%. Selon le trésorier de l’association, M. Abdoulaye Mbodji, l’avenir de ces enfants est encore incertain et beaucoup de questions n’ont pas trouvé réponses. Il s’agit de savoir où ces enfants seront orientés, vont-ils continuer à être dans des écoles inclusives ou va-t-on les orienter vers une école spéciale ? Toutes ces questions vont nourrir la réflexion de l’association, qui compte élaborer un mémorandum, qui sera remis aux autorités du ministère de l’Education nationale.
Il faut dire que si jusque-là, les enfants non-voyants ont pu suivre leur cursus primaire dans les meilleures conditions, c’est grâce à l’accompagnement de l’Ong Sight Savers, qui a mis en place aussi bien les infrastructures que les équipements nécessaires. Seulement voilà, après six années, il revient au ministère de prendre le relais pour la pérennisation du programme. Mais la situation que vivent ces jeunes élèves montre qu’une fois de plus, les autorités choisissent d’attendre le dernier moment. Pourtant, une réflexion a été menée en amont pour préparer l’intégration des jeunes Enfants déficients visuels (Edv) dans les collèges. «Une réflexion a été bouclée sur la prise en charge de ces enfants dans les collèges et a été partagée avec la direction de l’Enseignement moyen général», assure l’inspecteur Saliou Sène, coordonnateur du Pro­gramme d’éducation inclusive au sein de la Direction de l’enseignement élémentaire. Mais du fait d’un vide institutionnel, qui fait que les compétences de ce coordonnateur s’arrêtent au niveau de l’élémentaire, la phase de transition peine à se mettre en place. «Les textes nous disent que l’enfant doit aller à l’école la plus proche de son domicile. Aux autorités de prendre les dispositions nécessaires pour l’y accueillir», indique Moussa Thiaré, Secrétaire général de la Fédération nationale des personnes handicapées du Sénégal. Pour la Présidente de l’Apepei, Mme Aissatou Pouye, il s’agit juste de ne pas retourner en arrière. «Cela fait des années que nous faisons le plaidoyer et attirons l’attention des autorités sur l’avenir de ces enfants dans les classes du moyen et du secondaire. Là, ils ont réussi et attendent de savoir où on va les orienter. Nous ne voulons plus que nos enfants se retrouvent dans la mendicité. Et c’est ce qui va se passer si le projet s’arrête maintenant», plaide Mme Pouye.
Depuis 2011, le projet éducation inclusive mené par l’Ong Sight Savers a permis à 187 enfants non-voyants et mal voyants de suivre leur scolarité dans les mêmes écoles que les autres enfants. Dans sa phase-pilote, trois écoles de trois départements de la banlieue dakaroise ont abrité ces classes inclusives. Cette année, Louga et Kaolack viennent d’intégrer le programme.
mamewoury@lequotidien.sn

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