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La reconsidération des sanctions infligées au Mali, c’est l’une des demandes formulées par des organisations de la société civile de l’espace Cedeao. Dans une déclaration commune, 41 organisations ont jugé ces sanctions «excessives, disproportionnées et dangereuses contre le Peuple malien». Les organisations demandent aussi que soit interdit et proscrit tout changement de Constitution visant à rendre un Président de l’espace éligible pour un troisième mandat.

41 organisations socioprofessionnelles de la société civile et du secteur privé de la région ouest africaine ont, dans une déclaration commune, demandé à la Cedeao de reconsidérer les sanctions infligées au Mali après le putsch. Dans leur document, les organisations jugent «les sanctions économiques excessives, disproportionnées et dangereuses contre le Peuple malien». Justifiant la pertinence de leur demande, elles estiment qu’il faut «éviter de renforcer les difficultés économiques auxquelles les Maliens font face ainsi que la pauvreté». D’après ces organisations de la société civile, ces difficultés économiques peuvent engendrer «de graves risques pour la sécurité et la stabilité du pays». Dans cette déclaration signée entre autres par l’Afao, le réseau Enda Tiers mon­de/Sénégal, National association of nigerian traders (Nigeria), Plateforme des acteurs de la société civile (Bénin) entre autres, les auteurs se sont aussi prononcés sur la question de la limitation des mandats des chefs d’Etat. Ainsi, les organisations signataires du document demandent «d’interdire, proscrire, mettre hors la loi et/ou refuser définitivement tout changement, altération et/ou modification de la Constitution ou de tout statut en vigueur d’un Etat membre de la Cedeao, dans sa nature ou sa période, visant ou destiné à rendre tout chef d’Etat éligible pour un troisième mandat». Dans la même veine, elles souhaitent aussi que soit «dépolitiser la commission de la Cedeao». Selon ces membres de la société civile africaine, il faut réduire «sans délais le nombre de statutaires à un maximum de cinq (5) au sein de la Commission de la Cedeao (au lieu des 16 budgétivores actuellement représentant chaque Etat Membre) : un président, trois vice-présidents et un auditeur général, recrutés de façon compétitive dans les Etats membres (à tour de rôle)». Pour eux, «cela est un impératif de gestion et une garantie pour économiser de précieuses ressources pouvant être investies dans des projets de développement régional qui profiteraient aux citoyens de la communauté». Dans la série des demandes formulées dans la déclaration, il y a la «réforme fondamentale de la Cour de justice en y favorisant l’accès des citoyens et des peuples à travers une administration judiciaire effica­ce». Dans cette réforme, il est préconisé «le recrutement d’un maximum de deux juges statutaires (Un président et un vice-président)». Cela, soulignent les auteurs du document, «permettra de se focaliser sur l’organisation de sessions judiciaires (un juge nommé par Etat membre) au profit des citoyens et des peuples et de la protection de leurs droits fondamentaux».
Voulant que la libre circulation des personnes et des biens soit une réalité dans l’espace Cedeao, les signataires de la déclaration souhaitent la suppression «définitive, et une fois pour toutes, des tracasseries routières, brimades, extorsions et humiliations subies par les citoyens de la communauté au niveau des frontières et le long des corridors (…)». Dans la même dynamique, ils appellent les dirigeants à «protéger en priorité les intérêts des citoyens de la Cedeao contre les intérêts individuels et collectifs à l’intérieur et à l’extérieur de la communauté, ou contre les institutions financières peu scrupuleuses, les individus et/ou les groupes qui ont l’intention de saborder subrepticement les intérêts collectifs de la région et de ses citoyens, y compris les tentatives subtiles, mais vaines, consistant à torpiller la monnaie Eco».
Déterminées à voir l’application de leurs demandes effective, ces organisations socio-professionnelles, de la société civile et du secteur privé de la Cedeao soutiennent qu’elles «prendront désormais une part active dans la vie de la Communauté et assureront le suivi de la mise en œuvre de la présente déclaration». Informant qu’elles «savent compter sur la sagesse des chefs d’Etat actuellement au pouvoir pour assurer la continuité de la mise en œuvre de l’intégration, conformément aux aspirations des pères fondateurs de la Cedeao», les organisations soutiennent toutefois qu’elles «prendront toutes leurs responsabilités pour accélérer le processus de construction de la Cedeao des Peuples et s’opposeront à toute tentative visant à réduire la communauté à un club».

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